21 mars, 2015

Le jour où j’ai lâché prise sur la nourriture…

(aujourd'hui c'est maman qui dit...)


Plusieurs semaines que je n’ai pas écrit…

Peur de « jinxer » le truc, de porter la poisse…

Finalement je vais quand-même en parler, ça peut toujours aider une autre maman en détresse.

Si vous me lisez depuis longtemps, vous savez que mes enfants adorent dormir, mais manger c’est un vrai challenge, par période c’était même devenu une lutte, un cauchemard, une inquiétude de tous les jours. 



Pique-nique au parc - Décembre 2014
L’été dernier, nous étions en plein déménagement, Hanaé prenait encore ses doses de poudre spéciale pour grossir. On avait un petit rythme de croisière sympa ou elle mangeait assez bien, les 3-4 petits pots qu’elle préférait, des compotes. Elle n’arrivait toujours pas à manger des morceaux à 18 mois, petite bouche, pas beaucoup de dents, tendance à vomir, etc… 

En Juillet elle a commencé à tout refuser, 
sauf le biberon. 
Elle se nourrissait essentiellement 
de lait entier, blédine et sa poudre spéciale. 

Après notre expérience avec son grand-frère, on savait qu’il ne servait à rien de forcer. Bien-sûr l’inquiétude était là et il y a eu des cris inutiles, des crises qui n’ont servi à rien. 




Puis un jour elle a mangé un petit suisse, elle aimait bien, mais toujours pas de purée de légumes, ni de morceaux. Alors un soir j’ai tenté de mettre du petit suisse sur la cuillère, avec sa purée : je ne me suis pas caché, elle a très bien vu ce que je faisais, ce n’était pas une astuce pour la berner, ce n’est pas comme ça que je veux traiter mes enfants : même à 18 mois elle n’est pas stupide et je me suis engagé à traiter mes enfants de façon respectueuse. Bref devant elle, j’ai pris une cuillère de petit pot puis du petit suisse et elle l’a mangé avec beaucoup d’appétit, elle a fini sont premier petit pot (+petit suisse) depuis 2 mois. On a commencé à en faire une habitude. En parallèle, on s’est rendu compte qu’elle aimait bien la purée mousseline.

Donc, pendant plusieurs semaines, son régime alimentaire était purée de patate à midi, quelques morceaux de fruits mâchouillés, et petit pot+petitsuisse mélangé le soir, avec 2 biberons, matin et soir. Certaines mamans qui lisent vont sûrement penser « mais quels parents indignes… », pour nous elle mangeait, dans le calme, et c’était le plus important.

J’ai régulièrement proposé sans forcer, des trucs différents, surtout des morceaux de nourriture, de la viande, du poulet, des pâtes du riz… Elle ne mangeait aucun morceau, elle jouait avec, c’était tout. J’ai complètement lâché prise, et du coup je ne me suis plus énervé du tout : je l’ai laissé découvrir, je m’étais fait une raison, j’aurai du nettoyage après, voilà tout.

Elle continuait son régime à base de purée, et « suissui » (petit suisse), puis elle a commencé à se lasser de la purée et ne voulait manger que le petit suisse.

On était au mois de Novembre, Hanaé ne voulait plus manger aucune purée, elle voulait croquer des morceaux : j’ai arrêté d’acheter des petits pots, j’ai commencé à lui mettre en petit morceaux sur sa tablette, la même chose que l’on mangeait : on n’a même pas essayé de l’encourager, c’était le repas, point final.

Mars 2015


Je me suis rappelé d’un article RIE (l’éducation respectueuse que je pratique) sur les 6 étapes pour avoir un repas sans crise et sans conflit…

1. Enlever toute émotion dans nos reactions : bien sûr ne pas s'énerver si il ne mange pas, mais aussi ne pas congratuler s'il mange : manger c'est normal pour vivre et remplir son estomac. Point final.
2. Arrêter les jeux pour faire manger genre faire l'avion, etc... Ecouter son enfant, s'il dit non meme après 3 cuillières, c'est fini, il mangera mieux au repas d'après.
3. Offrir des petites quantités de nourriture : par exemple pour TJ je lui met 2 petits pois dans son assiette de pâte, etc..
4. faire une assiette variée avec plusieurs aliments différents dedans (genre un peu de viande, un peu de pâtes, un peu de légumes)
5. Ne pas se forcer à manger avec les enfants, on est souvent plus relax pour gérer.
6. Limiter les snacks entre les repas.


Depuis Novembre, il y a un repas unique pour tout le monde à la maison, on ne cuisine pas des trucs extravagant en sauce, on n’essaye pas de cacher les légumes, on met juste des petites quantités. Parfois c’est du pique-nique. Hanaé mange du riz, des pâtes, des gnocci, du saumon, du poulet, de la viande hachée, de la pizza, de la tarte, des fraises, du pain, des biscuits, du fromage, et plus aucune purée. 

Nous avons totalement lâché prise, 
parfois elle a moins d’appétit et 
souvent elle va ne manger que 2 ou 3 morceaux, pas grave. 
Quand elle s’arrête c’est fini. 
À midi on complète avec 2 petits suisses à la fin, et le soir un biberon. 


À Noël, je suis arrivé chez mes parents les mains dans les poches, Hanaé et TJ ont mangé comme les adultes, de l’apéritif et ensuite de la lotte en sauce avec des petits légumes et du riz : j’étais complétement détachée, pour la 1ère fois de ma vie pas du tout angoissée de n’avoir rien préparé… Hanaé et TJ ont dévorés leur assiette.

Puis est arrivé le moment de la visite des 2 ans de Hanaé, fin janvier. J’avoue que là j’ai balisé de ce que le docteur allait me dire. Je suis un peu traumatisée par le discours des docteurs espagnols qui me culpabilisaient à chaque fois que je commençais à lâcher prise. 
Mais maintenant on est à Dubaï et notre médecin de famille est cool. Donc vient le moment de marquer le poids sur la courbe, et là, point de carnet de santé, elle me sort la courbe de l’OMS, je suis joie !!! Hanaé fait 9 kilos et des poussières, sur la courbe de l’OMS elle est dans la partie basse, mais c’est bon, pas de soucis. 


Ma pépette de 2 ans ne fait pas encore 10 kilos et on reste cool.


Avec le recul, je me rends compte que les progrès ont en fait commencé l’été dernier, pendant les soucis liés au déménagement et au changement de pays : on a suivi notre fille, on a respecté ses choix, on a arrêté d’angoisser. On revient de très très loin, ça me paraissait insurmontable mais en fait c’était si simple… 

Juste suivre notre fille, la respecter, rester sûr de nous et lâcher prise…








2 commentaires:

  1. Je crois qu'enlever l'émotion c'est une sacré clé: ne plus faire du repas un enjeu, ne plus stresser, et l'enfant se détend lui aussi, tout va ensuite beaucoup mieux! Bravo! :-)

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  2. Même problème chez nous, ma fille a 3 ans et refuse souvent la nourriture. J'ai lu attentivement ton billet et les conseils RIE, conseils que j'avais d'ailleurs déjà appliqués il y a un moment et finalement lâchés... parfois, c'est bien de relire tout ça, de se rafraîchir la mémoire. Allez, c'est parti, dès ce midi! ;)

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