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19 décembre, 2013

10 mois de ma vie

(aujourd'hui c'est maman qui dit ...)



Après une tétée - février 2013
C’était seulement quelques mois de ma vie, je me le répétais quand parfois j’en avais un peu marre ou dans les moments difficiles… Seulement quelques mois dans toute une vie. Ce crédo m’a aidé, il m’a permis d’apprécier ces 10 mois, il m’a donné de la patience et du courage, il m’a fait aimer cet allaitement maternel après une expérience difficile et très courte avec TJ. 

Puis un jeudi après-midi de novembre, Hanaé a voulu boire d’une traite pour la première fois de sa petite vie un biberon de 100ml : il y en avait eu avant des biberons, mais pas sans pleurs ni avec autant de lait. On tentait le coup régulièrement sans succés, sans forcer les choses, juste pour voir et ce jour-là elle a accepté le biberon. 
Alors ça parait joli comme ça, mais on est humain, on s’est agacé, énervé, on a été parfois perdu, pourquoi refusait-elle le biberon comme ça ? Bon c’est pas grave on continue le néné... 

Et au final, ce n’est ni les insistances de la pédiatre pour le biberon par rapport à son petit poids, ni les questions incessantes de ma grand-mère (« elle est encore au néné, mais tu vas la sevrer hein maintenant ? ») ou de la coiffeuse qui ont motivées la fin de l’allaitement maternel : juste un peu de communication entre une petite fille de 10 mois et sa maman…

« Maman t’as vu j’aime bien jouer avec le néné, 
je tape, je mordille, je me tords dans tous les sens, 
mais au final je bois plus grand-chose. »
« Ok ma cherie, on essaye le biberon alors. »
Ou à peu près ça … 
(conversation imaginaire hein, ma fille me parle mais pas encore comme ça)


Hanaé prenait déjà un bol de blédine à la cuillière, le matin et au goûter, il restait donc la tétée après déjeuner, celle du soir et puis toutes les petites tétées-câlins à la demande. 
Le lendemain j’ai décidé de remplacer également celle du soir et surtout de ne pas la mettre au sein si elle se réveillait la nuit. Ok, j’y suis allé un peu fort et j’en ai payé le prix pendant 3 jours, de fortes migraines, un néné engorgé après l’autre. Mais Hanaé était prête, elle buvait bien ses biberons, et la tisane de sauge a été ma meilleure amie. 

Bref…

Les premiers jours il y eu plein de calins nocturnes, de tétage intensif de cou, d’essais d’attrapage de néné au vol (encore maintenant quand elle voit mes nénés, elle s’affole !) … Mais il y a eu aussi plein de petits biberons de 100ml … puis elle a bu de plus en plus à chaque fois et le rythme est devenu régulier.

On m’a souvent posé la question, mais en fait à part si j'ai l'occasion de sortir toute seule, je ne me sens pas plus libre qu’avant, les contraintes sont différentes c’est tout : penser à emmener un biberon, laver le biberon, le mettre au frigo pour conserver le lait (oui on a qu’un seul biberon et on y arrive !), penser à lui faire boire de l’eau souvent (il fait chaud ici).

Au final, elle était prête, elle le savait. La pédiatre n'en savait rien, ma grand-mère n'en savait rien, la coiffeuse n'en savait rien … Même moi je n’en savais trop rien, je n’avais pas planifié la durée de cet allaitement maternel, j’ai juste essayé d’écouter ma petite fille, mon bébé. Je ne suis ni pro, ni contre, ni militante… je suis juste une maman qui a voulu essayer puis continuer, et au final j'ai apprécié ses 10 petits mois de ma vie. ♥


Sur la plage - décembre 2013

17 octobre, 2013

L'allaitement vs. l'allaitement

(aujourd'hui c'est maman qui dit...)



Il y a un peu plus d’un an, alors enceinte de petite sœur, je vous racontais mon unique expérience d’allaitement avec TJ. TJ que j’avais nourris au sein pendant 2 mois et vite passé au biberon.

Mon article commençait comme ça :

« Souvent je lis des articles sur des mamans qui allaitent longtemps et qui adorent (…). 
Je suis admiratrice de leur courage, leur dévouement, leur persévérance. 
Je ne les envie pas mais je suis toujours curieuse de savoir comment elles y arrivent. »


Aujourd’hui, 1 an plus tard, cette maman qui allaite encore au sein, c’est MOI. 

Aujourd’hui, 1 an plus tard, je comprends : en fait je n’ai pas plus de courage, de dévouement ou de persévérance qu’une maman-biberon. Je n’ai même pas l’impression de me sacrifier, en fait c’est plutôt tout le contraire.

Quand nous avons eu la crise du biberon (dont je parle là), je me suis juste dis, pourquoi se battre et forcer quelque chose qui ne marche pas, alors que c’est si facile de lui donner le néné ?

Oui en fait c’est facile, 
punaise si tu m’avais dit ça quand j’étais enceinte, 
je ne l’aurais jamais cru, mais voilà, Hanaé a 8 mois 
et je l’allaite encore au sein.

Comment moi qui en a eut vite marre de mon premier allaitement maternel, je peux apprécier ça maintenant ??
La réponse est en fait assez simple : je ne m’encombre pas de tous les petits désagréments que je pensais indispensables quand j’allaitais TJ.

- je ne mets plus de coussinets dans mes soutifs depuis 6 mois

- la nuit je ne porte même pas de soutif

- je porte mes t-shirt à 2 euros col V et pouf ! Je dégaine le néné facilement en le sortant par dessus

- je me contrefiche du regard des autres et j’allaite partout dans toutes les situations : cet été en vacances sur la route, sur le bateau, au milieu d’un magasin avec Hanaé sur ma hanche ou dans le porte-bébé, dans le bus, à l’arrêt de bus, dans la voiture sur le parking, au café en mangeant ma salade, à la plage, dans la salle d’attente du docteur. Franchement je n’ai pas encore eu une seule remarque négative. 

- si je suis chez des amis ou en famille, je demande si ça gêne (ils ont toujours dit que ça ne gênait pas) et je l’allaite autours de la table à l’apéro. Pourquoi devrais-je me priver et aller m’éxiler toute seule pour nourrir ma fille alors que si elle buvait le biberon je serais resté.

- je ne regarde pas les heures, je ne compte pas les minutes à chaque tétée.

Je vais sûrement en choquer beaucoup, mais le concept de la tétée câlin/on se regarde dans les yeux… au début quand ils sont tout petits, oui d’accord, mais maintenant ça me fait rire. Soit Hanaé joue avec mes cheveux ou tapote le néné (comme pour faire sortir le lait plus vite, LOL), soit elle ferme les yeux pour se concentrer puis elle s’endort. Et justement, j’aime la tétée pas rapport au biberon, parce que bien calée sur le canapé, j’ai mes mains de libre et je peux chater, blogger, écrire, lire un livre (je n’ai jamais autant lu !), etc… sans me soucier de tenir un bib. Elle trouve le chemin toute seule (comme le dit si bien Pause bébé) et se décroche quand elle est rassasiée.

Et puis, les moments câlins on peut aussi en avoir au biberon ♥

Papa Guégou et TJ (3 mois) - Noël 2009

Je n’allaite pas au sein parce que je pense que le lait artificiel c’est du caca boudin, blablabla… D’ailleurs, Hanaé mange un bol de blédine avec du lait 2ème âge, à la cuillière au petit-déjeuner et au goûter. 

Je le fais surtout parce que c’est facile, rapide, et surtout ça va suprendre, ça me donne une grande autonomie. Pas de biberons à laver, à préparer, penser où le faire chauffer, comme la maman du koala, je suis une grosse feignasse… Quand je vais quelque part, je peux improviser. Si à la dernière minute, je veux aller en ville ou faire une course, etc… j’ai mes nénés. Je n’ai pas à compter "ah mais ça va être l’heure du biberon, je pourrais pas car il faut le faire chauffer, blablabla ".

Je ne travaille pas toute la journée et j’ai la chance immense de rester avec ma fille. 
Quand je vais donner mes cours particulier, ou faire les courses toute seule, 
son papa lui donne en remplacement une purée de lait-blédine à la cuillière qu’elle adore.

Bien-sûr un jour elle ira en crêche, un jour elle boira au biberon. Pour l’instant, quand on essaye de lui donner, elle ne fait que mordre la tétine puis elle sénerve parce qu’elle veut téter. Donc régulièrement on lui offre le biberon pour voir si ça change. Je vais pas m'énerver et crier pour la forcer à faire un truc qui ne marche pas. Un jour elle le prendra. Ou alors elle boira à la tasse, on verra.

La semaine dernière, Hanaé a été malade et pour la première fois elle a eu de fortes fièvres pendant 3 jours. Et bien, j’étais vraiment soulagée de l’allaiter encore au sein parce que ça nous a facilité la vie à toutes les deux, lorsqu’elle avait soif, qu’elle voulait du réconfort, qu’elle avait mal, je crois (comme Galinou) que le néné et le lait maternel sont un peu « magiques » dans ces moments-là.

Et en parlant de magie, je suis guérie de ma dermatite depuis cet été. Avant je ne pouvais pas manger de gluten, ni faire le ménage sans avoir des crises de démangeaison ; malgré le soleil et le climat bénéfique qui aident je devais quand même me tartiner de crème tous les soirs. La seule explication est l’allaitement maternel que j’ai continué plus longtemps, la peau est en effet directement liée aux hormones. Ma peau n’est plus sèche et ça me change la vie. Si vous saviez comme je reviens de loin… un jour je vous raconterai, les grosse crèmes, les gants blancs, la cortisone, les yeux gonflés qu’on ne peut plus ouvrir.

Tout ça pour dire qu’on peut allaiter au sein longtemps sans pour autant rentrer dans une case, ni défendre un point de vue. Je ne suis pas pro-ci ou pro-ça, je ne veux culpabiliser ni comparer personne. Je suis la preuve vivante que rentrer dans une case ne sert à rien vu que mes 2 epériences d’allaitement avec TJ et avec sa petite sœur, ne sont pas du tout les mêmes.

Mon titre est un pied de nez : 
"allaitement TJ vs. allaitement Hanaé"
Ce n’est pas un combat, juste 2 expériences différentes. 

Je l’espère même plutôt comme un espoir, pour des mamans qui avaient par-dessus tout le désir d’allaiter au sein mais n’ont pas pu le faire pour leur premier bébé. C’est possible (Sophia, Moustikus, et les autres, c’est possible ♥♥).


♥ Hanaé au réveil ♥

28 mai, 2013

Qui l'aurait cru ? ... pas moi

(aujourd’hui c’est maman qui dit)



Si vous me suivez depuis longtemps, vous savez que je ne suis ni pro-néné, ni pro-biberon, je suis surtout pro-fait comme tu veux !
Quand j’étais enceinte de Hanaé, je vous avais raconté nos aventures d’allaitement avec TJ et pourquoi nous avions envisagé un allaitement mixte pour Hanaé. 
Puis quand Hanaé avait 1 mois, je vous avais un peu raconté les débuts de notre allaitement mixte et comment ça marchait assez bien… mais on avait déjà quelques soucis avec le biberon.

Je vous raconte un peu...

1. Le biberon, ce fiasco…

Au départ, l’allaitement mixte c’était surtout pour que papa Guégou m’aide et participe. Papa Guégou il adore s’occuper de nos bébés, changer les couches, faire des câlins, leur donner le biberon… Au départ, on voulait introduire un biberon le soir pour que je puisse aller me coucher tôt et que papa Guégou prenne le relais, et un autre le matin si je voulais sortir un peu avec TJ.

Seulement voilà…

Hanaé et le biberon c’est interminable, elle tête, elle tête, et on se rend compte qu’elle a bu seulement 10ml. Elle pleure, elle hurle, se tortille de partout, elle a mal au bidou, elle vomi. Après 1h voire 1h30, elle fini le biberon mais à quel prix ? On ne sait pas ce qu’elle a pris vraiment entre le lait qui coule sur les côtés, ce qu’elle rejette, ce qu’elle vomit, etc…
On a tout essayé : des marques de biberon différentes, des tétines différentes, un lait différent. Parfois ça marchait quelques jours puis non…
Au final, ça a l’effet inverse, car je ne me repose pas du tout, je l’entends pleurer, je veux aider papa Guégou, on stresse...


2. La courbe de poids, ce blabla…

Quand Hanaé a eu 6 semaines, elle a eu une cassure dans sa courbe de poids et à partir de là, elle a commencé à prendre moins de poids qu’avant sans raison apparente si ce n'est un reflux et quelques vomissements (mais qui existaient avant).
J’avais une idée sur la raison de cette cassure mais quand je l’ai partagé, la pédiatre et la sage-femme m’ont dit, « non ça ne peut pas être ça ! ». Et pourtant mon intuition me disait « mais oui c’est ça », et j’aurai du l’écouter plus tôt…

Sa pédiatre voulait la peser chaque semaine, et certaines semaines elle prenait bien, d’autre pas du tout… Ça me stressait de devoir la surveiller comme ça. Je trouve que ça fait plus de mal que de bien. Tous les bébés ne prennent pas du poids régulièrement chaque semaine c’est pour ça qu’on ne les pèse que toutes les 2 voire 4 semaines. En plus, Hanaé est très éveillée, souriante, active, elle a un bon tonus musculaire et commence même à vouloir s’asseoir toute seule. Donc elle est en bonne santé !

Hanaé, 3 mois

Sa pédiatre, elle est gentille et elle essayait juste de trouver une raison, elle l’a retardé ce moment ou elle a fini par me dire « peut-être qu’il faudrait lui donner plus de biberon... » parce qu’elle sait que l’allaitement se passe très bien et que pour Hanaé le biberon ne marche pas trop, mais au final elle n’avait plus d’idée alors elle me l’a dit…

Alors qu’est-ce que j’ai fait ?

J’ai réfléchis, 
j’ai beaucoup lu, j’ai écouté mon intuition 
et j’ai fait tout le contraire …


J’ai réfléchis : si je n’ai pas assez de lait, introduire plus de biberon va encore plus diminuer ma production et ce n’est pas la solution… sauf si je voulais arrêter complètement le néné, mais je ne veux pas car ça marche beaucoup mieux que le biberon ! C’est logique, si au lieu de lui donner le sein, je lui donne un biberon, ma production s’adapte et la prochaine fois, je produirai moins de lait. Ça aura donc l’effet inverse…

J’ai réfléchis et j’ai lu beaucoup d’articles sur le site de la LLL : et là mon intution est revenue… Quelle est la seule chose que j’avais changée à la semaine 6 quand Hanaé a commencé à prendre moins de poids??

J’avais commencé la mini-pilule (Cérazette®)

Cette mini-pilule que la sage-femme m’avait prescrite, qui m’a assuré que ça n’influerait pas sur mon allaitement, cette mini-pilule que j’ai pensé être la cause du problème tout de suite mais la pédiatre m’avait assurée du contraire.

Sur plusieurs articles écrit par des médecins, il est indiqué que le mini-pilules prescrites pour les mamans allaitantes peuvent influer sur la prodution et la qualité de lait. Et je pense, c’est mon cas.
Alors il y a 2 semaines j’ai arrêté la mini-pilule : de toute façon je n’ai pas mes règles, donc pas de risque de grossesse, je suis protégée par l’allaitement maternel. (et bonus : elle me filait plein de boutons… je n’en ai plus)


J’ai fait tout le contraire :

Depuis 2 semaines, j’allaite exclusivement au néné, à la demande ! Oui tu as bien entendu... 
Qui l’aurait-cru ?... pas moi...

Les premiers jours ont été un peu difficile, Hanaé a beaucoup tété pour relancer ma production, car avant elle prenait 2 biberons par jour ; mais ça a marché. Toute seule elle s’est régulée et maintenant on a repris un rythme de croisière. Le soir, elle tête plus souvent mais c’est pour me faire une bonne nuit après. Elle va se coucher à 21h30 ou à 23h30 puis elle dort tout le temps 5h voire 6h d’affilé alors qu’on ne me dise pas que mon lait n’est pas nourrissant ! C’EST FAUX.

Je fais aussi plus attention à ce que je mange, car souvent « j’oubliais » de faire un vrai repas à midi. Le médicament contre le reflux aide beaucoup, Hanaé est plus calme le soir, plus sereine. Il était un peu difficile à donner mais j’ai une méthode imparable : ce sont des mini-billes qu’il faut mettre dans une cuillère avec un peu d’eau… à la place de l’eau, je mets un peu de mon lait directement sorti du néné ! Ça marche comme un charme.


3. Vive le néné !

Et par là je ne veux pas dire « il faut donner le néné » ni « le néné c’est mieux ». Je ne cède à aucune mode, je n’ai pas l’impression de me sacrifier pour mon enfant. J’ai juste tout essayé et je fais ce qui marche le mieux pour nous, pour Hanaé et pour moi. Le néné, c’est facile, pas de stress, pas de cris, pas de vomis… Je ne compte plus les heures, les minutes, je vaque à mes occupations, je sors, etc.
Elle a faim, je lui donne le néné, elle tète, elle se décroche.
Quand je sors, je fais bien attention de ne pas oublier… mes nénés ! (LOL)
Cet été, sur le ferry et pendant notre road trip : je n’aurai pas à chercher comment laver des biberons, pas de lait, ni de thermos à transporter. J’aurai mes nénés !

Et vous, vous avez pris la pilulle en allaitant au néné ?


PS: voici quelqu'uns des articles qui m'ont aidé
Contraception par pilule progestative et baisse de la sécrétion lactée  Evaluer une prise de poids lente



27 février, 2013

"Notre" allaitement

(aujourd'hui c'est maman qui dit)



Vous l’aviez peut-être lu en Septembre dernier, j’avais raconté mon expérience de l’allaitement - néné puis biberon - avec TJ, dans cet article. 

Pendant cette 2èmegrossesse, j’avais décidé, en parlant avec papa Gégou, de mettre en place un allaitement mixte pour petite sœur. Nous ne voulions surtout pas revivre la même chose que pour TJ: se sentir culpabilisé, stressé, désemparé : c’était fini ! Et je me sentais sereine, zen...

Je le suis toujours : même si rien n’est jamais acquis... (hein les copinettes ?!)

Alors comment ça se passe ?

Déjà, je ne sais pas si c’est parce que c’est la 2ème, ou parce que je savais que je pouvais compter sur le biberon dès le départ, ou si c’est parce que je me sens plus en confiance, tranquille, sans prise de tête : mais avec petite sœur, l’allaitement au néné c’est trop bien ! Et croyez-moi, surtout pour celles qui me connaissent bien, je ne suis pas du tout le genre « pro-néné », je suis plutôt « pro-fait comme tu le sens mieux ».

♥♥♥♥

Petit retour en arrière au 28 janvier dernier.

Après mon accouchement très émouvant, on nous emmène petite sœur et moi (collées en peau à peau) en salle de post-accouchement (et oui ça se passe comme ça aux Canaries) pendant 2h. Au bout de quelques minutes, une infirmière vient et me demande si je souhaite allaiter. Je dis « oui » et nous tentons la tétée de bienvenue...
... Petite soeur va alors téter pendant 25 minutes, pas moyen de la décoller, on est sidérés avec papa Gégou, émerveillés surtout ! TJ lui avait tenu 5 minutes ...

Pendant mon séjour à la maternité, petite sœur a bien mangé. Mais les lits ne sont pas pratiques pour une bonne position... De plus, elle était tellement petite (2kg785 pour 47cm) par rapport à mes nénés, qu’elle n’arrivait pas à s’accrocher correctement et j’ai eu vite une crevasse sur le néné droit : ça saignait, aïe aïe aïe.
Petite sœur avait aussi un autre « soucis » : elle dormait trop ! Et alors va faire téter un bébé au néné quand il dort... C’est impossible !
Le 1er soir, vers minuit, la puéricultrice m’a proposé de m’amener un biberon. Hanaé l’a bien pris et ça m’a permis de reposer mon néné blessé. A partir de là, j’étais « déclarée » sur la liste des infirmières comme « allaitement mixte » et toutes les 3h, j’avais droit au biberon tout prêt tout chaud (les biberons jetables c’est vraiment génial !).

Je ne l’utilisais pas à chaque fois, mais à la mater, une tétée type était :
  • je réveille petite sœur 20 à 30 min avant l’heure du biberon… en lui changeant la couche
  • je la fait téter 10-15 min chaque néné
  • puis si elle en veut encore : biberon ! Parfois le biberon remplaçait un néné ... C’était au feeling
Tellement au feeling que parfois je n’avais pas à cœur de la réveiller quand elle dormait plus de 3h, et du coup je me faisais engueuler par les puéricultrices ...

♥♥♥♥

Une fois à la maison, j’ai eu ma montée de lait. Je n’ai jamais trouvé ça douloureux (ce qui était douloureux c’était ma crevasse), certes très inconfortable je l’avoue... mais les tétées me « soulageaient » en quelque sorte.
Nous avons essayé de faire la même chose mais globalement elle ne réclamait pas le biberon après la tétée, elle s’endormait paisible et repue. Et puis, si elle réclamait, il était difficile de savoir quand il faudrait faire un biberon, quand compléter et quand juste la faire patienter...

Nous avons donc changé de stratégie.

Comme papa Gégou voulait s’occuper de petite sœur le soir à partir de 20h-21h, afin de me laisser me reposer, nous avons remplacé la tétée de 21h par un biberon. Puis également celle de 9h du matin, comme ça le week-end, je peux la laisser avec son papa le matin pour sortir avec TJ, aller faire des courses, etc... 
Cette stratégie marche également mieux pendant les pics de croissances. Si Hanaé réclame au moment d’une tétée, je la fais téter plus : ce qui augmente ma production et change mon lait pour le rendre plus nourrissant. Si elle réclame au moment du biberon, papa Gégou lui fait un autre biberon. C’est simple !

Petite sœur tète bien et de plus en plus vite. Au début c’était assez long, elle pouvait y passer jusqu’à 1h par tétée. Puis elle est devenue plus « performante » et en moyenne tète en 30 min.
Elle mange bien globalement mais elle met longtemps à finir ses biberons. Elle s’énerve un peu sur la tétine, et la rejette parfois... Pourtant elle boit toujours 30 à 60ml d’un coup au début, donc ce n’est pas un refus qui dit « oh mais moi je veux du vrai néné... ». 
Hanaé a surtout du mal à sortir des rots et très souvent positionne mal sa langue avec le biberon, si bien qu’elle n’arrive pas à aspirer... Merci d’ailleurs à Sophia qui avait le même problème avec Camille, ce qui nous a permis de nous en rendre compte ! Maintenant on essaye de coller la tétine du biberon vers son palais et ça marche assez bien.

♥♥♥♥

La journée, Hanaé a un bon rythme où elle dort seule dans son « pouf », sur le canapé (coussin d’allaitement plié en 2 avec une nacelle dessus : voir photo). Elle se réveille d’elle-même toutes les 3h, sinon je la réveille au bout de 4h de sieste. Elle pleure rarement et se rendort après la tétée. Donc, même si je fais pas de sieste, je peux me reposer... un vrai bonheur !

Le soir à partir de 19h-20h, elle commence à être grognon (comme tous les bébés, hein) et se sent plus apaisée dans nos bras, ou le transat en fonction vibreur (c’est magique !!!). Elle peut pleurer mais se calme toujours selon les positions « anti-coliques » que l’on adopte... Papa Gégou peut passer 2h à la faire sautiller sur ses jambes, c’est fatiguant mais elle se sent bien ! Parfois, boire un 2ème biberon la soulage également.

Après le biberon du soir, elle s’endort entre 22h et minuit et saute toujours une tété la nuit :
  • soit elle dort 22h-3h puis après la tétée jusqu’à 7h ;
  • soit 23h30-4h30 et même 5h45 la nuit dernière !

Heureusement qu’elle est à côté de moi dans son berceau car quand elle dort, elle ne pleure jamais, mais fait plutôt des petits bruits « rhrhrhhh » en cherchant le néné avec sa bouche et en se tétant les mains... ♥
Si elle veut téter vers minuit, je l’allaite allongée dans le lit, elle s’endort entre mes bras. Comme je ne suis pas super réveillée, je m’endors facilement... puis je me réveille plus tard (cododo gratuit ! LOL) et je la dépose dans son berceau, paisible !
Si elle tète vers 3h du mat, je vais m’installer sur le canapé, je lui change généralement sa couche entre les 2 nénés. Je me calle bien avec des coussins car il m’arrive souvent de m’endormir... je me réveille plus tard, avec petite sœur qui dort dans mes bras... et je la dépose dans son berceau, toujours paisible !


♥♥♥♥

En fait, je me rends compte que je suis beaucoup moins stressée et plus patiente avec Hanaé, comparé à TJ. Par exemple, si pour une tétée, elle passe plus de temps, et bien je la laisse, sans essayer de comprendre le pourquoi du comment... Je me sens également bien dans mon corps et je pense que ça joue beaucoup : je n’ai pas mal car ma crevasse est partie.

Surtout, je ne m’angoisse pas à chaque changement de rythme
 car je sais déjà que rien n’est jamais acquis.

Si elle réclame au bout de 2h au lieu de 3h, j’essaye de la faire patienter : et je me rends compte dans ces cas-là que très souvent, elle se tète les mains davantage pour se rassurer car elle a mal au bidou, plutôt que pour manger. Bien sûr il lui arrive d’avoir vraiment faim (ou soif ! on oublie souvent ça...) et de pleurer, alors là, c’est tétée (ou biberon selon l’heure).
Mais, très souvent, on chante, on la berce, on lui donne un doigt à téter et elle se rendort, certes dans nos bras, mais paisible, sereine et ça c’est le plus important ♥.


bon il est 13h et elle devait téter à 12h... j'ai pas le ♥ à la réveiller


24 septembre, 2012

Une maman faible, égoiste ? ou juste une maman différente ?

(le lundi c’est maman qui dit)



Souvent je lis des articles sur des mamans qui allaitent longtemps et qui adorent, sur des mamans qui dorment avec leur petits pendant longtemps et qui adorent.
Je suis admiratrice de leur courage, leur dévouement, leur persévérance. Je ne les envie pas mais je suis toujours curieuse de savoir comment elles y arrivent. Je ne me sens pas coupable de ne pas faire pareil. Je ne me demande pas qui a raison, ou quelle est la meilleure façon d’élever son enfant : chacun fait comme il veut, tant que l’enfant est aimé et bien traité, c’est le plus important ♥.

Mais parfois je me demande…

Et si moi j’écrivais un article sur comment j’ai allaité au sein mon TJ peu de temps, comment je suis vite passé à l’allaitement mixte (au bout de 1 mois), comment j’ai arrêté le sein à 3 mois. Comment TJ a toujours dormi dans son lit (sauf quelques cododos en fin de nuit après la tété de 4h du mat, et en cas de maladie) et comment il a dormi dans sa chambre à partir de 5 mois.

Que penseraient ces mamans si elles me lisaient ? 
Penseraient-elles que je suis une maman faible, une maman égoïste ? 
ou juste une maman différente…

Je me pose souvent cette question car je lis beaucoup d’articles de mamans pro-allaitement au sein, pro-cododo, etc… Très souvent des articles avec un ton militant, comme si ces mamans sentaient le besoin de se défendre d’être une exception… Alors que sur la toile, du moins dans mes lectures, elles sont en fait nombreuses. C'est une bonne chose, je le constate simplement.
Au contraire, je tombe très rarement sur des articles de mamans qui sont plus comme moi. 

Ces mamans ont-elles peur d’être jugées si elles parlent de leur choix ? 
Ont-elles peur d’être l’exception ? 
Où sont ces mamans ??

C’est dommage, parce qu’en fait nous aimons nos enfants tout autant, nous avons juste une expérience différente de la maternité. J’avais commencé à écrire « vision différente » mais en fait ce n’est pas toujours le cas, car souvent on partage les mêmes opinions. Par exemple, je reconnais les bienfaits de l’allaitement au sein.
Je connais beaucoup de mamans dans mon entourage qui comme moi ont souffert à essayer de continuer à donner le sein alors qu’elles n’en pouvaient plus, beaucoup de mamans qui se sont senties coupables de donner le biberon alors qu’elles n’avaient rien fait de mal. C’est dommage. Il y a comme une pression sur les épaules de ces mamans, une pression qui ne devrait pas exister.


Une fois n’est pas coutume, je vais parler de mon expérience, ni mieux, ni moins bien, juste différente… 
Et peut-être que d’autres mamans s’identifieront et se diront « ah mais moi aussi j’ai fait comme ça, c’est cool je suis pas la seule » ou « ah moi aussi je n’en peux plus, alors je peux arrêter, je ne suis pas une mauvaise mère pour autant. »

Donc, voilà mon expérience de l’allaitement, sans jugement ni comparaison, juste les faits :

Dès le début de ma première grossesse, les sages-femmes, les collègues m’ont posé la question fatidique :
vas-tu l’allaiter (au sein) ?? 

TJ - 8 semaines
J’étais souvent déroutée par cette question car je n’avais pas de réponse toute faite, pas d’avis arrêté sur la question. Alors je disais « j’essaierai et on verra ». Ça faisait souvent grimacer mon interlocutrice comme si j’avais dit un truc horrible.
Mes sœurs et moi n’avons pas été allaitées et nous n’avons pas de problèmes de santé majeur donc je ne « diabolise » pas l’allaitement au biberon. Pour moi, ce n’est pas un choix moins bon que le sein, juste différent. En Angleterre (où TJ est né), le biberon est très décrié et dans les hôpitaux, les affiches pour l’allaitement au sein sont toutes les 2 mètres (je n’exagère pas). Les campagnes pro-allaitement au sein diabolisent beaucoup le lait en poudre et leurs slogans peuvent facilement culpabiliser les mamans qui ne choisissent pas de donner le sein. 
Durant mon séjour à la maternité, il y avait cette maman qui préparait ses biberons discrètement, en cachette presque… Mais pourquoi ?

Quand TJ est né, la sage-femme me l’a mis sur moi pour le peau à peau pendant plus d’une heure, c’était un moment magique ! Il a avancé sa petite tête vers mon sein et s’est mis à téter… C’était une sensation bizarre car inconnue mais agréable. J’ai donc commencé à lui donner le sein.
Le 1er mois, je lui ai donné le sein exclusivement. La sage-femme m’avait expliqué comment le positionner et c’était facile. Mais TJ pleurait beaucoup et je ne savais jamais si c’était la faim. Je le laissais 30min au moins sur chaque sein mais il s’endormait au bout de 5/10 min et pleurait 30 min plus tard. Ça m’angoissait beaucoup de ne pas voir ce qu’il buvait, surtout qu’il ne grossissait pas beaucoup.

En plus de mon prurit géant sur les jambes (P.U.P.P.P), j’avais des douleurs, des crevasses sur les seins. Je passais mes nuits à me gratter jusqu’au sang… Nous étions seuls Papa Gégou et moi car expatriés loin de nos familles. Bref une fatigue physique et mentale…
Papa Gégou voulait m’aider alors j’ai acheté un tire-lait manuel. La première fois que j’ai tiré mon lait (TJ avait 15 jours), je me suis tellement déshydratée que j’ai eu une diarrhée fulgurante (c’était pas beau à voir). Je tirais mon lait tous les matins, ça me fatiguait encore plus pour pas beaucoup de quantité : juste assez pour un biberon le soir.
Au bout d’un mois, on s’est dit qu’on pourrait remplacer le biberon (de mon lait tiré) du soir par un biberon de lait en poudre…

Le premier soir, on a sorti la boite de lait en poudre, on s’est regardé, on se sentait mal, on se souvenait des affiches à la maternité, des slogans des campagnes pro-allaitement… et on avait comme l’impression qu’on allait empoisonner notre bébé... mais pourquoi ? On allait juste lui donner du lait.

On a du rentrer et sortir la boite du placard au moins une dizaine de fois…

Puis on a fait ce biberon. TJ l’a bu en entier, il n’a pas pleuré en voyant le biberon donné par son papa, n’a pas refusé la tétine du biberon, et cette nuit là, a dormi d’une traite.

Alors pourquoi s'était-on sentis coupables ?

On a continué, un biberon de lait en poudre tous les soirs : on donnait à manger à notre bébé, il dormait bien, prenait plus de poids. J’étais plus sereine, le papa plus serein car il pouvait m’aider, TJ plus serein car les bébés ressentent tous.
Jusqu’à ses 3 mois, j’ai graduellement introduit des biberons de lait en poudre la journée (1 par journée en plus, chaque semaine) et TJ les acceptaient. Vers la fin je ne lui donnais le sein que la nuit. Quand il a commencé à faire ses nuits régulièrement, sans demander de lait, vers ses 3 mois donc, nous l’avons sevré du lait maternel.

Je m’arrêterai là car sinon je vais écrire un roman et commencer à vous saouler…

Je voudrais juste finir en disant qu’après cette expérience, je me sens beaucoup plus sereine pour petite sœur. Nous avons décidé qu’elle aura un allaitement mixte.
Je suis ravie à l’idée que papa Gégou et TJ (et papy et mamie) pourront m’aider.
TJ sait que dans « les nénés de maman, y’a du lait pour la petite sœur » mais il sait aussi qu’il pourra lui donner le biberon et il en est déjà très fier. Je pense que ça va le responsabiliser et aider à la transition fils unique à grand frère qui peut être difficile : il se sentira utile et je ne serais pas en permanence occupée à donner le sein.
Ce seront des moments que nous pourrons tous partager, et ça me rend sereine d’y penser.

Est-ce que ça fait de moi une maman faible, égoïste ? 
ou juste une maman différente ?

(Mais en fait pas si différente …)


TJ - pieds   octobre 2009