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05 novembre, 2014

Tous ces petits détails que je ne veux pas oublier…



Avec le déménagement à Dubaï, les démarches administratives, l’installation, je n’ai pas eu le temps de faire l’évolution des gnougnou depuis le moi d’avril. 

Mais, tous les jours j’essaye de retenir ces petites choses adorables et mémorables dans ma tête, tous ces petit détails que je voudrai pouvoir leur raconter plus tard, tous ces petits mots que je ne veux pas oublier …



Hanaé…

Qui m’offre son plus beau sourire forcé genre "wallace et groomit" quand elle sait qu’elle a fait une bêtise

Qui est dans sa phase « 1 mot, 1 consonne » : le papo, le dado, man-mer, le l’eau, touter, boiii, yayo, caca papue, etc… (chapeau, sac à dos, manger, de l’eau, gouter, boire, maillot, caca ça pue)

Qui répète tout ce qu’elle entend et notament un peu d’anglais : « hello » « byebye » et « kank you » (thank you)

Qui appelle tous les hommes des papas et les femmes des mamans : ça donne des moments savoureux à l’entrée chez l’ophtalmo « hello papa ! »

Qui s’occupe de ses poupées comme de bébés, me vide toutes les lingettes pour les laver, leur fait des bisous et les met au lit en disant « dodo, chuuuu »

Qui se ballade toujours avec une seule chaussure ou chausson. Papa Guégou l’a surnommé "oneshoe" (prononcé à la chinoise oanneshoo)

Qui danse et chante devant les comptines à la télé, surtout "Bibule" (Barbibule des Barbapapa)

Qui adoooooore le bain et la pisci

Qui au retour de l’hopital me raconte son opération du haut de ses 20 mois : « foiiiii, dodooooo… mallll aïïïe… dodoo » - traduction : « j’avais froid, j’ai fait dodo, j’avais mal aïe, j’ai fait dodo »

Qui adore les « cohichon » (cornichon) mais fait une espèce de grimace/frisson hillarant à chaque fois qu’elle commence à en manger un.

Qui dit « chauuuuud » à chaque fois qu’on sort de la maison ou qu’elle commence à manger sa purée (et alors elle s’applique à bien souffler sur la cuillière)

Qui veut toujours chanter la même chanson ou lire le même livre « ‘core » (encore !!! )

Qui a toujours peur que j’oublie de lui mettre la 2ème chaussure : « l’aut’ laut’ » (l’autre !)

Qui adore le playgroup du jeudi matin où elle peut faire de la gym, sauter, ramper, se pendre, rouler, glisser comme une grande.


Qui a le plus beau regard du monde maintenant que le strabisme a été corrigé ♥




TJ…

Qui profite à fond de cette nouvelle vie dans le lotissement où il peut sortir à sa guise pour jouer avec les voisins.

Qui fait du vélo comme un grand et même souvent trop vite car il veut toujours gagner la course, au prix de ses dents, sa bouche fendue, ses jambes pleines de bobos…

Qui fait sa petite bouche pincée quand il est fière d’avoir fait qque chose mais un peu gêné aussi

Qui nous fait des explications à rallonge sans queue ni tête avec des « parce que en fait »

Qui nous sort des truc genre « non mais maman les 4x4 ici ils se prennent vraiment pour des voitures de courses ! »

Qui boutonne sa chemise d’uniforme avec beaucoup de concentration le matin

Qui avant le diner demande si c’est bientôt « le midi du soir »

Qui mangerait tout et n’importe quoi avec du ketchup s’il le pouvait

Qui adore se déguiser

Qui a des lubies pendant des semaines : en ce moment c’est Cars le film 1 et 2, il se regarde les courses en boucle

Qui me lance de « je t’aime je t’adore » et la minute d’après des « vilaine maman, t’es qu’une petite ingrat ! » 

Qui me raconte sa journée d’école dans un franglais mémorable en oubliant des trucs importants mais avec des détails qui tuent genre « j’ai joué avec les filles tu sais, moi j’étais le dog et puis Bella c’était la mummy et Neda c’était la daughter »

Qui va toujours à la piscine du lotissement (à 10m) en vélo avec sa serviette sur les épaules et qui revient avec les « goggles » sur les yeux : c'est son triathlon ...


là il était pas en maillot ♥



.... bientôt je vous promet des nouvelles de Dubaï 

31 juillet, 2014

TJ, presque 5 ans, "SDF"



Sur le bateau ...

Le 3 Juillet nous somme partis de chez nous, la voiture bien remplie, pour aller prendre le bateau qui nous ammenait vers les vacances en France, vers un road-trip d’une semaine, mais nous sommes aussi parti de chez nous définitivement, c’était aussi le déménagement... En attendant de prendre l’avion pour Dubaï le 25 Août, nous n’avons plus de domicile fixe, aujourd’hui c’est TJ qui raconte…





La voiture blindée, on attend le bateau
Coucou, c'est TJ, vous m’avez pas oublié hein ? Ça fait longtemps que j’ai pas parlé ici. Vous savez, nous on a pris le barco de Armas (le bateau) avec la voiture et la voiture elle avait plein plein plein de sacs, y’en avait jusqu’en haut partout, même sous mes pieds. Quand on était dans le barco, moi j’amais bien y’avait la piscine et aussi les monsieurs qui dansaient sur "me gusta" (la routine de l'équipe d'animation), on a fait une "busca de tesoro" et on a même dormi dans des vrai lits avec une télé et des WC pour faire pipi et caca juste pour nous.
Mais j’avais tout le temps mal à la tête et j’ai beaucoup vomi alors j’en avais marre que ça bouge tout le temps. J’ai demandé à maman quand c’était fini et si on allait revenir dans le barco après. Et maman elle m’a dit non parce que en fait on va pas revenir dans la maison de La Garita. Je vais plus aller dans mon école avec mes amigos et ma maitresse. Je vais plus dormir dans mon lit et plus jouer dans ma chambre de avant. En fait, c’est pour ça que on a dit au revoir à tous mes amigos et ma maitresse.



Alors j’ai dit, oui, c’est parce qu’on va aller dans la nouvelle maison à Dubaï. Mais en fait c’est pas tout de suite la maison de Dubaï. Donc là j’ai pas encore ma chambre, on va pas encore à la nouvelle école et je vais pas toute de suite avoir des nouveau amigos. On était beaucoup dans la voiture et on conduisait longtemps sur la route. On a dormis dans les hôtels, pas le même tous les jours, et aussi après chez parrain, tonton et papy et mamie.
Moi je savais pas trop si on restait longtemps à chaque fois, ou si on partait après 1 seul dodo. Alors je demandais toujours si c’était la nouvelle maison ou pas. Mais en fait, je suis un peu loco, parce que la nouvelle maison il faut prendre l’avion… pas la voiture !

Visite de l'Alhambra à Grenade (Andalousie)


A chaque fois qu’on arrivait dans une nouvelle maison, je demandais à maman, ou a papa ou à parrain, ou à tonton où c’était mon lit, si y’avait des ours (il nous questionne sur les ours depuis le spectacle de fin d’année où il était un chasseur) ou des loups qui allaient me manger, et combien de fois dodo on faisait. Je suis grand mais j’avais un peu peur, alors j’écrivais tous les numéros sur une feuille (ça le rassure !).

1,2,3,4,5,6,7...
Quand on conduisait la voiture, on était en Espagne, les gens ils parlaient espagnols, et puis après on est arrivé en France : papa il avait dit que ça s’appelle "la frontière". Alors maman elle m’a montré les grandes montagnes avec des arbres (les Pyrénées) et puis elle m’a dit « Tu vois TJ, les ours ils sont là-bas dans ses montagnes, très loin ». J’ai demandé s’ils allaient venir pour manger la voiture, mais en fait non parce qu’ils aiment pas manger des voitures, tu le savais ça toi ?!

La France c’était un peu pareil que l’Espagne, mais les gens ils parlent français. Moi je me rappelais pas de la France alors j’ai demandé « Maman ? En fait ils ont construit quand ce pays ? et puis les arbres ils les ont fait comment ? et la route ? »... ♥... Maman elle a dit que c’était construit depuis très très longtemps et que les arbres ils poussent quand il pleut.

Quand on était chez grande tata, papa il disait à maman qu’elle était un peu stressée de partir et de faire les sacs… Alors moi, pour pas avoir peur, je voulais écrire encore les numbers sur une feuille. Grande tata elle m’aidait, je voulais écrire 20, et tata elle me disait "Vingggg" (grande tata habite vers Montpellier), mais je lui disais que non c’est pas ça, je suis allé demander à papa et il m’a dit "Vingt" normal quoi ?! Alors j’ai dit à tata « tu vois c’est pas vingggg, c’est vingt ! ». Grande tata elle a rigolé.
Après j’ai demandé à maman pourquoi tata elle parlait bizarre, et maman elle m’a expliqué que en fait elle parle avec un accent, c’est pareil que moi quand je parle français en faisant comme en anglais. c’est super rigolo mais elle fait pas exprès !


Sieste improvisée dans le jardin de tonton à Barcelone


Un jour on est arrivé ches papy et mamie et là on a tout sorti de la voiture parce que en fait on allait resté plein de fois dodo : 20 dodos elle a dit maman ! C’était super parce que y’avait les cartons avec mes jouets !!!! Moi je savais plus que j’avais tout ces jouets, je croyais qu’ils étaient déjà à Dubaï. Mais en fait, ils étaient dans le garage de papy, fallait monter l’échelle et après on pouvait choisir les jouets que maman elle sortait du carton.

Redécouverte des jouets dans le jardin de papy et mamie


Et puis hier, on a encore tout préparé la voiture pour aller chez les autres papy et mamie et tata-marraine, mais on fait dodo que 2 fois ici parce que demain on va à la mer !


Le smiley enervé
Parfois j’aime pas bien quand il faut encore partir, je suis enervé mais j’arrive pas à dire avec des mots comme elle me demande maman. 
J’ai envie de crier très fort et de taper partout et de jeter mes voitures, parce que je suis triste et que j’ai un peu peur. Je veux pas de câlins et je veux jamais faire des bisous aux gens qui viennent, je veux être tranquille ! 
Maman elle dit qu’elle comprend, que je suis pas obligé de faire des bisous, juste de dire « bonjour ». Elle m’aide à dire avec des mots, ou alors je peux montrer les smileys qui sont pas contents ou tristes. Après j’essaye de me calmer un peu.

Tu sais, moi je suis un peu fatigué d’aller dans des nouvelles maisons toujours, mais j’aime bien aussi, c’est marrant !




Surtout les chips c'est marrant ...


02 juin, 2014

C'est lundi, devine ce que je dis ... - 10

(aujourd'hui c'est TJ qui dit...)



Parfois quand je parle, maman elle rigole ou elle dit : « je comprend pas trop, qu’est-ce que tu dis ?» Alors elle a décidé « on va organiser un petit jeu » . Il faut deviner ce que je dis... le lundi (parce que le lundi c'est déprimant, on remet un peu de joie dans votre lundi). Mais y'a pas de cadeau à gagner, juste "l'admiration" de maman...


Voilà le numéro 10 :


«Quand je joue avec mes voitures, j'aime bien faire un vaule vague sous le tapis »







EDIT du 7 juin 2014 : la réponse était tellement facile et logique que personne n'a deviné ... hihihi, vous inquiétez pas on a eu du mal aussi avec papa guégou.

Mais c'était bien sûr un "dos d'âne". 


20 avril, 2014

La nouvelle maison

(aujourd’hui c’est TJ qui dit…)



Hola c’est TJ, je sais ça faisait longtemps que j’étais pas venu vous parler ici. 
Vous savez y’a des trucs qui se passe à la maison, et je crois que je commence à comprendre un petit peu…


L’autre jour, dans la voiture avec maman, j’ai dit que j’en avais marre de la maison, j’ai dit à maman que c’est trop petit et on n’a pas de jardin, on peut pas courir et faire du bruit. Parce que tu sais quand je vais dans la maison de mes amigos (copains) de l’école, c’est énorme !! On peut courir et faire du bruit et y’a plein de place. Et puis y’a aussi ma copine A. elle a un super grand jardin avec un trampoline.

Du coup, maman elle m’a dit que si je veux on peut aller dans une nouvelle maison. Alors j’étais content. 

Mais tu sais quoi, tu imagines pas toutes les choses 
qu’y faut faire pour aller dans la nouvelle maison.

En fait, on pourra pas emmener tous mes jouets et mes trucs à la nouvelle maison. Alors déjà, on a jeté les trucs cassés. Puis moi j’ai décidé les jouets que je jouais plus avec et que je voulais donner à des autres enfants. Maman elle a pris des photos pour mettre sur l’ordinateur et y’a des autres mamans qui appellent sur son téléphone tous les jours pour acheter les trucs.
Tu sais je suis pas triste parce que maman elle va garder les sous pour m’acheter des nouveaux jouets dans la nouvelle maison, alors c’est super ! Et maman elle vend aussi des autres trucs qui sont à elle, à papa Guégou et à Hanaé.

La nouvelle maison, je sais pas trop où elle est. Maman elle m’a expliqué que d’abord ça va être les grosses vacances et on va prendre le barco de Armas (le bateau) pour aller chez parrain guagual, tonton michel, et papy et mamie. Après on ira dans la nouvelle maison. Voilà.

♥♥♥

L’autrefois c’était l’heure de dormir et maman elle voulait pas me lire des livres alors elle s’est allongée à côté de moi dans mon lit, j’avais pas sommeil alors je l’ai demandé de me raconter une histoire : je te raconte …

« C’est l’histoire d’un petit garçon qui voulait changer de maison parce que sa maison elle était trop petite. Sa maman elle avait dit d’accord. Mais la nouvelle maison elle était très très loin dans un autre pays : un pays qui s’appelle Dubaï. Il fallait prendre l’avion longtemps pour aller dans la nouvelle maison. Il fallait mettre ses jouets dans des boîtes et ses vêtements dans des valises. 

Comme c’était dans un autre pays, ça voulait dire que le petit garçon il allait dans une nouvelle école aussi, avec des nouveaux niños et une nouvelle teacher. Mais il allait toujours être avec son papa, sa maman et sa petite sœur. Le petit garçon il avait quand même peur de la nouvelle école et des nouveaux niños. Et il était un peu triste qu’il allait plus voir ses amigitos. Mais en fait, les nouveaux niños et la nouvelle teacher ils étaient très gentils et ils voulaient bien jouer avec lui.

Alors après il était plus triste, et il avait plus peur. »


Après l’histoire j’ai réfléchis et j’ai dit à maman « tu sais moi je veux bien encore rester dans notre maison petite ici… ». Maman elle a dit « d’accord TJ on reste encore beaucoup de dodos et après on ira dans la nouvelle maison. »

Quand papa guégou il avait fini d’endormir Hanaé il est venu me faire un bisou dans mon lit, et je l’ai demandé : « papa, tu peux demander à maman comment ça s’appelle la nouvelle maison où nous on va aller ? » et après je me suis endormi…


♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥


Le petit mot de maman mymou :

Comme vous voyez, on commence à tâter le terrain doucement avec TJ. J’ai toujours été partisante de dire la vérité et d’être honnête avec les petits. De toute façon ils se rendent compte de tout et ce sont de vraies éponges émotionnelles. Depuis qu’on fait R.I.E avec lui, ça m’a conforté dans cette position : surtout ne pas nier les sentiments de TJ, ne rien cacher, lui faire confiance, le laisser s’exprimer pour mieux gérer.

Un déménagement est une situation stressante pour toute la famille et source d’angoisses pour les plus petits : où je vais dormir, où vont aller mes jouets ? etc. Alors imaginez, un déménagement dans un autre pays, très loin, une vie différente avec une nouvelle école, dans une nouvelle maison où on ne peut pas tout emmener, une autre langue étrangère qui va se rajouter. Ce déménagement TJ l’a déjà vécu en 2011 lorsque nous sommes venu ici, mais il avait seulement 2 ans.
Maintenant il est plus grand, pose beaucoup plus de questions et comprend mieux. J’espère que ça se passera aussi bien que la 1ère fois et donc je m’y prends tôt, mais petit à petit, je ne dis pas tout, tout de suite… Quand on parle en nombre de dodos, 3 mois c’est long, 5 mois encore plus. 

TJ va vous tenir informer au fur et à mesure qu’il comprendra, et moi aussi bien-sûr.


j'espère que y'aura la mer à la nouvelle maison ...



04 mars, 2014

La phrase la plus importante après « je t’aime » (l’éducation respectueuse #5)



J’ai emprunté ce joli titre à une maman blogueuse américaine qui applique R.I.E (Resources for Infant Educarers) avec ses 3 enfants. Elle s’appelle Mama Eve et si tu lis l’anglais son blog est très intéressant : elle était militaire dans une autre vie et maintenant maman au foyer de 2 garçons et une fille. C’est en quelque sorte réconfortant de voir que ses garçons se comportent comme TJ et qu’elle arrive à gérer les situations conflictuelles de manière repectueuse, sans crier, ni punir.

L’une des choses les plus difficiles à gérer avec TJ est quand il nous tape : il peut nous donner des coups de poing, nous griffer ou même essayer de nous mordre. Au fur et à mesure de mes lectures, j’étais soulagée de voir que d’autres mamans avait le même problème, et surtout que le comportement de TJ était normal ! Un enfant de 4 ans n’a absolument pas de self-control, ça se développe plus tard. C’est comme si sa frustration devait sortir tout de suite : son cerveau dit "j’ai besoin de taper", il tape, point final.

Une fois que l’on sait ça, on se rend compte que la punition ne sert à rien : 
quand on mettait TJ au coin avant, sa frustration grandissait, 
il se sentait encore moins écouté, et son comportement empirait. 
L’apprendre à se contrôler est bien plus efficace.

Mais comment apprendre à un enfant à se contrôler sans le punir ? En fait c’est plus simple qu’on ne le pense.

Premièrement, l’absence de punition ne veut pas dire absence de conséquence : par exemple, si TJ tape avec un jouet ou s'il le jette de colère, le jouet est confisqué, on lui dit qu’il n’a plus le droit de jouer avec (généralement pendant 1 jour). La clé c’est de penser à une conséquence logique et directe pour l’enfant : tous le contraire de la mise au coin qui du point de vue du petit n’est pas logique. On peut aussi dire à l’enfant qu’il aille dans un endroit familier pour l’aider à se calmer tout seul : dans un autre article, je vous parlerai du petit havre de paix que j’ai fait pour TJ.

Une fois dans le feu de l’action, les 2 choses les plus efficaces sont la prévention et la communication : tu bloques calmement sa main pour empêcher le geste de colère et tu dis calmement la phrase magique, selon Mama Eve, la phrase la plus importante après "je t’aime" : 

« je ne te laisserai pas »
« je ne te laisserai pas me taper, ça fait mal »
« je ne te laisserai pas pousser ta sœur, ça fait mal »
« je ne te laisserai pas jetter ta voiture, ça fait mal »

Si TJ perd le controle et n’arrive plus à nous écouter, mon amie Deb m’a suggéré quelque chose qu’elle dit à sa fille de 2 ans et qui marche : « je suis ta maman et je t’aime ». Et si vraiment tu arrives trop tard, "tu ne peux pas..." marche aussi. Cependant la prévention est plus efficace : j'ai lu un article d'une autre maman blogueuse qui a passé 3 jours physiquement entre ses 2 filles pour empêcher la plus grande de taper sa petite soeur, 3 jours à bloquer ses coups et à dire "je ne te laisserai pas taper ta soeur" : ça a marché.


Maintenant, je vais vous raconter une histoire qui se passe un dimanche après-midi après la plage. 
Une histoire comme j’en ai lu souvent sur les blogs R.I.E 
mais qui je me disais ne m’arriverait pas aussi vite. 
Une histoire qui finit bien.

Il est 18h30, TJ se réveille d’une sieste tardive sur le canapé, plein de sable et tout chiffoné. Généralement toute la routine du soir qui en suit, est pénible : caprices sur caprices, des cris, des larmes. Avant, on ne savait jamais comment le prendre et on avait l’impression de marcher sur des œufs, on marchandait, on faisait du chantage, on abandonnait, on sévissait, bref on n’était pas du tout sûr de nous, ni consistant…
Mais rappelez-vous, la chose la plus importante de mon article "dans leur tête" : même si ton enfant hurle le contraire, il a besoin de te sentir là, de sentir que tu commandes, sûre de toi comme un "rock" au milieu de sa tempête, pour se sentir lui-même en sécurité et se calmer. Sévir, punir, crier plus fort que lui ne sert à rien. C’est très très difficile de garder son calme, mais c’est la clé.

Donc ce dimanche, comme d'habitude, nous avons laissé le temps à TJ de se réveiller tranquillement puis il a commencé à réclamer de regarder la télé. Il était 18h30, TJ était rempli de sable, c’était clairement l’heure du bain, pas le moment de regarder des dessins-animés. Je suis resté calme, je l’ai bien regardé dans le yeux, j’ai fait attention de lui donner le temps de s’exprimer, et voilà à peu près notre conversation.

TJ : je veux regarder la télé.
Moi : TJ, je comprends que tu veuilles regarder la télé mais c’est l’heure du bain (pause). Tu es rempli de sable et ça te gêne. (pause) Tu as froid, tu te sentiras mieux sous la douche chaude.
TJ : non je veux regarder la télé!
Moi : TJ je comprends mais c’est l’heure du bain, tu as besoin de te laver pour te sentir mieux, maintenant lève-toi.
TJ : non, je veux regarder la télé!
Moi : TJ, c’est moi qui décide, c’est l’heure du bain, lève-toi s’il te plait.
TJ : non je reste assis, je veux regarder la téléééé !
Moi : tu te lèves et tu viens comme un grand. Sinon je vais être obligée de te porter.
TJ : non je reste assis, JE VEUX REGARDER LA TÉLÉ !!
Moi : tu te lèves maintenant, sinon je vais te porter pour t’emmener dans la salle de bain.

PAUSE, il ne veut toujours pas se lever
Je le prends et je l’emmène, il ne se débat pas mais une fois dans la salle de bain, il commence à vouloir me donner des coups de poing.
Je bloque ses poings calmement mais fermement.

Moi : je ne te laisserai pas me taper, ça fait mal 
Il continue, je continue de le bloquer
TJ pleure et hurle : je veux regarder la télé, je veux pas me laver !!!
Moi : je ne te laisserai pas me taper, ça fait mal

Il s’arrête 2 secondes (il a entendu ma phrase) mais il ne sait pas gérer et il recommence

TJ : non, je veux regarder la télé, je veux pas me laver, laisse moiiiiii !!!
Moi : je ne te laisserai pas me taper, ça fait mal. Je suis ta maman et je t’aime.

J’ai du le redire encore 2 ou 3 fois, au milieu de ses cris et de ces tentatives de coups. Mais savoir que cette phrase marche, qu’elle a été testée et approuvée, m’a permis de garder mon calme et de ne pas crier, d’être confiante et sûre de moi.
Sur le moment, ça m’a semblé une éternité : "je ne te laisserai pas me taper, ça fait mal. Je suis ta maman et je t’aime." … mais TJ a senti que je ne le laisserai pas, que je l’aimais, que j’étais là, et donc que c’était moi qui posais les limites et décidais.

Il s’est arrêté.

Moi : tu veux enlever ton-shirt ?
TJ se déshabille calmement
Moi : je fais couler l’eau dans le bain, hmm c’est tout chaud, tu vas être bien

TJ enlève son slip et prend son bain calmement. Il se détent, il me dit qu’il se sent mieux. Il se lave et me demande de l'aider à se savonner, puis je le sèche, il se met en pyjama et s’asseoit à table pour manger. Il mange bien son assiette préparée par son papa, sans caprice, pendant que je joue avec Hanaé qui a déjà mangé. Ça vous paraît sûrement un comportement normal, mais ça relève du miracle, après une crise de colère comme il a eu.

Quelques minutes plus tard, TJ se lève, s’asseoit à califourchon sur moi et me fait un énorme câlin : ses petits bras restent autours de mon cou pendant un moment, je le serre fort et des larmes discrètes de bonheur coulent sur mes joues. Je lui dis « tu voulais me faire un câlin ? » et il me répond « c’est parce que je t’aime beaucoup maman. »

Par ce câlin, il exprime son amour mais surtout, il s’excuse de son comportement, par ce câlin il me remercie de l’avoir accompagné dans cette petite tempête et de l’avoir arrêté avec calme et assurance.
Ce câlin c’est le cadeau de R.I.E, c’est l’assurance que je gère maintenant de la bonne façon ces moments, si difficiles soient-ils, c’est la promesse que la voie respectueuse est celle qui marche, et qu’il y aura de moins en moins de tempêtes dans le futur.


et plus d'aventures ...


25 février, 2014

Dans leur tête ... (l’éducation respectueuse #4)




Hier, j’ai lu l’article poignant de "lesfilleslectriques" sur ce petit garçon "dictateur" et j’ai juste eu envie de dire à la maman : on est dans le même bain mais ne t’inquiète pas, ton fils et normal, son comportement est normal.
On a toutes nos astuces pour faire face au comportement de nos petits, toutes nos approches, toutes nos façons de décompresser en faisant de l’humour, ou d’essayer de comprendre… On peut souvent être perdu, avoir honte, se culpabiliser, être à bout. On se demande, pourquoi moi, qu’est-ce que je fais de mal, mais c’est pas possible ?...
Et là, j’ai envie de dire : fini les commentaires moralisateurs ou les discours humouristiques qui au final ne nous aide pas là maintenant au quotidien. 
J’ai envie de crier au monde entier:

Arrêtons-nous une minute et essayons juste de voir ça à travers les yeux de nos enfants


Et bien-sûr, l’approche respecteuse selon RIE l’a fait pour nous…
Alors pour vous, parents de la blogosphère française, je traduis ce texte magnifique de Janet Lansbury, qui m’a beaucoup aidé... tout en m’imaginant Hanaé ou TJ qui me parle comme un adulte…


« Maman, papa, si tu pouvais lire mes pensées, je te dirais ça :

1. Fait de moi ton allié : ne pense pas en terme de me "faire faire quelque chose". Ne me piège pas, ne me fait pas du chantage, ne m’humilie pas, ne me puni pas. "Toi contre moi" ça me fait peur surtout quand j’ai desespérement besoin de ton aide.
Alors s'il te plait, demande-moi poliment ou montre-moi ce que tu veux. Empêche-moi gentillement mais fermement de faire des choses que tu ne veux pas, avant de te mettre en colère. Ton calme et les options positives que tu peux me donner m’aideront à accepter tes instructions avec plus de dignité.


2. Ne soit pas effrayé de mes réactions aux limites que tu me donnes. C’est inconfortable pour moi si tu es timide, hésitant ou évasif. Comment puis-je me sentir en sécurité si les adultes dont j’ai desespérement besoin, flanchent dès que j’exprime mes sentiments ? S’il-te-plait, sois sûr de toi : met des points finals à la fin de tes phrases, accepte calmement ma désaprobation. Tes instructions sont plus importantes que jamais, elles ne blessent pas du tout mon "égo fragile", elles me libèrent, elles m’aident énormement et sont essentielles à mon bonheur.


3. Dis-moi la vérité, parle-moi simplement : pour que je comprenne clairement ce que tu veux. J’aurai sûrement besoin que tu me le répètes plusieurs fois mais c’est parce que j’apprends. Alors s’il te plait soit patient and essaye d’avoir le ton le plus neutre possible, même si tu m’as déjà répété la même chose 10 fois (je t’assure, en vrai je n’ai pas envie de t’embêter).


4. Essaye au maximum de ne pas te mettre en colère et de ne pas te sentir contrarié. Ces réactions m’apportent un sentiment d’insécurité. J’ai besoin de savoir que mon comportement ne t’atteint pas, que tu peux maitriser mes problèmes avec attention et confiance. 


5. Si je continue à me comporter de la même façon c’est parce que pour moi ce n’est pas résolu. Soit, tu n’es pas assez convainquant, soit tu es trop émotif. Quand tu me lance "le regard" ou que ta voix est pleine de colère, ça m’énerve et je suis contraint de continuer à mal me comporter jusqu’à obtenir une réponse calme. 
J’ai besoin de savoir que mon comportement n’est pas autorisé mais surtout que mon attitude n’est pas un drame et que tu peux facilement la gérer. Tu peux m’assurer de ça en restant patient, calme et consistent : donne-moi une réponse brève, directe et respectueuse pour que ensemble on mette ça dernière nous.


6. Tient compte de mon point de vue et reconnait-le le plus souvent possible… même s'il te semble ridicule, injuste ou un peu fou. Il n’y a pas de "mauvais sentiments", seulement des mauvaises façon de les gérer. J’ai besoin de savoir que c’est normal de me sentir comme ça, que même pendant le pire caprice ou la pire colère, tu me comprends et tu m’aimes. 


7. N’oublie pas que je ne veux pas commander, même si je ne l’admettrai jamais. Je sais, je peux être très convainquant, je peux facilement te faire croire que m’asseoir quand je mange est une pure torture. Ne te moque pas, ne me critique pas, mais surtout ne me croit pas. Continue à insister. Un jour, tu seras fier de ma détermination. Si tu abandonnes à chaque fois, je me ne sentirai jamais en sécurité et je continuerai.


8. N’oublie pas de me dire souvent « oui c’est bien », de me montrer ton attention et ta reconnaissance quand je fais quelque chose de bien.


9. Laisse-moi résoudre mes problèmes tout seul. Fait-moi confiance. Même si je pleure, encourage-moi à trouver une solution sans intervenir.


10. MERCI, de faire toutes ces choses très difficiles (et parfois contre-intuitives) pour m’aider à grandir, à devenir un enfant apprécié de ses amis, de ses professeurs et surtout à tes yeux, la personne la plus importante au monde… pour toujours ♥. »


Dans leur tête ... ♥


13 février, 2014

Gérer les caprices (l’éducation respectueuse en pratique #2)

(aujourd'huit c'est maman qui dit...)



« Les caprices et les pleurs sont des moyens sains que l’enfant utilise pour évacuer ses émotions. 
Quand il s’exprime de cette façon, l’enfant a besoin du soutient et de la présence calme de ses parents, 
de notre empathie et surtout pas de notre jugement. 
Ces expressions de colères, frustrations, inquiétudes, tristesses, etc…. sont positives et saines. 
Elles ne sont pas le résultat d’un problème que l’on devrait régler, ou d’une faute parentale. 
Comprendre la valeur de ses démonstrations nous aidera à gérer ses sentiments sans perdre notre sang-froid. »



Cette description, j’aurai voulu la lire plus tôt, qu’est-ce que ça m’aurait aidé ! 
Qui ne s’est pas sentie jugée du regard ou culpabilisée par une remarque deplacée dans un magasin, dans le bus, le train, l'avion,au restau, à une réunion familiale, seulement parce que son enfant faisait une bêtise ou un caprice. On se sent mal, coupable, on s’en veut, on en veut à notre enfant, on veut garder bonne figure, et au final on ne gère pas du tout… Moi la première. 
La prochaine fois que ça t’arrive, repense à cette description de Janet et respire un grand coup : ton enfant est normal, tu n’as rien fait de mal, il n’a rien fait de mal, il exprime juste ses émotions. Le caprice n’est pas un comportement honteux que l’on doit punir à tout prix. C’est un appel au sommeil, une demande d’attention, un besoin d’avoir des limites claires et consistentes.




1. Pas de chantage, ni d’ignorance : on est toutes tentées d’éviter complétement le caprice ou la bêtise en privant l’enfant de notre attention ou en lui promettant n’importe quoi s’il s’arrête tout de suite. On pense qu’on a réglé le problème, éviter le pire, mais en fait on l’a juste différé. Rappelle-toi, le caprice est une manifestation saine de ses émotions, l’enfant a besoin de les faire sortir et de se sentir entendu. L’ignorer ou lui faire du chantage ne sert strictement à rien, ça va juste empirer la situation.


2. Un environnement prévisible et des attentes réalistes : beaucoup de caprices peuvent être évités en ayant une routine car l’enfant sait à quoi s’attendre et gère beaucoup mieux les phases de transitions. Si la routine change, il faut rester honnête et le prévenir à l’avance (« après la sieste, on va aller faire les courses dans le grand magasin »). Plutôt que de le distraire avec un jouet quelconque, il est souvent plus efficace de le faire participer.
Enfin, on ne peut pas demander à un petit de se comporter correctement à un long dîner, une après-midi entière dans les magasins ou si ses journées sont remplies d’activités. Les tous-petits ont besoin de se retrouver chez eux, de jouer tout seul, trop de stimulations peut être mauvais (j’y reviendrai dans un autre article).


3. N’ai pas peur, ce n'est pas personnel : quand un enfant se comporte mal à l’école, les parents s’inquiètent et pensent que ça y est leur enfant est un tyran aggressif. 
L’enfant le sent et va interioriser cette inquiétude, ce qui va forcément excarber son comportement. Plutôt que de lui coller une étiquette, il faut rester nonchalant : si ton fils te jette un ballon dans la figure, n’ait pas l’air blessé ou énervé. Il ne le fait pas parce qu’il ne t’aime pas, il teste juste tes limites. 


4. Une réponse calme et immédiate, comme un chef d’entreprise : 
Une chef ne se met pas en colère, il a un ton neutre et sur de lui. Les sermons, réactions émotives, punitions et menaces en tout genre ne sont pas clairs pour un enfant, il va juste se sentir coupable et honteux sans savoir comment changer son comportement. Un simple « je ne te laisserais pas jeter le ballon sur moi, ça fait mal. Si tu continues, je le prend » suffit.


5. Parle à la 1ère personne : je, tu.
Pas de "maman" ou de "papa", il faut être direct, et honnête. Les enfants testent nos limites parce qu’ils ont besoin de clarifier les règles. Si tu dis « maman ne veut pas que TJ… » ce n’est pas clair.


6. Pas de « time-out » (au coin) :
Je vous vois sourciller, même supernanny utilise le coin... Mais franchement après avoir utilisé le « 1,2,3 au coin » pendant 3 ans, je vois bien que ça ne marche pas : au coin, TJ hurlait, disait des gros-mots, nous tapait, repartait faire la même bêtise 1 min plus tard … 
Un enfant a besoin d’une réponse directe, immédiate, honnête et respectueuse. Quand un enfant fait un caprice en public, il nous fait généralement comprendre qu’il est fatigué, qu’il perd le contrôle et qu’il a besoin de rentrer à la maison : le mettre au coin ne résoudra rien (ça va juste le frustrer et le fatiguer encore plus). La meilleure réponse et de prendre ton enfant (même s’il hurle et se débat), le mettre dans ta voiture et rentrer. Pour un caprice à la maison, l’enfant a besoin d’être porté dans sa chambre pour se débattre et pleurer en notre présence jusqu’à ce qu’il se calme. 


7. Conséquences :
Un enfant comprend bien mieux les limites lorsqu’il fait l’experience des conséquences de son comportement, plutôt qu’une punition générique genre “tu vas au coin”. 
S’il jette de la nourriture, le repas est fini, s’il refuse de s’habiller, on ne va plus au parc, s’il relance le ballon sur toi, plus de ballon. Ce genre de réponse semble toujours juste au yeux d’un enfant, certains réagiront peut-être négativement, mais ils ne sentiront pas manipulés ni traités avec mépris.


8. On ne punie pas un enfant parce qu’il pleure: 
Un enfant a besoin de règles pour son comportement mais pas pour la réponse émotionnelle qui va suivre. Il a besoin d’exprimer sa colère, sa frustration, sa confusion, sa fatigue, son dépit, encore plus s’il l’exprime en conséquence d’une limite qu’on lui a posé. Il faut lui laisser la liberté de s’exprimer sainement sans jugements: s’il a besoin de taper dans un coussin, on lui en donne un.


9. Un amour inconditionnel: 
Laisser entendre à son enfant qu’il n’a plus notre affection en conséquence d’un mauvais comportement, lui apprend seulement que notre amour et notre soutient peuvent disparaitre à tout moment à cause de son comportement. Après un caprice, n’ignore pas ton enfant pour lui faire “comprendre”, ne refuse pas un câlin sous pretexte que ton enfant s’est mal comporté. Tu n’es pas “faible”, tu es juste là pour ton enfant et c’est normal: il ne voit pas ça comme une récompense de son mauvais comportement, il apprend juste que tu l’aimes quoi qu’il arrive. 

****

Maintenant, je vais vous raconter une petite histoire :

Samedi dernier, on est allé à IKEA et j’ai laissé TJ jouer dans les boules (vous savez la garderie gratuite). Au moment de le recupérer, la dame en charge m’a dit qu’il avait tapé un autre enfant et "comble" il ne s’était pas excusé (elle avait un ton rempli de reproche et j’ai pensé « punaise c’est pas ton boulot de les surveiller ! »). Avant pour garder bonne figure j’aurai grondé TJ devant cette dame, en version bilingue en plus. Le pauvre aurait entendu mon sermon 2 fois. Là, TJ me regardait avec la tête baissé, il savait qu’il avait mal agit, il craignait ma réaction. Je ne savais pas trop quoi dire et puis j’ai pensé « que ferait Janet ? ». Là j’ai juste dit à la femme qu’on ne peut pas forcer un enfant à s’excuser (souviens-toi, il faut modéliser plutôt que forcer) et on est parti.

Sur le chemin du retour, j’ai demandé calmement à TJ ce qui c’était passé, il m’a raconté puis je lui ai demandé comment, à son avis, la petite fille se sentais après qu’il l’ait tapé. Il m’a dit « elle était triste, en fait il faut pas taper parce que ça fait mal ». Il était tout penaud. Je lui ai juste répondu « c’est vrai, tu as raison, il ne faut pas taper. Et tu sais, si tu tapes les autres, la dame ne te laissera plus aller dans les jeux du magasin. ». Il a répondu « ok » puis m’a fait un gros câlin. Il n’avait pas besoin d’un sermon, il sait qu’il ne faut pas taper, et il ne recommencera pas car il veut aller dans les jeux.

****

Quand TJ était bébé, je me disais que je saurais gérer les caprices et les bêtises : j’avais reçu une bonne éducation et j’avais de l’experience en tant que prof… Je pensais que je verrais bien sur le moment : grande erreur. Avec le recul, je vois que je n’étais pas consistente dans mon approche, je tatonnais, je perdais mon calme, j’ai fait des grosses erreurs. J’aurai aimé pouvoir lire un article comme celui-ci pour savoir quoi faire et être sûre de moi. J’espère que ça pourra vous aider ♥


Août 2011 : TJ, 23 mois aimait la poubelle à papier ... ♥


09 février, 2014

La phrase magique (l’éducation respectueuse en pratique #1 )

(aujourd'hui c'est maman qui dit...)



L’une des choses les plus difficiles à gérer quand on est parent, ce sont les phases de transitions : on arrête de jouer, on va manger, se laver les dents, se douche, s’habiller... – c’est fini le parc, on rentre à la maison – on monte dans la voiture, on s’attache – on éteind la télé, on va travailler – etc.

Je ne sais pas pour vous, mais je gérais mal le conflit et sans m’en rendre compte, pour faire bonne figure devant les adultes présents, je m’emportais facilement genre « je suis la maman autoritaire qui impose, t’as vu hein je me laisse pas faire ! » alors que ça empire la situation de réagir comme ça : on le sent bien. Il faut rester un modèle pour son enfant : si l’enfant nous voit perdre notre calme, il gérera la situation de la même façon et fera des caprices.

Souvenez-vous dans mon article précédent, je vous présentais les principes de l’éducation respetueuse selon Janet Lansbury (Resources for Infant Educarers). Celui dont je vais beaucoup vous parler est :

« comprendre et admettre ouvertement les émotions de son enfant, pour éviter un conflit »

Je lis dans vos pensées : plus facile à dire qu’à faire... C’est parce qu’il suffit juste de connaître les réponses magiques et surtout les techniques qui vont avec. 


Aujourd’hui , je te présente la phrase magique de Janet pour les transitions

Cas concret : ton enfant joue, c’est l’heure de manger. Tu l’as appelé pour venir à table, il ne vient pas, bien-sûr c’est bien plus important de continuer à jouer. Tu sens le conflit pointer le bout de son nez.

1. si possible, essaye d’intervenir à la fin d’une phase de jeu, ça aide.
2. tu te positionnes devant ton enfant, tu t’accroupies à sa hauteur 
3. tu gardes une voix calme et assurée et tu dis la phrase magique (roulement de tambour…) :

la phrase magique commence toujours par « Je comprends… »

« Je comprends que tu veuilles continuer à jouer, TJ, c’est sympa de jouer. 
(PAUSE et regarde ton enfant le temps qu’il percute). 
Mais maintenant c’est l’heure de manger, tu viens à table. » 
(POINT FINAL, pause, regarde ton enfant, ne dis surtout pas "d’accord ? ou ok ?", 
ce n’est pas une proposition, tu ne négocies pas, tu es le parent)


Alors bien-sûr, au début parfois il ne percute pas tout de suite. Tu devras répéter la phrase magique une 2ème fois voir une 3ème fois sur le même ton calme et assuré, avec les pauses et ton regard sérieux bien planté dans le sien.
Mais, je t'assure, ça marche, et pour toutes les situations de transition : nous l'avons testé au parc, à la plage, à la maison, au magasin, sur le parking...



Pourquoi la phrase magique marche ?


1. l’enfant se sent compris tout de suite (il comprend que je préfère jouer)
2. le parent à modélisé le comportement désiré en gardant son calme, sans hausser le ton.
3. Le ton assuré du parent et l’absence de « d’accord ? ok ? » indique que ce n’est pas une négociation.
4. Par le contact visuel et les pauses (très importantes) le parent donne une opportunité à l’enfant de répondre. L’enfant se sent écouté. Il n’a pas besoin de créer de conflit pour se faire entendre.

Je te l’accorde, on ne peut pas toujours se déplacer pour venir devant l’enfant, mais je te rassure, si tu fais l’effort de le faire tout le temps les 1ère fois, ça paye : au fur et à mesure l’enfant se sent écouté, il réagit mieux et si un jour tu ne peux pas, essaye juste la phrase magique sans contact visuel. 
C’est, je trouve le point le plus important des techniques de RIE : plus tu les utilises, moins tu as besoin de les utiliser. 

Depuis une semaine que papa Guégou et moi gérons les phases de transitions avec la phrase magique, TJ a répondu "non" ou nous a ignoré 1 ou 2 fois seulement, le reste du temps il nous regarde quelques secondes le temps de traiter l’information, puis il dit « Ok ».
Le message est passé : TJ se sent entendu et compris. Pas de cris, pas de colère, pas de caprice. 


On hallucine à quel point ça marche, c’est M.A.G.I.Q.U.E. Des phrases magiques, Janet Lansbury, elle en a plein, surtout pour gérer les bêtises, le comportement ou le caprice. Je vous en parlerai la prochaine fois.
(je vous tiens là !? LOL).
 

"ouai, j'arrive ..." ;-)



06 février, 2014

Sentir notre fils s’éloigner et ne plus savoir quoi faire…

(et être sauvé par R.I.E.)



Depuis ses 3 ans, TJ a vécu beaucoup de choses stressantes : l’entrée à l’école, l’arrivée de sa petite sœur, la perte de ses reperts et d’une routine stable pendant de longues vacances loin de chez lui ou quand la famille vient nous visiter.

Bien que l’on connaisse les bons réflexes, il est devenu trop commun pour nous, de se retrouver submergés, de perdre notre calme, de crier, de punir, de voir notre fils s’éloigner et ne plus savoir quoi faire. 
Il y aussi l’infuence de l’entourage, les conseils "bienveillants" qui en fait nous embrouillent, les vieilles méthodes "qui marchent" et qu’on tente de nous imposer, on se sent perdu car on voit bien que ça ne marche justement pas avec TJ. 

TJ le sent bien-sûr et cette instabilité émotionnelle lui enlève tout sentiment de sécurité, il a peur, il a l’impression qu’on ne l’écoute plus, et pour se faire entendre du haut des ses 4 ans, il se comporte mal. Il n’a pas la maturité émotionnelle pour gérer tout cela et ça ressort en bêtise, en conflit, en caprice, en colère. 

Dernièrement, TJ nous tapait, nous donner des coups de poing, hurlait à la moindre punition, faisait des grosse crises, des colères, jetait les objets violemment par terre, poussait sa petite sœur, etc… Malgré la mise au coin et les punitions, ça recommençait.
Il était frustré, perdu, effrayé.
On était frustrés, perdus, effrayés.


Et puis samedi soir, j’ai cliqué sur un article que ma copine Deb a partagé, je l’ai lu, j’ai lu le blog en entier, d’autres articles, d’autres blogs, j’ai decouvert les conseils si précieux de Janet Lansbury… et bien que Deb en ait parlé plusieurs fois sur son blog, je n’ai vraiment (accepter de découvrir ?...) découvert que samedi, la philosophie d’éducation R.I.E : 

Resources for Infant Educarers. 

En Français c’est intraduisible mais je vais essayer : des ressources pour une éducation bienveillante. Une méthode pour les parents qui veulent éduquer leurs petits avec plus d’attention, plus de respect, plus d’écoute. (on veut tous arriver à faire ça !)
À l’origine, une éducatrice pour les tout-petits, Magda Gerber a crée en 1978 cette organisation a but non-lucratif pour essayer de changer les méthodes d’éducation en éduquant les parents. Magda a aidé des milliers de parents. Janet Lansbury (maman et coach parental), a tout appris avec Magda :

« Les théories de Magda ont non seulement contribué à nous faire encore plus apprécier et exercer avec succès notre job de parents – elles rendent notre expérience d’éducation magnifique. Elles nous challengent, nous font penser autrement, ouvrent nos yeux à une nouvelle vision des petits et de nous, parents »


Les principes de RIE selon Janet :

- observer son enfant plutôt que d’intervenir : on est là au cas où mais on maintient une distance. On se rend compte alors que l’enfant arrive à faire tout seul, qu’il se fait plus rarement mal qu’on ne le penserait. On est très souvent impressionné des capacités du petit.

- comprendre et admettre ouvertement les émotions de son enfant plutôt que d’essayer de le distraire pour éviter un conflit. Dire à son enfant qu’il a le droit d’être en colère, de pleurer, etc… Lui dire qu’on est là s’il a besoin de nous. Ne pas l’empêcher d’exprimer ses émotions en le punissant. Gérer les conflits avec la technique du "sportcasting" (j’y reviendrai dans un autre article).

- une relation parent-enfant basé sur l’honnêteté, une confiance et un respect mutuels : l’éducation attentionnée n’est pas juste au profit du bébé, c’est aussi pour le parent. Magda nous encourage à ne pas laisser les besoins de l’enfant controler nos besoins : bébé pleure mais je vais au toilette parce que j’ai besoin d’y aller. Bébé et maman ont raison tous les deux : bébé pleure parce qu’il exprime son désaccord, c’est une communication normale qu’il ne faut pas empêcher et dont il ne faut pas se sentir coupable.

- Le meilleur moyen d’enseigner l’honnêteté, la générosité, l’empathie, et le pardon est d’en être le model plutôt que de le forcer à son enfant : on n’oblige pas un enfant à partager son jouet ou à s’excuser. On lui apprend on le faisant nous même normalement tous les jours. De la même façon, on essaye de ne pas crier, de réagir avec calme aux bêtises, aux caprices : être un rock émotionnel… L’enfant observe ses parents, faites-lui confiance, il fera la même chose que nous au final (et c’est vrai !).

- Les parents doivent savoir que les bébés et les enfants apprennent mieux tous seuls : le reconnaître est vraiment un grand soulagement. Moi, parent, je n’ai pas besoin de m’inquiéter de ne pas faire assez pour mon bébé ou que mon bébé ne fasse pas ci ou ça. Chaque bébé évolue à son rythme. Je n’ai pas besoin de le stimuler, de lui imposer tel ou tel jouet, telle ou telle activité. Le plus important est d’amménager un environnement sûr, propice à l'exploration et la découverte. L’enfant fait le reste : le laisser être actif de son apprentissage est le mieux pour lui.

***

Alors voilà, je te vois venir, on est d’accord, beaucoup de ces principes coulent de sources, comment ne pas élever son enfant autrement : c’est exactement ce que je fais en fait, non ?!  Maintenant relis et sois honnête… C’est ce que tu aimerais faire mais si tu refléchis, tu ne le fais pas tout le temps ou pas comme il faut. Moi la première !

Ces principes collent à mes intuitions, mais avant de découvrir RIE, ils me semblaient souvent si difficiles à mettre en pratique au jour le jour. Sans le savoir, je le faisais parfois mais je n’avais pas la confiance de croir en moi pour tenir bon, pour les appliquer avec succès et constance. Il était si facile de crier, de mettre au coin, de forcer, de se dire qu’on est l’adulte qui impose sans expliquer, sans écouter l’enfant parce que c’est nous les parents hein !... J'étais fatiguée de recommencer ce cercle vicieux de caprices-punitions-crie-punitions et on se demandait souvent, desespérés, à bout, encore et encore « mais il va m’écouter un jour ce gamin ! Pourquoi il ne m’écoute pas ! ».

La réponse était là sous nos yeux, la réponse était si évidente : 
on ne montrait pas à TJ qu'on l’écoutait, qu'on le comprenait
(on croyait le faire pourtant...)

La différence de RIE avec toutes les autres méthodes que j’ai pu essayer, ou tous les articles de blog que j’ai pu lire, c’est que Janet Lansbury te donne de vrais outils concrets à mettre en pratique, des phrases simples à utiliser pour permettre à l’enfant de se sentir écouté, estimé, respecté. Au fur et à mesure de mes lectures, j’ai vu des parents en detresse aidés. J’ai vu que les outils et les astuces de Janet marchent vraiment. 

Je ressens un nouveau souffle, une confiance en moi que j’avais perdue, une séreinité qui transpire et déteint sur TJ. Je suis immune à tous les commentaires "bienveillant" et moralisateurs que l'on peut entendre sur l’attitude de notre fils : il n’est pas en cause, ce n’est pas un tyran. Il a 4 ans, ses réactions sont normales, à nous de les gérer autrement pour lui montrer le bon exemple.

Dans mes prochains articles je vais partager avec vous des situations et les outils que nous utilisons pour les gérer… avec Hanaé aussi (et oui ça marche dès la naissance!).


Déjà, après 4 jours, nous avons un TJ, plus calme, qui revient vers nous petit à petit…
Et surtout, nous avons la confiance de savoir quoi faire ♥





28 janvier, 2014

1 an : lettre à ma ‘tite sœur-fille

(aujourd'hui c'est TJ qui dit...)



Ma gnougnouche, ma tite sœur, ma chérie,

ça y est j’ai fait 1 fois dodo et aujourd’hui c’est ton anniversaire.

Tu as 1 an ! Joyeux anniversaire ma guigui ♥

Moi aussi quand j’étais bébé j’avais 1 an, puis 2, 3 et 4 et maintenant je suis plus un bébé,

je suis ton grand frère

Je suis ton grand frère parce que j’aime bien quand tu me pousses sur mon camion 

Et quand je te porte dans mes bras tu me serres fort avec tes petites mains derrière mon cou.

Quand je rentre de l’école tu fais « hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii » parce que tu es contente, je suis là !

Quand tu pleures, j’aime pas du tout et alors je chante et tu rigoles.

Quand tu as mal, je te fais des caresses.

Et quand tu marches tout seule avec tes bras en l’air je dis « regarde papa, elle marche toute seule » 

... et je fais pareil avec mes bras en l'air aussi

Quand tu te réveilles le matin je te fais toujours un bisous

Quand quelqu’un t’embête moi je le tape, parce que moi je suis ton grand frère et je te protège.

Parfois je t’embête aussi mais c’est parce que je suis ton grand frère et c’est rigolo…

Mais bon, tu vois je t'aime tellement que je t’ai prêté mon t-shirt de 1er anniversaire ♥


parallèle à 1 an


19 janvier, 2014

Les gnougnou de janvier

(aujourd'hui c'est maman qui dit)



Cette année j’ai envie de faire un article chaque moi pour ne pas oublier tout ce que TJ et Hanaé font. Comme j’ai vu chez marjoliemaman par exemple : sauf qu’ici les petits on les surnomme les "gnougnou" (à prononcer "niouniou" - une longue histoire que je vous raconterai un jour ...).


TJ ...

...a fait sa 1ère randonnée en montagne : 1h de marche au sommet de l’île
...teste un peu trop nos limites
...rentre dans des colères pas possible
...peut jouer des heures avec ses voitures 
...adore porter sa sœur
...mais refuse qu’Hanaé rentre dans sa chambre (elle va défaire mes voiture mamans !)
...veut toujours rentrer dans le parc de sa sœur
...veut toujours aider pour tout et faire tout tout seul
...ne veut toujours pas goûter aux aliments en dehors des quelques plats familiers qu’il mange
...voudrait déjà avoir 5 ans pour que ses dents commencent à tomber
...rentre de l’école avec des tâches indélébiles sur ses t-shirt d’uniforme 
...nous raconte des bobards plus vrais que nature
...préfère renifler plutôt que de se moucher
...veut toujours faire du « work » (travail) comme à l’école (surtout le dimanche matin…)
...demande sans arrêt d’écrire plein de mots sur son cahier de la maison
...sait écrire son prénom tout seul sans recopier
...colorie de mieux en mieux sans dépasser
...adore faire des maths à l’école, et aussi avec les cubes de maman
...sait bien lire les petits mots anglais qu’il apprend
...adore se déguiser en tout et n’importe quoi (et surtout juste en slip)
...a la tchatch dans les 3 langues et nous apprend même des gros mots espagnols qu’on ne connaissait pas (merci l’école)



Hanaé...

...a une frange un peu trop longue mais tellement jolie 
...adore marcher toute seule sans se tenir
...fait de plus en plus de pas toute seule chaque jour
...chausse du 19 (difficile de trouver des chaussures pour marcher si petites)
...affectionne les tubes de crèmes pour se faire les dents
...adore dévaliser sa table à langer et jeter tous les trucs par terre
...aime bien ouvrir les tiroirs et les portes coulissantes de placard pour jeter tout par terre
...jette ses jouets hors du parc pour retenir mon attention
...met allègrement les mains dans le caca quand on la change
...voue un culte sans nom aux paquets de lingettes
...veut toujours se retourner et se lever sur la table à langer
...est un vrai petit asticot comme son frère 
...kiffe toujours autant les douches avec maman
...sourit et fait coucou à tout le monde genre je suis la reine d’Angleterre
...fait des câlins avec ses petits bras serrés autour de notre cou
...adore explorer notre nez avec son doigt et notre bouche avec ses petites mains (aïe !)
...a besoin d’un très long câlins au son de sa berceuse lumineuse pour s’endormir
...sait bien dire non avec la tête et se faire comprendre
...nous parle dans son language de « doh, gueg », "teint" (tient) et « çaaaaa » façon fourchelangue