08 mai, 2014

La technique du "sportcasting" (l’éducation respectueuse RIE #7)




Tu es multipare et avoue-le tu rêves de tes enfants, jouant tranquillement, frères et sœurs ensemble, pas de cris, on se partage les jouets, c’est beau l’amour … Mais ça c’est pas la vraie vie !
En vrai, ça crie, ça se chamaille, ça se dispute pour une poupée barbie ou un playmobil, et toi le parent au milieu, tu penses pouvoir faire l’arbitre et gérer tout ça, mais soyons honnête, la plupart du temps tu essayes juste de crier plus fort que les gamins (moi la première ! Mais ça c’était avant…)
Et si le secret c’était d’arrêter de faire l’arbitre, et de commencer à faire le commentateur sportif… Tu rigoles, là hein avoue ! Et bein rigole mais j’ai essayé et ça marche.


Le sportcasting : testé et approuvé par maman mymou

Alors of course, je me suis plantée plusieurs fois et j’ai du tester et affiner ma technique pendants plusieurs semaines parce que c’est pas le truc le plus naturel au monde.


Donc le sportcasting, kesako ?

Le ‘sportscasting’ (la technique du commentateur sportif) est un terme inventé par Magda Gerber (spécialiste de la petite enfance et fondatrice de RIE) pour décrire la verbalisation sans jugement “juste les faits” qu’elle conseillait aux parents d’utiliser pour soutenir les enfants quand ils n’arrivent plus à gérer la situation eux-même. 
Un parent “sportscaster” ne juge pas, n’accuse personne, ne culpabilise personne, ne défend personne et surtout ne s’implique pas émotionnellement. Il est juste là par sécurité, il observe, dit simplement ce qu’il voit… Il donne les moyens à l’enfant de résoudre le problème par lui-même plutôt que d’intervenir à sa place. L’enfant apprend à gérer tout seul car on lui fait confiance et ça marche… si c’est bien fait.

Le sportcasting aide pour les situations de conflits entre frères et soeurs, mais aussi pour un enfant qui s’énerve tout seul, frustré car il n'arrive pas à faire quelque chose, et également au parc quand ton enfant commence à piquer les jouets des autres et que les mamans te regardent fixement (tu vois de quoi je parle…et en plus imagine, moi je dois le faire en 2 langues pour qu’elles comprennent…).

Voilà donc 3 exemples différents de sportcasting:

“Tu travaille très dur pour faire ce puzzle, tu as l’air contrarié…”

“Hanaé tu avais le nounours, et maintenant TJ a le nounours. Vous voulez tous les deux le nounours. Hanaé essaye de le reprendre, TJ je ne te laisserai pas taper ta soeur, ça fait mal…”

“Tu essayes de descendre à l’échelle, je suis là, je ne te laisserai pas tomber…”


Alors ça parait facile comme ça, mais le choix des mots ci-dessus et surtout le ton employé sont les plus importants. Rappelle-toi, les phrases magiques (ici et là), rappelle-toi de garder ton calme, Janet Lansbury dirait “presque nonchalement” genre c’est pas un “big deal”, tu reste cool!
J’ai même lu une maman qui commençait en chantant pour être entendue par dessus les cris des enfants et avoir leur attention immédiatement.


Le sportcasting, pourquoi c'est mieux et comment ça aide ?

1. Moins on en fait, plus ils apprenent...
Ça va te suprendre, mais le plus souvent, ce genre de mini-commentaires suffit amplement pour aider ton enfant à perservérer tout seul, ou pour résoudre un conflit entre frère et soeur. Si l’enfant semble avoir besoin de plus, tu peux passer en mode “interview”, toujours calmement et avec des questions ouvertes : “vous voulez tous les 2 le nounours, qu’est-ce qu’on peut faire?”. 

2. Notre confiance les aide à prendre confiance
Le sportscasting est notre meilleur outil pour intervenir le plus discrètement et laisse penser à l’enfant qu’il a la capacité de gérer tout seul. Le message sous-jacent est “je suis là, je te soutiens, mais soit confiant, tu peux le faire tout seul” (je sais pas pour toi, mais moi je suis hyper frustrée si au lieu de m'aider à faire toute seule, on fait à ma place, et les enfants c’est pareil)

3. Ça nous aide à ne pas juger, à ne pas choisir de camps
Le sportscasting empêche notre tendance naturelle à juger ou protéger. C’est crucial, car à chaque fois qu’on juge, sans le vouloir, le comportement d’un enfant, on crée de la honte, de la culpabilité et de la distance, ce qui va entraver notre relation et complétement saper l'apprentissage et la confiance en soi de notre petit.

4. Ça encourage nos enfants à arrêter de s’identifier comme aggresseur ou victime 
À l’école, TJ est souvent vu comme le méchant qui tape (à cause de l’intervention de certains adultes). Le plus gros problème avec ce genre de discours moralisateur et culpabilisant qu’on entend souvent c’est que l’enfant se retrouve coincé dans la case victime ou aggresseur, et qu’il n’en sort jamais.

5. Ça aide les enfants à acquérir une meilleure intelligence émotionnelle, une meilleure compréhension de la situation et du language social des adultes.
Par ces simples commentaires on favorise l’apprentissage par l’expérience et ça c’est l’éducation la plus efficace qu’un enfant puisse recevoir. 


Attention, parfois il faut intervenir car le sportcasting ne suffit pas: 
en cas de danger
en cas de comportement abusif d’un enfant


Et parfois y'a même pas besoin de "sportcaster" ... ♥


07 mai, 2014

Les gnougnou d'avril (un peu en retard)



TJ…

… est le 1er de sa classe à avoir dit "can I… ?" à sa prof pour demander quelque chose (#profsuperfière, #mamansuperfière)
… commence à parler des grandes vacances et de la nouvelle école sans être contrarié
… veut toujours boire des jus d’orange pressée
… adore partir dans des grandes explications de 5 min, comme un grand qui nous apprend la vie (il est trop chou)
… aime choisir ses vêtements pendant les vacances et il a bon goût (même quand il se déguise en batman pour aller au toboggan)
… veut toujours allumer la lumière du garage quand on rentre avec la voiture
… sait détacher le harnais de son siège-auto tout seul mais a bien compris qu’il a juste le droit quand la voiture s’arrête
… parle souvent avec des mots tellement canariens que je comprends pas tout ce qu’il dit quand il tatche en espagnol
… est le Dieu vivant de sa petite soeur



Hanaé …

… vénère son grand frère
… a 8 dents et ça fait mal quand ça sort
… adore jeter les couches sales et les petits papiers protecteurs de son patch oculaire dans la poubelle, toute seule comme une grande.
… après elle fait bravo avec ses petite mains
… dit clairement "gade !" pour "regarde", "teint" pour "tient", "doh" pour "donne", "bébé" (quand elle regarde son livre de bébé), "aïe" et "mal" quand elle a mal, etc…
… répète "non !" quand je lui dis "nonnononnon"
… croit que le papier toilette s’appelle "nonnonnonnon" (LOL)
… ma tapote le torse et dit "mamama maman !" puis elle se tapote le torse quand je lui dis "Hanaé"
… sait montrer, sa tête, son nez, son bidou, ses mains et ses pieds quand on joue à "il est où… ?"
… dévore ses livres à pleine dents puis nous offre les petits bouts de carton
… adore jouer à cache-cache en mettant ses mains sur ses yeux puis dit "coucou !" 
… monte partout : sur les chaises, sur les meubles, sur le dossier du canapé
… et se paye des gros gadins



Les gnougnou de Pâques




un dimanche à la plage