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05 avril, 2015

Ma vocation ♥

(aujourd'hui c'est maman qui dit)



Princess day : Mymy "Elsa" et Hanaé "Anna"
Vous avez du remarquer que depuis Janvier, je suis moins présente sur la blogosphère. Pour ceux qui ne le savent pas encore, je suis enfin une working mum : après 5 ans d'arrêt, 2 bébés, et 2 déménagements internationaux, j’ai enfin retrouvé du travail au bout de 3 mois de vie à Dubaï ! 
C’était quand-même un des buts de déménager ici… 

Ce boulot, je l’avais en tête depuis un moment, surtout depuis que j’ai découvert l’éducation respectueuse, j’avais envie de mettre en pratique toutes mes lectures, professionnellement, pas juste avec mes enfants. 
Ce boulot, j’en rêvais depuis longtemps, même avant de travailler en collège. Ce boulot je ne pensais pas pouvoir le trouver si vite et si facilement...


Depuis Janvier, je suis "nursery teacher", on peut dire "éducatrice en garderie" mais ici à Dubaï, je n’ai pas besoin du diplôme comme en France, mon diplôme de professeur suffit. D’ailleurs la directrice lors de l’entretient me l’a bien dit « tu es beaucoup trop qualifié, tu pourrais travailler en collège et gagner 3 fois plus, ça ne te gêne pas ? » - « NON ! »


Évidemment, je pourrais comme papa Guégou, gagner 3 fois plus, et continuer à enseigner le français à des adolescents. Je pourrai passer mes week-ends et mes soirées à corriger des cahiers, noter des tests, préparer des leçons. Je pourrais aller au boulot le matin, stressée, sous la pression imposée par l’obligation de résultats, angoissée des progrès de mes élèves. Je pourrais passer de longues journées à essayer de faire comprendre encore et encore le passé composé à des classes de 25 ados qui n’ont pas envie de comprendre…


Au lieu de ça, je travaille de 7h30 à 13h. Je pars tous les matins, heureuse et super excitée de retrouver mes petits deuzans. J’ai la chance d’aller au travail avec ma petite Hanaé, qui va à la garderie gratos, dans une autre classe of course ! (avantage de mon contrat). Je me sens vraiment dans mon élément, motivée et ambitieuse pour la suite. Je fais vraiment ce que je voulais faire depuis très longtemps, depuis que je suis devenue prof en fait.


Mes amis français, un peu curieux de savoir si c’est différent ici, 
me demandent souvent en quoi consiste mon travail exactement…


Je travaille dans une grosse garderie qui a 3 établissements à Dubaï. Dans le miens, il y a au moins une vingtaine de classes, et les enfants ont de 3 mois à 4 ans. Ma classe c’est "Minnie Class" et pour les petits, je suis "Miss Mymy". 
Je suis "maman" de 17 deuzans : mes bébés sont Emirati, quelques Egyptiens et Indiens, une petite Grecque, des Chinois, des Palestiniens, des Canadiens, et un petit Bulgare. 
Avec moi, pour m’aider, j’ai 3 fabuleuses TA (Teaching Assitants ou ATSEM en français). Elles sont philippines et sri-lankaise. Un vrai melting-pot made in Dubaï.

De la grande patronne, en passant par la directrice, les superviseurs, les profs, les Atsem, nous ne sommes que des femmes, dont une majorité de mamans… Il y a une super ambiance, une entraide impressionnante, des soirées au resto, déjà plein de bonnes copines.

Dans ma garderie, on a un planning fixe par trimestre pour savoir dans quel lieux on va, on change d’endroits toutes les 30 minutes. La garderie est divisée en classes bien sûr, mais il y a aussi des pièces de jeux thématiques : le café, où on peut jouer à la cuisine et à la marchande, la "softroom", sorte de pièce matelassée du sol aux murs où on fait de la gym, l’auditorium pour danser et faire du sport, les "playgrounds" ombragés avec leurs bacs à sable et leurs toboggans, le jardin sensoriel, la piscine, etc…

Chaque mois, nous avons une couleur, une forme et un thème différent, autant d’inspirations pour de multiples journées à thème : la journée rose, la journée orange, la journée princesse, la fête internationale du livre, la journée internationale, la fête des mères…


Mon petit chaperon rouge pour "la journée international du livre"



Chaque semaine, je planifie des activités de crafts et des jeux. 
Chaque jour, je fais des câlins, des bisous, je rassure, je sèche des larmes. Je parle anglais, un peu d’arabe, quelques mots de chinois (merci Sophia) et de grec. Je joue, je danse, je cours, je mouche des nez, j’essuie des joues pleines de nourriture, j'aide à manger, je chante beaucoup de chansons, je lis des livres, je rigole, je peins avec mes mains, je décore, je coupe, je colle, je dessine, je fais des courses à 4 pattes sur des matelas, je danse, je fais du tricycle, je fais des pâtés de sable, j’arrose les plantes… 
Je fais beaucoup de sportcasting… 

Pas mal de mamans me demandent comment je peux avoir la patience et la motivation de m'occuper de 17 petits deuzans à la fois... Je n'ai pas trop de réponse, je pense qu'il y a des personnes faites pour ce genre de travail, et d'autres non.

Et puis je vis et j'observe des choses magiques…


Deux petites qui apprennent toutes seules à jouer ensemble


Le jour où les animaux de la ferme sont venus


Séance de déguisement, improvisée... et on danse

International Day : habits et nourriture traditionnels

Activité autours du thème "Frozen" (La reine des neiges) : jouer avec des glaçons


Séance de lecture improvisée par les filles


21 mars, 2015

Le jour où j’ai lâché prise sur la nourriture…

(aujourd'hui c'est maman qui dit...)


Plusieurs semaines que je n’ai pas écrit…

Peur de « jinxer » le truc, de porter la poisse…

Finalement je vais quand-même en parler, ça peut toujours aider une autre maman en détresse.

Si vous me lisez depuis longtemps, vous savez que mes enfants adorent dormir, mais manger c’est un vrai challenge, par période c’était même devenu une lutte, un cauchemard, une inquiétude de tous les jours. 



Pique-nique au parc - Décembre 2014
L’été dernier, nous étions en plein déménagement, Hanaé prenait encore ses doses de poudre spéciale pour grossir. On avait un petit rythme de croisière sympa ou elle mangeait assez bien, les 3-4 petits pots qu’elle préférait, des compotes. Elle n’arrivait toujours pas à manger des morceaux à 18 mois, petite bouche, pas beaucoup de dents, tendance à vomir, etc… 

En Juillet elle a commencé à tout refuser, 
sauf le biberon. 
Elle se nourrissait essentiellement 
de lait entier, blédine et sa poudre spéciale. 

Après notre expérience avec son grand-frère, on savait qu’il ne servait à rien de forcer. Bien-sûr l’inquiétude était là et il y a eu des cris inutiles, des crises qui n’ont servi à rien. 




Puis un jour elle a mangé un petit suisse, elle aimait bien, mais toujours pas de purée de légumes, ni de morceaux. Alors un soir j’ai tenté de mettre du petit suisse sur la cuillère, avec sa purée : je ne me suis pas caché, elle a très bien vu ce que je faisais, ce n’était pas une astuce pour la berner, ce n’est pas comme ça que je veux traiter mes enfants : même à 18 mois elle n’est pas stupide et je me suis engagé à traiter mes enfants de façon respectueuse. Bref devant elle, j’ai pris une cuillère de petit pot puis du petit suisse et elle l’a mangé avec beaucoup d’appétit, elle a fini sont premier petit pot (+petit suisse) depuis 2 mois. On a commencé à en faire une habitude. En parallèle, on s’est rendu compte qu’elle aimait bien la purée mousseline.

Donc, pendant plusieurs semaines, son régime alimentaire était purée de patate à midi, quelques morceaux de fruits mâchouillés, et petit pot+petitsuisse mélangé le soir, avec 2 biberons, matin et soir. Certaines mamans qui lisent vont sûrement penser « mais quels parents indignes… », pour nous elle mangeait, dans le calme, et c’était le plus important.

J’ai régulièrement proposé sans forcer, des trucs différents, surtout des morceaux de nourriture, de la viande, du poulet, des pâtes du riz… Elle ne mangeait aucun morceau, elle jouait avec, c’était tout. J’ai complètement lâché prise, et du coup je ne me suis plus énervé du tout : je l’ai laissé découvrir, je m’étais fait une raison, j’aurai du nettoyage après, voilà tout.

Elle continuait son régime à base de purée, et « suissui » (petit suisse), puis elle a commencé à se lasser de la purée et ne voulait manger que le petit suisse.

On était au mois de Novembre, Hanaé ne voulait plus manger aucune purée, elle voulait croquer des morceaux : j’ai arrêté d’acheter des petits pots, j’ai commencé à lui mettre en petit morceaux sur sa tablette, la même chose que l’on mangeait : on n’a même pas essayé de l’encourager, c’était le repas, point final.

Mars 2015


Je me suis rappelé d’un article RIE (l’éducation respectueuse que je pratique) sur les 6 étapes pour avoir un repas sans crise et sans conflit…

1. Enlever toute émotion dans nos reactions : bien sûr ne pas s'énerver si il ne mange pas, mais aussi ne pas congratuler s'il mange : manger c'est normal pour vivre et remplir son estomac. Point final.
2. Arrêter les jeux pour faire manger genre faire l'avion, etc... Ecouter son enfant, s'il dit non meme après 3 cuillières, c'est fini, il mangera mieux au repas d'après.
3. Offrir des petites quantités de nourriture : par exemple pour TJ je lui met 2 petits pois dans son assiette de pâte, etc..
4. faire une assiette variée avec plusieurs aliments différents dedans (genre un peu de viande, un peu de pâtes, un peu de légumes)
5. Ne pas se forcer à manger avec les enfants, on est souvent plus relax pour gérer.
6. Limiter les snacks entre les repas.


Depuis Novembre, il y a un repas unique pour tout le monde à la maison, on ne cuisine pas des trucs extravagant en sauce, on n’essaye pas de cacher les légumes, on met juste des petites quantités. Parfois c’est du pique-nique. Hanaé mange du riz, des pâtes, des gnocci, du saumon, du poulet, de la viande hachée, de la pizza, de la tarte, des fraises, du pain, des biscuits, du fromage, et plus aucune purée. 

Nous avons totalement lâché prise, 
parfois elle a moins d’appétit et 
souvent elle va ne manger que 2 ou 3 morceaux, pas grave. 
Quand elle s’arrête c’est fini. 
À midi on complète avec 2 petits suisses à la fin, et le soir un biberon. 


À Noël, je suis arrivé chez mes parents les mains dans les poches, Hanaé et TJ ont mangé comme les adultes, de l’apéritif et ensuite de la lotte en sauce avec des petits légumes et du riz : j’étais complétement détachée, pour la 1ère fois de ma vie pas du tout angoissée de n’avoir rien préparé… Hanaé et TJ ont dévorés leur assiette.

Puis est arrivé le moment de la visite des 2 ans de Hanaé, fin janvier. J’avoue que là j’ai balisé de ce que le docteur allait me dire. Je suis un peu traumatisée par le discours des docteurs espagnols qui me culpabilisaient à chaque fois que je commençais à lâcher prise. 
Mais maintenant on est à Dubaï et notre médecin de famille est cool. Donc vient le moment de marquer le poids sur la courbe, et là, point de carnet de santé, elle me sort la courbe de l’OMS, je suis joie !!! Hanaé fait 9 kilos et des poussières, sur la courbe de l’OMS elle est dans la partie basse, mais c’est bon, pas de soucis. 


Ma pépette de 2 ans ne fait pas encore 10 kilos et on reste cool.


Avec le recul, je me rends compte que les progrès ont en fait commencé l’été dernier, pendant les soucis liés au déménagement et au changement de pays : on a suivi notre fille, on a respecté ses choix, on a arrêté d’angoisser. On revient de très très loin, ça me paraissait insurmontable mais en fait c’était si simple… 

Juste suivre notre fille, la respecter, rester sûr de nous et lâcher prise…








05 novembre, 2014

Tous ces petits détails que je ne veux pas oublier…



Avec le déménagement à Dubaï, les démarches administratives, l’installation, je n’ai pas eu le temps de faire l’évolution des gnougnou depuis le moi d’avril. 

Mais, tous les jours j’essaye de retenir ces petites choses adorables et mémorables dans ma tête, tous ces petit détails que je voudrai pouvoir leur raconter plus tard, tous ces petits mots que je ne veux pas oublier …



Hanaé…

Qui m’offre son plus beau sourire forcé genre "wallace et groomit" quand elle sait qu’elle a fait une bêtise

Qui est dans sa phase « 1 mot, 1 consonne » : le papo, le dado, man-mer, le l’eau, touter, boiii, yayo, caca papue, etc… (chapeau, sac à dos, manger, de l’eau, gouter, boire, maillot, caca ça pue)

Qui répète tout ce qu’elle entend et notament un peu d’anglais : « hello » « byebye » et « kank you » (thank you)

Qui appelle tous les hommes des papas et les femmes des mamans : ça donne des moments savoureux à l’entrée chez l’ophtalmo « hello papa ! »

Qui s’occupe de ses poupées comme de bébés, me vide toutes les lingettes pour les laver, leur fait des bisous et les met au lit en disant « dodo, chuuuu »

Qui se ballade toujours avec une seule chaussure ou chausson. Papa Guégou l’a surnommé "oneshoe" (prononcé à la chinoise oanneshoo)

Qui danse et chante devant les comptines à la télé, surtout "Bibule" (Barbibule des Barbapapa)

Qui adoooooore le bain et la pisci

Qui au retour de l’hopital me raconte son opération du haut de ses 20 mois : « foiiiii, dodooooo… mallll aïïïe… dodoo » - traduction : « j’avais froid, j’ai fait dodo, j’avais mal aïe, j’ai fait dodo »

Qui adore les « cohichon » (cornichon) mais fait une espèce de grimace/frisson hillarant à chaque fois qu’elle commence à en manger un.

Qui dit « chauuuuud » à chaque fois qu’on sort de la maison ou qu’elle commence à manger sa purée (et alors elle s’applique à bien souffler sur la cuillière)

Qui veut toujours chanter la même chanson ou lire le même livre « ‘core » (encore !!! )

Qui a toujours peur que j’oublie de lui mettre la 2ème chaussure : « l’aut’ laut’ » (l’autre !)

Qui adore le playgroup du jeudi matin où elle peut faire de la gym, sauter, ramper, se pendre, rouler, glisser comme une grande.


Qui a le plus beau regard du monde maintenant que le strabisme a été corrigé ♥




TJ…

Qui profite à fond de cette nouvelle vie dans le lotissement où il peut sortir à sa guise pour jouer avec les voisins.

Qui fait du vélo comme un grand et même souvent trop vite car il veut toujours gagner la course, au prix de ses dents, sa bouche fendue, ses jambes pleines de bobos…

Qui fait sa petite bouche pincée quand il est fière d’avoir fait qque chose mais un peu gêné aussi

Qui nous fait des explications à rallonge sans queue ni tête avec des « parce que en fait »

Qui nous sort des truc genre « non mais maman les 4x4 ici ils se prennent vraiment pour des voitures de courses ! »

Qui boutonne sa chemise d’uniforme avec beaucoup de concentration le matin

Qui avant le diner demande si c’est bientôt « le midi du soir »

Qui mangerait tout et n’importe quoi avec du ketchup s’il le pouvait

Qui adore se déguiser

Qui a des lubies pendant des semaines : en ce moment c’est Cars le film 1 et 2, il se regarde les courses en boucle

Qui me lance de « je t’aime je t’adore » et la minute d’après des « vilaine maman, t’es qu’une petite ingrat ! » 

Qui me raconte sa journée d’école dans un franglais mémorable en oubliant des trucs importants mais avec des détails qui tuent genre « j’ai joué avec les filles tu sais, moi j’étais le dog et puis Bella c’était la mummy et Neda c’était la daughter »

Qui va toujours à la piscine du lotissement (à 10m) en vélo avec sa serviette sur les épaules et qui revient avec les « goggles » sur les yeux : c'est son triathlon ...


là il était pas en maillot ♥



.... bientôt je vous promet des nouvelles de Dubaï 

20 mars, 2014

Laisse ton enfant jouer … (l’éducation respectueuse RIE #6)




Le saviez-vous ? 
Nancy Carlsson-Paige est professeur d’université, spécialiste dans l’éducation des petits… Et surtout c’est la maman de Matt Damon ! Alors of course, les journalistes lui demandent souvent comment elle a réussi à élever 2 enfants artistes aussi équilibrés (le frère de Matt est aussi artiste). Voilà ce que j’ai appris en lisant sa réponse…

En fait, il n’y a pas de réponse simple : beaucoup de choses dans la vie de nos enfants échappent à notre contrôle. Ils ont leur propre caractère, leur propre tempérament. Mais une chose est sûre, les parents sont la plus grande influence dans la vie d’un enfant, ce que nous faisons influence surtout la façon dont ils apprennent à gérer les stress de la vie.


Une dimension essentielle d’une base solide dans la vie est le jeu, 
et surtout laisser son enfant jouer tout seul. 

Le jeu est l’outil le plus important que les enfants utilisent pour faire face à la vie et lui donner sens. Quand un enfant est confus ou effrayé, il se sert du jeu. Grâce à son imagination, il « revit » certaines situations jusqu’à ce qu’il éprouve un sentiment de maitrise. C’est comme ça que l’enfant gère au quotidien, c’est crucial pour qu’il se sente en sécurité et qu’il reste résiliant ; et c’est vrai dès la naissance.
Alors là je dis merci Nancy, j’étais loin de me douter que « laisser son enfant jouer tout seul » était aussi important, surtout que Janet Lansbury (mon inspiration R.I.E) nous offre encore plein d’autres raisons. 

Maintenant, concrètement, comment je fais ? 
Et surtout, si je pense que je le fais déjà, est-ce que je le fais efficacement?

C’est là que l’éducation respectueuse selon RIE entre en jeu (ah je suis trop forte, quel jeu de mot !) et nous donne des super conseils : certains sont assez contre-intuitifs. Je dois dire que depuis le début que je pratique RIE, j’ai lu beaucoup de façons de gérer cataloguées "bizarre", mais là je découvre une dimension qui peut paraître plus difficile, et pourtant tellement plus simple pour les parents.

Moins on en fait, mieux c’est.
Je vous explique…


1. Laisse ton enfant choisir ses jouets

Bien-sûr en fait c’est toi qui les mets à sa portée nonchalamment… 
Pour ses groupes de "toddlers", Janet Lansbury prépare la séance de jeu en mettant sur des matelas, des jouets, mais aussi des saladiers de toutes tailles, des boules en tout genre, etc… Après les bébés sont libres de jouer avec ce qu’ils veulent, comme ils le veulent.
Les petits jouent plus naturellement avec des objets de la vie courante qu’avec de vrais jouets : des bols, des récipients, des pinces à linge, des boites, des sacs. Il ne faut pas les empêcher, c’est meilleur pour leur développement. Les enfants n’ont pas besoin de jouets avec des touches qui jouent de la musique, d’ailleurs souvent ils sentent frustrés parce qu’ils ne savent pas les faire marcher correctement… Jusque là c’est pas trop difficile, ça rentre dans la théorie de la motricité libre.


2. Ne lui montre surtout pas comment jouer

Combien de fois nos enfants viennent vers nous avec un jouet quelconque et là on leur montre comment jouer "comme il faut" ? On croit bien faire, on croit leur apprendre. 

« Faites attention à ce que vous leur enseignez. Ça pourrait interférer avec ce qu’ils apprennent » 
 Magda Gerber (fondatrice de RIE)

« Quand vous montrer quelque chose à votre enfant, vous lui enlever pour toujours 
la possibilité de l’avoir découvert par lui-même » 
Jean Piaget 

Quand un petit nous amène un jouet, il suffit juste de le prendre, lui dire merci puis lui redonner, s’il n’en veut pas, on le pose, mais il faut surtout essayer de ne pas montrer comment s’en servir. On fait confiance à son enfant, on l’observe et on découvre sa créativité, une autre façon de jouer. On l’encourage à explorer et découvrir par lui-même : on l’aide à construire sa confiance en soi et c’est crucial pour tous ses apprentissages futurs.

Exemple : si on donne de la pâte à modeler à un petit de 2 ans et qu’on s’assoit pour l’observer, il va jouer gaiement pendant un long moment : il va l’aplatir, la rouler, la twister, etc… Après plusieurs semaines (ou mois) il va essayer de faire des choses. Mais si on lui montre tout de suite comment faire des animaux, il perdra vite intérêt. Il ne saura pas comment faire et il nous demandera de le faire pour lui… Au final c’est le parent qui joue et pas l’enfant.


Il a fallu plusieurs jours à Hanaé pour comprendre toute seule qu'elle pouvait mettre les pinces à linge dedans...


3. Laisse-le gérer les moments difficiles

Quand Hanaé joue, explore l’appartement, marche, pousse des jouets, il lui arrive de trébucher, de se cogner, de coincer son jouet, de tomber. Le plus souvent, elle ne s’est pas fait mal, elle n’a pas besoin de mon aide, elle gère toute seule, se relève et continue son activité. 

Hier, dans la salle d’attente du docteur, j’ai dû dire "non" à 4 parents différents qui se sont précipités vers ma fille pour la relever. Bien-sûr ça partait d’une bonne intention…
Mais qu’est-ce qu’on apprend à notre enfant si dès la moindre difficulté, on ne lui donne pas l’opportunité de gérer tout seul ? L’enfant grandit en pensant qu’il ne peut rien faire sans papa ou maman.

Attention, il ne s’agit pas du tout d’ignorer son enfant. Je suis là à côté, je surveille ma fille, si elle a coincé son pied ou son jouet et qu’elle commence à chougner, j’attends d’abord, le plus souvent elle arrive à s’en sortir toute seule, sinon je lui parle « regarde si tu lèves le pied, tu peux sortir… regarde le fil est coincé sous le sac… ». Si elle s’est fait mal et qu’elle pleure, je m’accroupi où je suis mais je la laisse venir vers moi pour le câlin, sauf en cas de danger bien-sûr. 

Son sourire quand elle y arrive enfin toute seule, n’a pas de prix. 
Et là je serais tentée de lui dire « bravo ! » mais c’est mieux de lui dire « tu l’as fait », « tu as levé ton pied », « tu as bougé le sac » : je reconnais son effort plutôt que sa réussite. C'est peut-être insignifiant mais pour le jour où elle n’y arrive vraiment pas, je pourrais également reconnaître son effort et éviter un sentiment d’échec.
Ça peut paraître bizarre d’agir comme ça, mais tous ces brefs moments d’accomplissement sont la base de sa confiance en soi, de son désir d’apprendre, de son imagination, de son indépendance et de sa détermination : toutes les choses que l’on rêve pour notre enfant.


4. N’oblige pas ton enfant à partager

Je crois que là on va aller à l’encontre de l’intuition de beaucoup de parents, mais encore une fois il faut faire confiance à son enfant, lui donner l’opportunité de prendre la bonne décision, de faire le bon choix.
Quand 2 petits jouent ensemble, on observe souvent que dès que l’un prend un jouet, il devient immédiatement intéressant aux yeux de l’autre qui va soudainement essayer de lui prendre des mains.
 
Et là qu’elle est notre intuition de parent ? 
Immédiatement on va lui dire « non », 
on va lui enlever le jouet, lui demander de « partager ». 

Avant tout, il faut comprendre qu’en prenant le jouet, l’enfant veut en fait dire à son copain « je veux jouer avec toi », « waouh c’est quoi ce super jouet » « j’adore la façon dont ça bouge, ça m’intrigue, je veux essayer aussi » : c’est en fait une invitation au jeu, une tentative de socialisation : tout le contraire de ce qu’on aurait pensé. 
Et tant que les adultes autours restent calme, sans juger ni obliger quoi que ce soit, la "victime" est rarement contrariée, et le jeu continue sans problème.




La prochaine fois je vous parlerez de la technique du « sportcasting »
 (commentateur sportif) 
pour aider à dénouer ce genre de situation, surtout entre frères et soeur.



10 mars, 2014

Avoir un bébé de 13 mois qui fait 7kg

(aujourd'hui c'est maman qui dit...)



J’ai l’air sereine comme ça, j’en parle pas trop. J’essaye de ne pas m’inquiéter, ma fille se développe bien, elle marche depuis ses 11 mois et demi, elle est très agile, très active, très éveillée : elle commence même à escalader... Quand elle n’est pas malade, elle a bon appétit et mange bien, même si elle a le vomi facile comme son frère : un goût amer, un petit grumeau, une texture différente, et pouf ça ressort direct.
Là ça fait 1 bonne semaine qu’elle est malade, d’abord conjonctivite puis cette forte fièvre et maintenant le rhume avec les glaires. Comme tous les bébés malades, elle n’a pas trop d’appétit et le glaires la font vomir plus facilement le peu qu’elle mange.
Mais tous les bébés ne font pas 7kg à 13 mois. Tous les bébés ne sont pas suivi par un pédiatre gastro-entérologue à l’hôpital, tous les bébés n’ont pas à prendre 2 dosettes de poudre énergétique spéciale  "enfant malnutri" par jour.


Quand je vois des mamans de "gros bébés" qui s’inquiètent d’avoir encore à renouveller les vêtements de leur petit, de trouver une poussette dans laquelle il rentrera plus tard, je comprend leur soucis, mais j’aimerai pouvoir échanger leurs inquiétudes contre les miennes. 

On a beau ne pas essayer de culpabiliser, c’est très difficile. 

Ça commence pendant la période d’allaitement, quand le docteur sous-entend que mon lait n’est pas assez nourrissant, puis les repproches quand j’arrête le médicament anti-reflux qui la fait vomir (franchement ça sert à quoi si elle vomi le médicament). Ça continue quand la pédiatre veut la peser toutes les 2 semaines et la réfère à un spécialiste du système digestif à l’hopital. Ensuite il y a tous ces tests de pipi, caca, et prise de sang, venir à l’hôpital avec un bébé de 11 mois en sous-poids, à jeun à 8h du matin, pour attendre 1h dans une salle d’attente avant de pouvoir lui faire sa prise de sang, la voir hurler quand ça ne marche pas dans le bras gauche, se demander si tous ces tests ne sont pas inutiles mais les faire quand-même, pour savoir, pour que les docteurs la laissent tranquille…

Ensuite vient l’attente puis le rdv et le verdict : toujours rien, R.A.S, mon bébé n’a aucune carence, aucun germe dans le caca ou infection urinaire quelconque. Mais en 3 mois elle a pris moins de 1kg, sa courbe de poids qui depuis sa naissance est en dessous de toutes les courbes du carnet, stagne. Malgré la fin de mon allaitement, et l’introduction des biberons de lait, Hanaé ne grossit pas plus vite qu’avant. Je me dis, bein voilà c’est son tempérament, ce n'est la faute de personne, et puis elle a toute sa vie pour grossir.

Mais le spécialiste, lui, est inquiet pour la santé de Hanaé : il veut l’aider à faire des réserves au cas où elle serait malade, pour ne pas qu’elle perde de poids - "votre petite fille est plus fragile face aux virus madame"... Bam ! Mauvaise mère que je suis de n’avoir pas pensé à ça …

Donc maintenant, on doit rajouter cette poudre énergétique à tous ces biberons : on a essayé dans la purée mais elle ne se dissout pas correctement, c’est inmangeable. La préparation des biberons est devenue technique pour éviter les grumeaux qui pourraient la faire vomir.



Je vois que les petits qui ont le même âge, commencent à manger des morceaux dans leur purée : c’est impensable pour Hanaé, elle a une petite bouche et seulement 4 dents, elle n’y arrive pas, elle avale tout rond et donc revomit. Elle ne mange pas non plus de yaourt, je les ai tous essayé, elle n’aime pas. J’ai du abandonner les purées et compottes maison dont elle mangeait 2 cuillières puis refusait ou vomissait le reste. J'essaye de temps en temps mais elle n'aime toujours pas : ce soir papa guégou mangera ma bonne purée patate-haricot-verts ...

Hanaé n’a pas le loisir d’expérimenter et de découvrir la nourriture autant que je le voudrais : je ne peux pas appliquer les conseils genre « laisse la manger toute seule, réessaye la purée maison, donne lui des morceaux (Baby Led Weaning), tu verras elle s’habituera et mangera de plus en plus ». Non c’est maintenant, tout de suite, tous les jours qu’elle doit manger correctement, qu’elle doit finir le petit pot de 200g, qu’elle doit boire son lait jusqu’au bout parce que y’a la poudre énergétique dedans : pas demain, pas quand elle se sera habituée à la nouvelle texture ou au nouveau goût, maintenant !

Le résultat c’est que ses repas se ressemblent, elle ne goûte pas autant de nouveaux aliments que les petits de son âge. J’ai parfois cette impression horrible de la nourrir pour la gaver.

Mais, je vois des bébés de 4 mois qui pèsent pareil qu’elle, et ça me fait un choc.
Est-ce-que c’est ma faute ? 
Est-ce-qu’elle a vraiment un problème de santé ?
Pourquoi cette course contre la courbe de poids ?
Je suis déjà passé par là avec son frère, même s’il rentrait dans les courbes, il était en bas, il mangeait peu et le moment du repas est devenu un stress pour nous et pour lui.

Si Hanaé vomit ou ne finit pas ses purées et son biberon, je m’inquiète de la même façon que pour son frère, va-t-elle maigrir ? Est-ce que c’est dangereux pour elle ?

Quand je suis allé chercher le carton de dosettes energétiques à la pharmacie, je craignais d’avoir à payer : l’ordonnance disait "286 euros" et normalement je paye 40% du prix des médicaments. La pharmacienne m’a toute de suite rassurée « ne vous inquiétez pas, la nourriture comme ça c’est pris en charge à 100%. C’est vital. »

Depuis ce mot fait écho en moi : c’est vital…


ma petite crevette ♥

J'ai conscience que cet article n'a ni queue ni tête mais fallait que ça sorte ...




25 février, 2014

Dans leur tête ... (l’éducation respectueuse #4)




Hier, j’ai lu l’article poignant de "lesfilleslectriques" sur ce petit garçon "dictateur" et j’ai juste eu envie de dire à la maman : on est dans le même bain mais ne t’inquiète pas, ton fils et normal, son comportement est normal.
On a toutes nos astuces pour faire face au comportement de nos petits, toutes nos approches, toutes nos façons de décompresser en faisant de l’humour, ou d’essayer de comprendre… On peut souvent être perdu, avoir honte, se culpabiliser, être à bout. On se demande, pourquoi moi, qu’est-ce que je fais de mal, mais c’est pas possible ?...
Et là, j’ai envie de dire : fini les commentaires moralisateurs ou les discours humouristiques qui au final ne nous aide pas là maintenant au quotidien. 
J’ai envie de crier au monde entier:

Arrêtons-nous une minute et essayons juste de voir ça à travers les yeux de nos enfants


Et bien-sûr, l’approche respecteuse selon RIE l’a fait pour nous…
Alors pour vous, parents de la blogosphère française, je traduis ce texte magnifique de Janet Lansbury, qui m’a beaucoup aidé... tout en m’imaginant Hanaé ou TJ qui me parle comme un adulte…


« Maman, papa, si tu pouvais lire mes pensées, je te dirais ça :

1. Fait de moi ton allié : ne pense pas en terme de me "faire faire quelque chose". Ne me piège pas, ne me fait pas du chantage, ne m’humilie pas, ne me puni pas. "Toi contre moi" ça me fait peur surtout quand j’ai desespérement besoin de ton aide.
Alors s'il te plait, demande-moi poliment ou montre-moi ce que tu veux. Empêche-moi gentillement mais fermement de faire des choses que tu ne veux pas, avant de te mettre en colère. Ton calme et les options positives que tu peux me donner m’aideront à accepter tes instructions avec plus de dignité.


2. Ne soit pas effrayé de mes réactions aux limites que tu me donnes. C’est inconfortable pour moi si tu es timide, hésitant ou évasif. Comment puis-je me sentir en sécurité si les adultes dont j’ai desespérement besoin, flanchent dès que j’exprime mes sentiments ? S’il-te-plait, sois sûr de toi : met des points finals à la fin de tes phrases, accepte calmement ma désaprobation. Tes instructions sont plus importantes que jamais, elles ne blessent pas du tout mon "égo fragile", elles me libèrent, elles m’aident énormement et sont essentielles à mon bonheur.


3. Dis-moi la vérité, parle-moi simplement : pour que je comprenne clairement ce que tu veux. J’aurai sûrement besoin que tu me le répètes plusieurs fois mais c’est parce que j’apprends. Alors s’il te plait soit patient and essaye d’avoir le ton le plus neutre possible, même si tu m’as déjà répété la même chose 10 fois (je t’assure, en vrai je n’ai pas envie de t’embêter).


4. Essaye au maximum de ne pas te mettre en colère et de ne pas te sentir contrarié. Ces réactions m’apportent un sentiment d’insécurité. J’ai besoin de savoir que mon comportement ne t’atteint pas, que tu peux maitriser mes problèmes avec attention et confiance. 


5. Si je continue à me comporter de la même façon c’est parce que pour moi ce n’est pas résolu. Soit, tu n’es pas assez convainquant, soit tu es trop émotif. Quand tu me lance "le regard" ou que ta voix est pleine de colère, ça m’énerve et je suis contraint de continuer à mal me comporter jusqu’à obtenir une réponse calme. 
J’ai besoin de savoir que mon comportement n’est pas autorisé mais surtout que mon attitude n’est pas un drame et que tu peux facilement la gérer. Tu peux m’assurer de ça en restant patient, calme et consistent : donne-moi une réponse brève, directe et respectueuse pour que ensemble on mette ça dernière nous.


6. Tient compte de mon point de vue et reconnait-le le plus souvent possible… même s'il te semble ridicule, injuste ou un peu fou. Il n’y a pas de "mauvais sentiments", seulement des mauvaises façon de les gérer. J’ai besoin de savoir que c’est normal de me sentir comme ça, que même pendant le pire caprice ou la pire colère, tu me comprends et tu m’aimes. 


7. N’oublie pas que je ne veux pas commander, même si je ne l’admettrai jamais. Je sais, je peux être très convainquant, je peux facilement te faire croire que m’asseoir quand je mange est une pure torture. Ne te moque pas, ne me critique pas, mais surtout ne me croit pas. Continue à insister. Un jour, tu seras fier de ma détermination. Si tu abandonnes à chaque fois, je me ne sentirai jamais en sécurité et je continuerai.


8. N’oublie pas de me dire souvent « oui c’est bien », de me montrer ton attention et ta reconnaissance quand je fais quelque chose de bien.


9. Laisse-moi résoudre mes problèmes tout seul. Fait-moi confiance. Même si je pleure, encourage-moi à trouver une solution sans intervenir.


10. MERCI, de faire toutes ces choses très difficiles (et parfois contre-intuitives) pour m’aider à grandir, à devenir un enfant apprécié de ses amis, de ses professeurs et surtout à tes yeux, la personne la plus importante au monde… pour toujours ♥. »


Dans leur tête ... ♥


19 février, 2014

Bref, je parle à mon bébé … (l’éducation respectueuse en pratique #3)




Le truc le plus génial avec l’education respectueuse de RIE, c’est que ça marche encore mieux si on pratique dès la naissance. Aujourd’hui je vais vous parler des bébés et beaucoup vont se dire « mais c’est pas possible, elle délire là, c’est quoi ce trip, ça marche sûrement pas ! »… Si si, tu vas voir : "la preuve par Hanaé" dans quelques lignes.

Donc, la révélation number one de RIE c’est que ton bébé est une personne à part entière que tu dois essayer de respecter comme un adulte. Mais n'oublie pas, rappelle-toi mon 1er article et les principes de RIE : le respect ça marche dans les 2 sens, les besoins du parent aussi sont importants. 
Là je t'entends, tu te dis sûrement: « non mais c’est normal quoi, moi je respecte mon bébé comme une personne ! ». T’inquiète, je me disais la même chose… Mais en fait non, enfin parfois seulement mais sans trop de consistence ni grande conviction, et surtout pas de façon efficace.


Pour comprendre je vais te raconter un truc marrant que j’ai lu :

Lors d’une séance parents de RIE, la coach demande à 2 mamans de jouer ensemble par terre comme 2 enfants. Donc elles s’asseoient et se mettent à jouer ensemble, elles s’amusent bien… Et là, venue de nulle-part arrive la coach avec la veste d’une des mamans et lui dit « aller on y va maintenant tout de suite, on est pressé, met ton manteau !!! ». La maman n’a pas envie de mettre son manteau, elle a rien compris de ce qui lui arrive, bien-sûr elle se rebelle. Ça te rappelle quelque chose ?

J’ai lu ça et je me suis rappelé quelques fois où j’étais stressée et pressée et j’ai fait ce genre de chose, pensant que de toute façon c’est moi qui décide… Et puis, je suis allé plus loin dans ma reflexion et je me suis rendu compte que tous les gestes du quotidiens que j’ai avec Hanaé sont plus ou moins "automatisés", bien-sûr pas à l’extrême comme dans le cas ci-dessus, mais les bébés subissent beaucoup sans trop comprendre ce qui se passe. On pense que c'est normal, qu'ils sont sûrement trop petit pour comprendre ...

Et là j’ai eu mon explication à pourqoi les bébés pleurent, 
se débattent, luttent souvent quand on leur change la couche, 
lave le nez, assoit dans leur chaise, savonne dans le bain, etc.

Réponse : ils subissent ces gestes quotidiens, ils sont passif et on leur demande rarement leur avis, parfois même on oublie de les prevenir explicitement. Dans ces moments, on oublie facilement de les traiter tout simplement comme une personne. Si Hanaé était adulte, je la previendrais avant de lui enfiler son pull, pourquoi ne pas respecter un bébé de la même façon ?

Il est vrai que souvent, on anticipe une lutte et du coup on se dit qu’on va prendre bébé par surprise et faire vite : mais ça ne marche pas. L’approche RIE propose une autre solution qui marche: utiliser ces moments de la routine pour échanger avec ton bébé, le faire participer.


Exemple :
La routine de la table à langer

Avant : Je prend Hanaé, je la met sur la table à, langer, elle hurle, je me dis ouh là là, je vais faire ça vite vite pour que ce soit fini. Elle me fait des saltos arrières, je la distrais avec un jouet, le jouet tombe, ça recommence, je me dépèche pour changer sa couche très vite, j’essaye de l’appaiser « c’est bon c’est bientôt fini, allez garde tes jambes en l’air, non pas les mains dans le cacaaaaaaaaaaa ! Ah t’as de la crème partout, ne te barbouille pas la figure !! ». Mon visage est crispé, je stresse, je monte le ton.


Nouvelle approche RIE : j'ai le sourire, je parle calmement

« - Hanaé, tu as fait caca, tu veux que je te change la couche ?
Elle joue sur son tapis, je tends les bras et je la laisse venir vers moi. Si elle ne vient pas, j’attends qu’elle ait bien entendu ma proposition et je la prend.
- Hanaé je vais t’allonger sur la table à langer, tu vois c’est là (je lui montre, pause, elle regarde)
- je t’allonge
- je vais enlever ton pyjama, tu m’aide ? 
Je lui caresse une jambe puis l’autre pour lui indiquer la jambe que j’enlève avant de le faire. 
- tu lèves tes jambes pour moi, je vais enlever la couche (au début, je le faisais moi-même après avoir pausé 1 sec, maintenant elle les lève toute seule)
- je vais t’essuyer le caca, attention c’est un peu froid la lingette
- encore une autre lingette, je vois que tu as fait un bon gros caca.
- je vais mettre de la crème, comme ça je fais doucement, tu gardes les jambes en l’air, merci.
- tu écarte les jambes pour moi, je vais fermer ta couche.
- merci de m’aider. C'est bon là, c'est pas trop serré ? (un petit guilli sur le bidou)
- tu mets le pied dans le trou de la jambe là ?
- merci de m’aider : 1 bouton, 2 boutons, 3 boutons et voilà !
- tu viens ? (je tend les bras pour qu’elle se lève) »

******

1. ok, j’ai sûrement l’air d’une grosse débile à parler toute seule à ma fille 
2. En fait je ne parle pas toute seule, je communique, et tu peux le faire dès la naissance.
3. je donne l’opportunité à mon bébé d’être active, de participer à un moment routinier qui se répète plusieurs fois en 24h.
4. Pas de cris, pas de larmes, pas de saltos : un moment d’échange calme et agréable
5. Mon bébé prend conscience de son corps, apprend à s’habiller, et à dire merci...
6. ÇA MARCHE ! BÉBÉ TE COMPREND TRÈS BIEN : si tu es toujours sceptique, mate cette vidéo où le bébé de 7 semaines participe à son changement de couche matinal.


Maintenant, une fois que j’ai vu les bénéfices pour moi et pour elle sur la table à langer, j’utilise la même approche pour tout et c’est magique :

« Hanaé, je vais t’essuyer le nez, tu veux bien ? Regarde avec ce petit cotton »
« Hanaé tu as faim, tu veux manger ? (elle fait "mam mam" avec sa bouche)… Je vais te mettre dans ta chaise, regarde là… »
« Hanaé je dois aller faire pipi, je vais te mettre dans ton parc, tu veux bien aller jouer dans ton parc, regarde là »
« Hanaé, on a fait un petit câlin, maintenant je vais t’allonger dans ton lit, regarde là, avec les peluches, tu vois… »

J’ai aussi remarqué qu’elle préfère s’habiller debout et quand je lui nettoie la figure ou le nez assise sur ma hanche.

BREF...
Je parle à ma fille de 1 an, même quand je n’ai pas le temps, que je suis stressée, que j’ai d’autres choses importantes à faire, qu’il faut partir… En prenant mon temps, je me calme, je la calme, je la respecte, on passe un moment de qualité, et toutes ces précieuses minutes, sans bataille, je les recupère au final.


Février 2013 : quand elle tenait encore dans la largeur ♥


04 février, 2014

Sa 1ère fête d’anniversaire ♥

(aujourd'hui c'est maman qui dit...)



Le gâteau décoré et fait maison 

Pour la 1ère fête d'anniversaire d'Hanaé, j'avais en tête un goûter simple avec un thème un peu original : les petites poupées russes ou babushka dolls.
Je trouve que ça change des princesses Disney, et en plus c’est un joli hommage à ses racines puisque la grand-mère maternelle de papa Guégou était ukrainienne.

À partir d’une illustration trouvée sur pinterest, j’ai crée une invitation que j’avais partagé sur instagram.

Après quelques recherches sur internet et un peu d'imagination, j’ai confectionné son gâteau. Sur la table, il y avait des brochettes de fruits, des pop-cakes, une montagne de meringue-fraise et 2 bocaux de jelly beans et mini-smarties.

Il restait juste à faire la déco : une petit guirlande de fanion, les photos de la 1ère année de vie de Hanaé sur une ficelle attachées par des petites pinces à linge. 





Et pendant plus de 2 heures ...

♥ Des conversations trilingues
♥ Des enfants qui jouent et courent partout
♥ Une petite fille heureuse qui nous a fait 3 cascades avec un bilan de 2 bosses et une coupure à la bouche
♥ Un grand frère pas trop jaloux qui jouait (et dort tous les soirs) avec son nouveau cadeau
♥ Une bougie soufflée avec maman
♥ Une chasse aux bulles
♥ Des moments que je chérirais pour toujours



"je vais avoir 1 an : viens le célebrer avec moi le ..."


aider sa tite soeur-fille à ouvrir ses cadeaux ...


applaudir avec ses petites mains pendant le "joyeux anniversaire ♫ trilingue"


souffler sa 1ère bougie avec maman ...


faire des sourires (avec sa jolie bosse au front...)


chasser les bulles

 (prochain article : mes recettes pour la fête)


30 janvier, 2014

Il y a 1 an... ♥ Papa Guégou raconte l’arrivée de petite sœur

(aujourd’hui c’est papa qui dit… souvenez-vous "Imagine…♫")



Après 1 semaine de contractions, j’essaye de rassurer mymou qui en a marre, elle a peur que son corps ne sache pas faire le travail naturellement et qu’elle soit declenchée à nouveau. J’ai hâte que ça commence pour elle : je ne veux pas qu’elle souffre encore trop longtemps comme pour TJ.

Finalement le dimanche soir (27 janvier 2013) on part pour la maternité. Je descends les sacs dans la voiture mais la porte du garage refuse de s’ouvrir, je suis obligé de la tirer à la force des bras, puis je remonte chercher mymou et TJ, ça commence bien... Nous laissons TJ chez sa copine et même s’il est serein et à moitié endormi, je suis un peu inquiet, on ne sera pas là pour le réconforter.
Après 2h à la maternité, la sage-femme a confirmé la fissure de la poche des eaux, mais pas de travail actif, elle nous propose de rentrer à la maison car la dilatation n’avance pas et les contractions ne sont pas très fortes : mymou le dit elle-même ce n’est pas encore du vrai travail.

Lundi 28 janvier 2013 : mymou me réveille a 6h car elle a perdu plus de liquide vert, j’ai somnolé quelques heures, ce n’était pas vraiment une nuit de sommeil mais c'est mieux que rien, nous repartons donc pour la maternité.
Je n’ai pas beaucoup d’énergie et j’ai peur que ça dure longtemps comme pour TJ, je stresse un peu de devoir prevenir le boulot que non je ne peux pas encore retourner à l’école. Je me rends compte maintenant que ça ne servait à rien, mon chef savait très bien que ça pouvait durer plusieurs heures voir plusieurs jours (ici le congé paternité commence seulement à partir de la naissance et pendant 14 jours)

La sage-femme décide de garder mymou 
et l’emmène en salle de travail : youhou !

On me montre un casier pour mettre le gros sac dedans, je me ballade un peu dans les couloirs et une femme me dit d’aller dans la salle d’attente. Après quelques minutes en salle d’attente, l’annonce en espagnol n’est pas clair mais j’arrive à distinguer "le mari de mymou", ça doit être moi vu que personne d’autre ne bouge...

J’arrive en salle de travail et je me prépare à passer une longue, très longue journée. Le sage-femme pose le monito interne puis mymou demande à s’installer sur la boule car les contractions deviennent plus fortes. Le sage-femme me propose de m’asseoir derrière elle pour l’aider : je fais des caresses dans le bas du dos entre les contractions pour aider mymou à se détendre et ça marche bien, ça la soulage beaucoup. Je suis content de pouvoir l’aider, elle gère bien, ça n’a rien à voir avec l’accouchement de TJ. 

Les contractions deviennent plus fortes et rapprochées
et c’est le moment que l’anesthésiste "choisi" pour arriver, 
le visage crispé de mymou s’illumine d’un coup !

Ça me surprend un peu qu’on me demande de sortir dans le couloir pendant la pose de la péri à laquelle j’avais assistée en Angleterre pour TJ. Je reste dans le couloir et re-rentre tout de suite après pour découvrir un mymou calme et sereine. Le sage-femme a tamisé les lumières et mis de la musique : on peut entendre "heal the world", une ambiance sympa qui me plait bien. Avec un peu d’imagination on oublie qu’on est à l’hôpital...

Une demi-heure plus tard, mymou me dit qu’elle sent comme un tiraillement
 mais elle n’est pas sûre et puis à la contraction d’après plus de doute
 elle a comme envie de faire caca, elle pense que la tête pousse.

Elle m’envoit le dire au sage-femme qui n’y croit pas trop. Un peu sceptique, il l’examine et suprise elle est dilatée à 10. Quel soulagement que ça aille si vite, mymou ne souffrira pas trop longtemps. Le sage-femme me dit de venir regarder et là je vois le haut de la tête avec plein de cheveux : ça me rappelle TJ et je le dis à mymou. Elle sourit, elle est contente de pouvoir enfin pousser.

Je dois sortir une nouvelle fois, une aide-soignante au bout du couloir me donne une blouse, une charlotte et des sur-chaussures : ça m’a l’air plus sérieux et hygiénique que pour la naissance de TJ.
La phase de la poussée commence, j’encourage mymou, ça marche bien, ça va beaucoup plus vite que pour TJ. Les aides-soignantes s’affairent autours de nous, elles préparent tout pour l’arrivée de petite sœur. Mymou pousse une dernière fois, puis s’arrête et souffle comme lui demande le sage-femme. 

Le temps s’arrête pendant quelques secondes, 
le sage-femme sort Hanaé, 
"Imagine" de John Lennon joue en fond. 

Je vois enfin notre petite fille, c’est toujours un instant un peu magique, on n’y croit pas trop sur le coup mais elle est là, elle est sortie. Il la met sur le ventre de mymou et elle est toute petite, si petite, bien plus petite que son grand frère à la naissance. Je la suis quand on va la peser et je n’y crois pas quand le sage-femme dit 2kg785, une crevette notre jolie petite Hanaé. 

Je dois sortir une nouvelle fois, j’enlève la blouse et je rejoins mymou en "salle de réveil", Hanaé est sur elle en peau à peau : elle est tellement jolie et ressemble à son grand frère. Mymou essaye de la faire têter et c’est une championne. On reste là quelques instants à la regarder ♥
Mymou me demande alors si je peux envoyer les messages à toute la famille et les amis, puis un texto à notre amie qui garde TJ : je l’imagine tout excité et fier, j’ai hâte de le rejoindre...


à suivre …


Hanaé et son papa ♥



28 janvier, 2014

1 an : lettre à ma ‘tite sœur-fille

(aujourd'hui c'est TJ qui dit...)



Ma gnougnouche, ma tite sœur, ma chérie,

ça y est j’ai fait 1 fois dodo et aujourd’hui c’est ton anniversaire.

Tu as 1 an ! Joyeux anniversaire ma guigui ♥

Moi aussi quand j’étais bébé j’avais 1 an, puis 2, 3 et 4 et maintenant je suis plus un bébé,

je suis ton grand frère

Je suis ton grand frère parce que j’aime bien quand tu me pousses sur mon camion 

Et quand je te porte dans mes bras tu me serres fort avec tes petites mains derrière mon cou.

Quand je rentre de l’école tu fais « hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii » parce que tu es contente, je suis là !

Quand tu pleures, j’aime pas du tout et alors je chante et tu rigoles.

Quand tu as mal, je te fais des caresses.

Et quand tu marches tout seule avec tes bras en l’air je dis « regarde papa, elle marche toute seule » 

... et je fais pareil avec mes bras en l'air aussi

Quand tu te réveilles le matin je te fais toujours un bisous

Quand quelqu’un t’embête moi je le tape, parce que moi je suis ton grand frère et je te protège.

Parfois je t’embête aussi mais c’est parce que je suis ton grand frère et c’est rigolo…

Mais bon, tu vois je t'aime tellement que je t’ai prêté mon t-shirt de 1er anniversaire ♥


parallèle à 1 an


19 janvier, 2014

Les gnougnou de janvier

(aujourd'hui c'est maman qui dit)



Cette année j’ai envie de faire un article chaque moi pour ne pas oublier tout ce que TJ et Hanaé font. Comme j’ai vu chez marjoliemaman par exemple : sauf qu’ici les petits on les surnomme les "gnougnou" (à prononcer "niouniou" - une longue histoire que je vous raconterai un jour ...).


TJ ...

...a fait sa 1ère randonnée en montagne : 1h de marche au sommet de l’île
...teste un peu trop nos limites
...rentre dans des colères pas possible
...peut jouer des heures avec ses voitures 
...adore porter sa sœur
...mais refuse qu’Hanaé rentre dans sa chambre (elle va défaire mes voiture mamans !)
...veut toujours rentrer dans le parc de sa sœur
...veut toujours aider pour tout et faire tout tout seul
...ne veut toujours pas goûter aux aliments en dehors des quelques plats familiers qu’il mange
...voudrait déjà avoir 5 ans pour que ses dents commencent à tomber
...rentre de l’école avec des tâches indélébiles sur ses t-shirt d’uniforme 
...nous raconte des bobards plus vrais que nature
...préfère renifler plutôt que de se moucher
...veut toujours faire du « work » (travail) comme à l’école (surtout le dimanche matin…)
...demande sans arrêt d’écrire plein de mots sur son cahier de la maison
...sait écrire son prénom tout seul sans recopier
...colorie de mieux en mieux sans dépasser
...adore faire des maths à l’école, et aussi avec les cubes de maman
...sait bien lire les petits mots anglais qu’il apprend
...adore se déguiser en tout et n’importe quoi (et surtout juste en slip)
...a la tchatch dans les 3 langues et nous apprend même des gros mots espagnols qu’on ne connaissait pas (merci l’école)



Hanaé...

...a une frange un peu trop longue mais tellement jolie 
...adore marcher toute seule sans se tenir
...fait de plus en plus de pas toute seule chaque jour
...chausse du 19 (difficile de trouver des chaussures pour marcher si petites)
...affectionne les tubes de crèmes pour se faire les dents
...adore dévaliser sa table à langer et jeter tous les trucs par terre
...aime bien ouvrir les tiroirs et les portes coulissantes de placard pour jeter tout par terre
...jette ses jouets hors du parc pour retenir mon attention
...met allègrement les mains dans le caca quand on la change
...voue un culte sans nom aux paquets de lingettes
...veut toujours se retourner et se lever sur la table à langer
...est un vrai petit asticot comme son frère 
...kiffe toujours autant les douches avec maman
...sourit et fait coucou à tout le monde genre je suis la reine d’Angleterre
...fait des câlins avec ses petits bras serrés autour de notre cou
...adore explorer notre nez avec son doigt et notre bouche avec ses petites mains (aïe !)
...a besoin d’un très long câlins au son de sa berceuse lumineuse pour s’endormir
...sait bien dire non avec la tête et se faire comprendre
...nous parle dans son language de « doh, gueg », "teint" (tient) et « çaaaaa » façon fourchelangue