J’ai emprunté ce joli titre à une maman blogueuse américaine qui applique
R.I.E (Resources for Infant Educarers) avec ses 3 enfants. Elle s’appelle
Mama Eve et si tu lis l’anglais son
blog est très intéressant : elle était militaire dans une autre vie et maintenant maman au foyer de 2 garçons et une fille. C’est en quelque sorte réconfortant de voir que ses garçons se comportent comme TJ et qu’elle arrive à gérer les situations conflictuelles de manière repectueuse, sans crier, ni punir.
L’une des choses les plus difficiles à gérer avec TJ est quand il nous tape : il peut nous donner des coups de poing, nous griffer ou même essayer de nous mordre. Au fur et à mesure de mes lectures, j’étais soulagée de voir que d’autres mamans avait le même problème, et surtout que le comportement de TJ était normal ! Un enfant de 4 ans n’a absolument pas de self-control, ça se développe plus tard. C’est comme si sa frustration devait sortir tout de suite : son cerveau dit "j’ai besoin de taper", il tape, point final.
Une fois que l’on sait ça, on se rend compte que la punition ne sert à rien :
quand on mettait TJ au coin avant, sa frustration grandissait,
il se sentait encore moins écouté, et son comportement empirait.
L’apprendre à se contrôler est bien plus efficace.
Mais comment apprendre à un enfant à se contrôler sans le punir ? En fait c’est plus simple qu’on ne le pense.
Premièrement, l’absence de punition ne veut pas dire absence de conséquence : par exemple, si TJ tape avec un jouet ou s'il le jette de colère, le jouet est confisqué, on lui dit qu’il n’a plus le droit de jouer avec (généralement pendant 1 jour). La clé c’est de penser à une conséquence logique et directe pour l’enfant : tous le contraire de la mise au coin qui du point de vue du petit n’est pas logique. On peut aussi dire à l’enfant qu’il aille dans un endroit familier pour l’aider à se calmer tout seul : dans un autre article, je vous parlerai du petit havre de paix que j’ai fait pour TJ.
Une fois dans le feu de l’action, les 2 choses les plus efficaces sont la prévention et la communication : tu bloques calmement sa main pour empêcher le geste de colère et tu dis calmement la phrase magique, selon Mama Eve, la phrase la plus importante après "je t’aime" :
« je ne te laisserai pas »
« je ne te laisserai pas me taper, ça fait mal »
« je ne te laisserai pas pousser ta sœur, ça fait mal »
« je ne te laisserai pas jetter ta voiture, ça fait mal »
Si TJ perd le controle et n’arrive plus à nous écouter, mon amie
Deb m’a suggéré quelque chose qu’elle dit à sa fille de 2 ans et qui marche : «
je suis ta maman et je t’aime ». Et si vraiment tu arrives trop tard, "tu ne peux pas..." marche aussi. Cependant la prévention est plus efficace : j'ai lu un article d'une autre
maman blogueuse qui a passé 3 jours physiquement entre ses 2 filles pour empêcher la plus grande de taper sa petite soeur, 3 jours à bloquer ses coups et à dire "je ne te laisserai pas taper ta soeur" : ça a marché.
Maintenant, je vais vous raconter une histoire qui se passe un dimanche après-midi après la plage.
Une histoire comme j’en ai lu souvent sur les blogs R.I.E
mais qui je me disais ne m’arriverait pas aussi vite.
Une histoire qui finit bien.
Il est 18h30, TJ se réveille d’une sieste tardive sur le canapé, plein de sable et tout chiffoné. Généralement toute la routine du soir qui en suit, est pénible : caprices sur caprices, des cris, des larmes. Avant, on ne savait jamais comment le prendre et on avait l’impression de marcher sur des œufs, on marchandait, on faisait du chantage, on abandonnait, on sévissait, bref on n’était pas du tout sûr de nous, ni consistant…
Mais rappelez-vous, la chose la plus importante de mon article "dans leur tête" : même si ton enfant hurle le contraire, il a besoin de te sentir là, de sentir que tu commandes, sûre de toi comme un "rock" au milieu de sa tempête, pour se sentir lui-même en sécurité et se calmer. Sévir, punir, crier plus fort que lui ne sert à rien. C’est très très difficile de garder son calme, mais c’est la clé.
Donc ce dimanche, comme d'habitude, nous avons laissé le temps à TJ de se réveiller tranquillement puis il a commencé à réclamer de regarder la télé. Il était 18h30, TJ était rempli de sable, c’était clairement l’heure du bain, pas le moment de regarder des dessins-animés. Je suis resté calme, je l’ai bien regardé dans le yeux, j’ai fait attention de lui donner le temps de s’exprimer, et voilà à peu près notre conversation.
TJ : je veux regarder la télé.
Moi : TJ, je comprends que tu veuilles regarder la télé mais c’est l’heure du bain (pause). Tu es rempli de sable et ça te gêne. (pause) Tu as froid, tu te sentiras mieux sous la douche chaude.
TJ : non je veux regarder la télé!
Moi : TJ je comprends mais c’est l’heure du bain, tu as besoin de te laver pour te sentir mieux, maintenant lève-toi.
TJ : non, je veux regarder la télé!
Moi : TJ, c’est moi qui décide, c’est l’heure du bain, lève-toi s’il te plait.
TJ : non je reste assis, je veux regarder la téléééé !
Moi : tu te lèves et tu viens comme un grand. Sinon je vais être obligée de te porter.
TJ : non je reste assis, JE VEUX REGARDER LA TÉLÉ !!
Moi : tu te lèves maintenant, sinon je vais te porter pour t’emmener dans la salle de bain.
PAUSE, il ne veut toujours pas se lever
Je le prends et je l’emmène, il ne se débat pas mais une fois dans la salle de bain, il commence à vouloir me donner des coups de poing.
Je bloque ses poings calmement mais fermement.
Moi : je ne te laisserai pas me taper, ça fait mal
Il continue, je continue de le bloquer
TJ pleure et hurle : je veux regarder la télé, je veux pas me laver !!!
Moi : je ne te laisserai pas me taper, ça fait mal
Il s’arrête 2 secondes (il a entendu ma phrase) mais il ne sait pas gérer et il recommence
TJ : non, je veux regarder la télé, je veux pas me laver, laisse moiiiiii !!!
Moi : je ne te laisserai pas me taper, ça fait mal. Je suis ta maman et je t’aime.
J’ai du le redire encore 2 ou 3 fois, au milieu de ses cris et de ces tentatives de coups. Mais savoir que cette phrase marche, qu’elle a été testée et approuvée, m’a permis de garder mon calme et de ne pas crier, d’être confiante et sûre de moi.
Sur le moment, ça m’a semblé une éternité : "je ne te laisserai pas me taper, ça fait mal. Je suis ta maman et je t’aime." … mais TJ a senti que je ne le laisserai pas, que je l’aimais, que j’étais là, et donc que c’était moi qui posais les limites et décidais.
Il s’est arrêté.
Moi : tu veux enlever ton-shirt ?
TJ se déshabille calmement
Moi : je fais couler l’eau dans le bain, hmm c’est tout chaud, tu vas être bien
TJ enlève son slip et prend son bain calmement. Il se détent, il me dit qu’il se sent mieux. Il se lave et me demande de l'aider à se savonner, puis je le sèche, il se met en pyjama et s’asseoit à table pour manger. Il mange bien son assiette préparée par son papa, sans caprice, pendant que je joue avec Hanaé qui a déjà mangé. Ça vous paraît sûrement un comportement normal, mais ça relève du miracle, après une crise de colère comme il a eu.
Quelques minutes plus tard, TJ se lève, s’asseoit à califourchon sur moi et me fait un énorme câlin : ses petits bras restent autours de mon cou pendant un moment, je le serre fort et des larmes discrètes de bonheur coulent sur mes joues. Je lui dis « tu voulais me faire un câlin ? » et il me répond « c’est parce que je t’aime beaucoup maman. »
Par ce câlin, il exprime son amour mais surtout, il s’excuse de son comportement, par ce câlin il me remercie de l’avoir accompagné dans cette petite tempête et de l’avoir arrêté avec calme et assurance.
Ce câlin c’est le cadeau de R.I.E, c’est l’assurance que je gère maintenant de la bonne façon ces moments, si difficiles soient-ils, c’est la promesse que la voie respectueuse est celle qui marche, et qu’il y aura de moins en moins de tempêtes dans le futur.
 |
| et plus d'aventures ... |