21 mars, 2015

Le jour où j’ai lâché prise sur la nourriture…

(aujourd'hui c'est maman qui dit...)


Plusieurs semaines que je n’ai pas écrit…

Peur de « jinxer » le truc, de porter la poisse…

Finalement je vais quand-même en parler, ça peut toujours aider une autre maman en détresse.

Si vous me lisez depuis longtemps, vous savez que mes enfants adorent dormir, mais manger c’est un vrai challenge, par période c’était même devenu une lutte, un cauchemard, une inquiétude de tous les jours. 



Pique-nique au parc - Décembre 2014
L’été dernier, nous étions en plein déménagement, Hanaé prenait encore ses doses de poudre spéciale pour grossir. On avait un petit rythme de croisière sympa ou elle mangeait assez bien, les 3-4 petits pots qu’elle préférait, des compotes. Elle n’arrivait toujours pas à manger des morceaux à 18 mois, petite bouche, pas beaucoup de dents, tendance à vomir, etc… 

En Juillet elle a commencé à tout refuser, 
sauf le biberon. 
Elle se nourrissait essentiellement 
de lait entier, blédine et sa poudre spéciale. 

Après notre expérience avec son grand-frère, on savait qu’il ne servait à rien de forcer. Bien-sûr l’inquiétude était là et il y a eu des cris inutiles, des crises qui n’ont servi à rien. 




Puis un jour elle a mangé un petit suisse, elle aimait bien, mais toujours pas de purée de légumes, ni de morceaux. Alors un soir j’ai tenté de mettre du petit suisse sur la cuillère, avec sa purée : je ne me suis pas caché, elle a très bien vu ce que je faisais, ce n’était pas une astuce pour la berner, ce n’est pas comme ça que je veux traiter mes enfants : même à 18 mois elle n’est pas stupide et je me suis engagé à traiter mes enfants de façon respectueuse. Bref devant elle, j’ai pris une cuillère de petit pot puis du petit suisse et elle l’a mangé avec beaucoup d’appétit, elle a fini sont premier petit pot (+petit suisse) depuis 2 mois. On a commencé à en faire une habitude. En parallèle, on s’est rendu compte qu’elle aimait bien la purée mousseline.

Donc, pendant plusieurs semaines, son régime alimentaire était purée de patate à midi, quelques morceaux de fruits mâchouillés, et petit pot+petitsuisse mélangé le soir, avec 2 biberons, matin et soir. Certaines mamans qui lisent vont sûrement penser « mais quels parents indignes… », pour nous elle mangeait, dans le calme, et c’était le plus important.

J’ai régulièrement proposé sans forcer, des trucs différents, surtout des morceaux de nourriture, de la viande, du poulet, des pâtes du riz… Elle ne mangeait aucun morceau, elle jouait avec, c’était tout. J’ai complètement lâché prise, et du coup je ne me suis plus énervé du tout : je l’ai laissé découvrir, je m’étais fait une raison, j’aurai du nettoyage après, voilà tout.

Elle continuait son régime à base de purée, et « suissui » (petit suisse), puis elle a commencé à se lasser de la purée et ne voulait manger que le petit suisse.

On était au mois de Novembre, Hanaé ne voulait plus manger aucune purée, elle voulait croquer des morceaux : j’ai arrêté d’acheter des petits pots, j’ai commencé à lui mettre en petit morceaux sur sa tablette, la même chose que l’on mangeait : on n’a même pas essayé de l’encourager, c’était le repas, point final.

Mars 2015


Je me suis rappelé d’un article RIE (l’éducation respectueuse que je pratique) sur les 6 étapes pour avoir un repas sans crise et sans conflit…

1. Enlever toute émotion dans nos reactions : bien sûr ne pas s'énerver si il ne mange pas, mais aussi ne pas congratuler s'il mange : manger c'est normal pour vivre et remplir son estomac. Point final.
2. Arrêter les jeux pour faire manger genre faire l'avion, etc... Ecouter son enfant, s'il dit non meme après 3 cuillières, c'est fini, il mangera mieux au repas d'après.
3. Offrir des petites quantités de nourriture : par exemple pour TJ je lui met 2 petits pois dans son assiette de pâte, etc..
4. faire une assiette variée avec plusieurs aliments différents dedans (genre un peu de viande, un peu de pâtes, un peu de légumes)
5. Ne pas se forcer à manger avec les enfants, on est souvent plus relax pour gérer.
6. Limiter les snacks entre les repas.


Depuis Novembre, il y a un repas unique pour tout le monde à la maison, on ne cuisine pas des trucs extravagant en sauce, on n’essaye pas de cacher les légumes, on met juste des petites quantités. Parfois c’est du pique-nique. Hanaé mange du riz, des pâtes, des gnocci, du saumon, du poulet, de la viande hachée, de la pizza, de la tarte, des fraises, du pain, des biscuits, du fromage, et plus aucune purée. 

Nous avons totalement lâché prise, 
parfois elle a moins d’appétit et 
souvent elle va ne manger que 2 ou 3 morceaux, pas grave. 
Quand elle s’arrête c’est fini. 
À midi on complète avec 2 petits suisses à la fin, et le soir un biberon. 


À Noël, je suis arrivé chez mes parents les mains dans les poches, Hanaé et TJ ont mangé comme les adultes, de l’apéritif et ensuite de la lotte en sauce avec des petits légumes et du riz : j’étais complétement détachée, pour la 1ère fois de ma vie pas du tout angoissée de n’avoir rien préparé… Hanaé et TJ ont dévorés leur assiette.

Puis est arrivé le moment de la visite des 2 ans de Hanaé, fin janvier. J’avoue que là j’ai balisé de ce que le docteur allait me dire. Je suis un peu traumatisée par le discours des docteurs espagnols qui me culpabilisaient à chaque fois que je commençais à lâcher prise. 
Mais maintenant on est à Dubaï et notre médecin de famille est cool. Donc vient le moment de marquer le poids sur la courbe, et là, point de carnet de santé, elle me sort la courbe de l’OMS, je suis joie !!! Hanaé fait 9 kilos et des poussières, sur la courbe de l’OMS elle est dans la partie basse, mais c’est bon, pas de soucis. 


Ma pépette de 2 ans ne fait pas encore 10 kilos et on reste cool.


Avec le recul, je me rends compte que les progrès ont en fait commencé l’été dernier, pendant les soucis liés au déménagement et au changement de pays : on a suivi notre fille, on a respecté ses choix, on a arrêté d’angoisser. On revient de très très loin, ça me paraissait insurmontable mais en fait c’était si simple… 

Juste suivre notre fille, la respecter, rester sûr de nous et lâcher prise…








07 février, 2015

"6 février 2014, un grand jour pour notre Kaellie"

(aujourd'hui c'est maman qui dit...)




Il y a un an, j’étais en train de skipper avec mon amie Sophia, et là en même temps sur nos ordi respectifs est apparu une nouvelle conversation privée FB, Tududum ! Tududum ! Cette petite fenêtre a pop-up sur 2 autres ordinateurs, 2 autres copinettes blogueuses, devenues de vraies amies : Magicitrouille et Sophie l’attente.

Presque en même temps Sophia et moi avons lu la phrase écrite par notre Kaellie, c’était à peu près ça :

« Les filles j’ai les résultats, je suis enceinte !!!! »

Cette phrase si banale peut-elle vous paraître, ne l’était pas pour notre Kaellie. Alors que nous avions déjà toutes les 4, un ou 2 enfants chacune, Kaellie attendait encore… On essayait de la soutenir du mieux qu’on pouvait mais l’infertilité et DNLP sont des choses coriaces, dur de se battre contre.

Pendant 3 ans, Kaellie et son geek (comme elle l’appelle) se sont battu et ont du faire le deuil du bébé couette. Ils sont passés par de nombreuses épreuves, les traitements, les piqures, 3 PMA et 2 FIV. Pourtant, je n’ai jamais sentie d’hostilité, ni d’aigreur dans ses articles, et elle avait toujours des commentaires bienveillant sur les miens (moi la maman qui en a déjà 2).

J’ai allumé des dizaines de bougies pour Kaellie et murmuré des centaines de fois le même souhait.

Aussi quand j’ai levé les yeux sur mon écran ce jour-là, mes yeux se sont remplis de larmes et avec Sophia on s’est retrouvé à pleuré comme 2 connes devant notre écran… À plus de 5000km de distance, l’une de l’autre… C’est bien quand-même internet... Je me souviens que Sophia préparait un gâteau dans sa cuisine et elle faisait les cent-pas de la cuisinière au frigo, elle n’arrêtait pas de répéter avec son accent chantant du Sud « il faut que je l’appeleuh, il faut que je l’appelleuh, t’as pas son numéro ? ».


Ce jour-là, Kaellie nous annonçait la plus merveilleuse des nouvelles, 
mais surtout sans le savoir 
elle débutait une conversation à 5 qui n’allait jamais s’arrêter... 

Depuis 1 an, comme si on se retrouvait autours d’un café, mais sans se donner rendez-vous, on papotte. on discute, on se demande des conseils, on se rassure, on se soutient, on se marre, on vide son sac, on se dit tout et rien, un peu toutes les semaines, parfois tous les jours. Souvent après le travail, mon messenger affiche 54 messages non lu, et je me fais un plaisir de remonter la conversation que les 2, 3 ou 4 autres ont eu.

Pour moi, l’expat’ qui vit à des milliers de km de toutes mes amies, 
cette petite fenêtre de conversation me fait un bien fou

Il m’est impossible de remonter les 30,000 messages jusqu’au début de cette conversation qui n’a jamais été fermé et qui dure maintenant depuis 1 an.

Mais depuis le début, je me rappelle que nous avons pu vivre en direct chaque étape de la grossesse de notre Kaellie (qui n’a pas été de tout repos), la grossesse surprise de magicitrouille (C zero, qui dit mieux !!)... 
En octobre, une petite fille adorable, tellement espérée et attendue est enfin arrivée, un petit frère a fait la plus heureuse des grandes sœurs (et de ses parents) ; et au fil des mois, 2 petits garçons et 2 petites filles ont bien grandi… Mais surtout 5 mamans vivant à des milliers de kilomètres les unes des autres, ont pu se retrouver règulièrement, s’entraider, se soutenir, se marrer, pleurer, bitcher, partager, juste être là…


Merci les filles, grâce à vous je me sens moins seule, et merci à toutes mes autres copines d'être là de l'autre côté de leur écran (je pense surtout à toi ma Juju qui s'est mis à FB juste pour moi ♥).

Et surtout, merci, douce Kaellie de nous avoir fait partager cette nouvelle qui allait changer ta vie : ta petite fille s'était enfin décidé à quitter le monde des bébés pour rejoindre ses copines et ses copains dans le monde merveilleux des mamans...


en cadeau, un petit parallèle  ...




14 décembre, 2014

L’éducation respectueuse, pourquoi ça marche avec tout le monde ? RIE#8





Ça fait bientôt 1 an que j’essaye de devenir une maman plus respectueuse grâce à RIE et Janet Lansbury, et plus je lis, plus je réfléchis, plus je partage des conseils et plus ça devient naturel. Des choses qui avant m’auraient laissées plus que dubitatives, sont maintenant les plus normales du monde. 
Au début, je voyais ça comme une solution miracle pour les enfants en difficulté, mais je me trompais, c’est tout simplement une manière d’élever son enfant, tous les enfants. 
Je le constate avec Hanaé qui est très docile et avec qui j’applique les mêmes principes de respect que TJ. Ce n’est pas juste une collection de phrases magiques qui aident en cas de difficulté ou de crise, et qu’on oublie dès que ça va mieux.


Comme beaucoup de maman, avant de découvrir RIE, je croyais respecter mes enfants, mais en fait je ne le faisais pas entièrement, ou pas comme il faut. Surtout, je n’avais pas l’assurance et la confiance insufflées par les articles de Janet Lansbury, par les années de recherches et de pratiques de la spécialiste de l'enfance Magda Gerber et de la pédiatre Emmi Pikler. Parce que oui, RIE, 40 ans après, est encore très méconnu (surtout en France) et souvent pris par les gens qui ne connaissent pas comme « un truc de hippie » qui vient de nulle-part, où on laisse son enfant faire comme il veut, mais en fait c’est tout le contraire.

Etre un parent respectueux c’est entre autre se respecter soi-même, et ça passe avant tout par donner des limites claires et nettes à son enfant. 
D’ailleurs, les limites, les règles et les conséquences sont les clés du respect, et ce pour tout le monde et dans toutes les situations.

« C’est inconfortable pour moi si tu es timide, hésitant ou évasif. Comment puis-je me sentir en sécurité si les adultes dont j’ai désespérément besoin, flanchent dès que j’exprime mes sentiments ? S’il-te-plait, sois sûr de toi : met des points finals à la fin de tes phrases, accepte calmement ma désapprobation. Tes instructions sont plus importantes que jamais, elles ne blessent pas du tout mon "égo fragile", elles me LIBÈRENT, elles m’aident énormement et sont essentielles à mon bonheur »
(Janet Lansbury "What your toddler think of discipline": ce que pense ton enfant de la discipline)


Je suis en train de livre les 2 livres de Janet Lansbury. Si vous comprenez l’anglais, je vous invite grandement à les lire. Ils sont disponibles sur internet en version papier, kindle et même audio (la voix calme et assurée de Janet est juste géniale !)
Parce que si vous croyez que vous avez compris RIE en lisant juste mes 7 articles #RIE de cette année, je suis "of course" très flattée, mais ma vulgarisation des phrases magiques et autres façons de gérer ses enfants, sont juste le haut de l’iceberg. D’ailleurs Janet Lansbury le dit très bien :
« Le secret pour élever des enfants qui suivent nos règles et respectent les limites qu’on leur impose, n’a que très peu à voir avec des stratégies spécifiques ou des phrases magiques tel que "je ne te laisserai pas..."  
Le plus important – et qui au final détermine si notre conduite marche ou échoue – c’est la façon dont nous percevons nos enfants et notre attitude envers les limites et la discipline. Une fois que l’on a compris comment et ce que ça veut dire vraiment "une relation respectueuse", on peut faire plein d’erreurs mais la bonne nouvelle c’est qu’en fait on ne sera jamais vraiment en tort.»



En fait l’éducation respectueuse c’est très simple. En 2 points …


1. Traite ton enfant comme une personne à part entière :


Le plus souvent les parents se posent le même genre de question : "comment je peux lui faire faire... ranger sa chambre/brosser ses dents/manger sa soupe/arrêter de taper, mordre... ??" 
Le problème dans ces questions c’est "faire faire". Les parents approchent ces situations de difficultés avec leurs enfants en termes de "nous les parents contre eux les enfants" au lieu de penser à un travail d’équipe (comme avec un adulte). Ils veulent des trucs, des ruses pour savoir comment manipuler efficacement leurs enfants, comment arriver à les distraire assez pour qu’ils arrêtent de pleurer, pour qu’il mangent, qu’ils dorment, ces fameuse astuces qui semblent marcher chez les autres … 
Croyez-moi j’étais la première à avoir ce genre de conseil…

Alors qu’en fait, construire une relation basée sur le respect mutuel, c’est LA relation de confiance dont tout parent a besoin pour rendre son travail de parents beaucoup plus simple et beaucoup plus enrichissant. C’est ce qui fait la différence entre juste « aimer son enfant » (car on aime tous nos enfants) et pouvoir aimer ÊTRE avec son enfant. 

Dès leur naissance, les bébés sont des personnes sensibles et conscientes. Dès leur naissance, ils sont prêts à communiquer de façon honnête avec nous, prêts à participer activement à leur routine. Du moment où on les respecte en tant que tel, ils seront bien plus enclins à nous écouter et à coopérer.
Ma sœur a été aide-soignante dans une maison de retraite pendant très longtemps et avant de changer les couches des personnes âgées incontinentes, elle leur demandait s’il voulait être changé : c’est le moindre des respect non ? Pourquoi ça ne nous parait pas aussi naturel de demander la même chose à un enfant ou un bébé ?

Au contraire, essayer de "faire faire" ce qu’on veut à nos enfants, ne marche jamais plus qu’une ou 2 fois, ça ne nous aide pas à « aimer ÊTRE avec l’autre », et ça ne leur apprend rien. 
Par contre, se poser en guide calme qui montre l’exemple, explique et aide son enfant à se comporter de façon convenable, là est la clef de la discipline. Et toutes les phrases magiques et techniques de RIE que j’ai partagé cette année sont là pour nous y aider concrètement.



2. Repense la définition des moments privilégiés avec ton enfant :


Janet Lansbury utilise cette métaphore des chapeaux. Les parents doivent porter 2 chapeaux différents : un chapeau de fête et un chapeau de professionnel. Quand on porte notre chapeau de fête, on s’amuse avec nos enfants, on se sent connecté, aimé : c’est un moment sympa.

Porter notre chapeau professionnel, c’est pas aussi sympa, mais ça ne veut pas dire que ça doit forcément être un calvaire. Janet nous demande de repenser nos moments privilégiés pour inclure ceux où l’on porte notre chapeau professionnel. Parce que OUI, quand je suis face à une crise de refus de manger que j’essaye de gérer calmement et fermement, quand j’empêche Hanaé de mordre son frère, quand j’isole TJ parce qu’il a perdu le contrôle pour qu’il puisse décompresser en sécurité et en ma présence, ce sont des moments privilégiés.

Quoi ? Gérer une crise et fixer des limites = moments privilégiés ?! 
Je sais, c’est complètement contre-intuitif 
mais du point de vue de nos enfants, 
C’EST toujours un moment privilégié 
(et c’est pour ça que mettre au coin c’est vraiment dommage…).


Ces moments où l’on doit porter notre chapeau professionnel sont peut-être même les moments privilégiés les plus précieux parce que ce sont ceux où nos enfants on besoin de notre empathie, de notre aide et de notre supervision, bien plus que lors d’une séance de jeu. S’ils ne peuvent pas compter sur nous, leurs parents, dans ces moments là, qui va les aider ?
Profiter de ces moments "professionnels" comme des moments privilégiés est particulièrement essentiel pour les parents qui travaillent ou les multipares qui n’ont pas forcement beaucoup de temps à passer avec leurs enfants. Bien-sûr, dans ces cas-là, on aimerait que le peu de temps que l’on partage avec eux soit plutôt fun et joyeux, mais le plus souvent ce n’est pas de cette façon que nos enfants ont besoin de nous. 

Ils devraient pouvoir se plaindre, taper des pieds, pleurer 
et exprimer leurs sentiments les plus sombres avec l’assurance 
de toujours avoir notre reconnaissance. 
Ils ont besoin d’être sûr d’avoir un leader qui les aidera 
à respecter les règles et les limites face à leur « non ! » 
et qui surtout ne sera pas intimidé par leur mécontentement et leur désaccord.


La plus grande aspiration de Janet Lansbury en tant qu’éducateur RIE, c’est d’essayer de changer cette perception de la discipline, des règles et des limites – d’aider les parents à les transformer en termes positifs. Les règles et les limites, quand elles sont proposées dans un cadre « non-punitif » et dans un contexte d’empathie et de respect, sont des cadeaux dont on devrait être fiers et l’une des plus belles façons d’élever et d'aimer son enfant.

Je suis convaincu comme Janet, que les parents qui arriveront à reconnaitre cette dimension positive, auront de moins en moins de difficulté avec leurs enfants. En plus d’aimer leurs enfants, ils aimeront aussi être en compagnie de leurs enfants, même dans les moments plus "durs". De voir à quel point notre relation avec TJ a changé, de voir à quel point notre attitude a changé, c’est exactement ça ! Parce que maintenant j’ai l’assurance de pouvoir gérer tous ces moments privilégiés, grâce à toutes ces phrases et techniques que j’ai partagées avec vous cette année. Bien-sûr, je suis humaine et donc très imparfaite, je fais plein d’erreur, et j’apprends tous les jours, mais comme ma perception a changé, je ne suis jamais vraiment sur la mauvaise voie.

La semaine dernière, j’ai voulu rassurer Maud Petit Diable qui était désespérée avec son Cromignon, comme nous l'étions avec TJ, et puis là en 1 semaine, grâce à mes articles et quelques conversations, elle a compris ce qui n'allait pas, elle a changé sa perception, elle n’a plus peur, elle est zen... Elle a des nouveaux outils, elle gère mieux et Cromignon le ressent. Leur relation s'améliore, leur routine va mieux, hier il lui a même dit "je t'aime maman, même quand je suis en colère" (tient ça me rappelle quelqu'un... ♥).  Et ça c’est magnifique non ?!


Hanaé trouve que c'est magnifique aussi ☺




12 novembre, 2014

Sauf que … (la vie d’expat’ à Dubaï)




Depuis qu’on est arrivés, beaucoup d’amis nous demandent comment est la vie ici. On sent dans leur question qu’ils imaginent quelque chose de radicalement différent de la France. Plus à l’extrême que ça ne l’est vraiment. Alors voilà, c’est la routine d'une famille, normal ! 

Un peu comme chez vous en France. Sauf que …



Le matin on se lève pour aller à l’école…
Sauf que le réveil est à 5h30. Et oui dans les pays chauds, la journée commence toujours très tôt.

On prend le petit-déjeuner, on se prépare…
Sauf que je prépare la lunch-box de TJ pour midi (pas de cantine à l’école) et qu’il met toujours le même uniforme : un short, une chemise à manches courtes et un chapeau (contre le soleil)

Papa Guégou part au travail en voiture et TJ part pour l’école…
Sauf qu’il prend un bus jaune, tu sais les school-bus comme dans les films américains

Papa Guégou conduit pendant 30 min sur des routes chargées, c’est l’heure de pointe…
Sauf qu’il voit le désert, le soleil jaune qui se lève sur les dunes et même des chameaux.





Hanaé et moi on reste à la maison, souvent je balaye les feuilles dans notre patio…
Sauf qu’à 8h du matin il fait déjà plus de 30ºc, qu’on entend des jolis oiseaux colorés et que la terre des plantes c’est du sable.

On lance une lessive, on fait la vaisselle, le ménage…
Sauf qu’il faut toujours passer le balais et la serpillière après chaque repas, sinon gare aux petites bêtes, genre fourmis et cafards.

On étend le linge…
Sauf qu’il ne faut pas laisser trop longtemps dehors sinon la chaleur du désert le transforme en carton

Parfois on marche jusqu’aux magasins...
Sauf qu’il fait déjà 35ºc à 9h du matin et que les terrains vagues qui servent de raccourci entre les maisons, sont des dunes de sable

Je fais mes courses à Carrefour…
Sauf que ma caissière est philippine et il y a toujours un employé indien donc le boulot est de faire mes sacs (ça fait bizarre au début mais on s’habitue très vite et c’est bien pratique quand on a les enfants)

Je vérifie ma liste et les prix…
Sauf qu’ils sont en dirhams (il faut diviser par 5 pour l’euro) 

J’achète des petits suisses et du lait…
Sauf que ça coute la peau des fesses

Je trouve presque tout les produits français que je connais…
Sauf qu’il y aussi des rayons entiers de produits philippins, indiens, libanais, et des épices par milliers





J’achète du jambon…
Sauf qu’il faut aller dans un autre supermarché, anglais qui a une section "pork shop, for non-muslim" ou le jambon coute 4 euros le paquet de 4 tranches

Je conduis notre voiture de location…
Sauf qu’il faut avoir le cœur bien accroché ici sur les routes (conduire à Dubaï mérite un article entier, bientôt)

Je vais faire le plein à la station essence…
Sauf que je ne sors pas de ma voiture, un employé fait tout pour moi et je paye 15 euros le plein.

Parfois je prends le taxi…
Sauf que ce n’est pas la peine de préparer ma jolie phrase conjuguée en anglais, les conducteurs parlent un anglais très basique à base de « rue 30, à droite, à gauche, tout droit »

Après l’école, TJ aime faire du vélo dehors avec ses copains…
Sauf qu’on n’a pas besoin d’aller au parc, on ouvre la porte de la villa et voilà, on habite dans un compound : sorte de petit lotissement fermé par un portail.





Je le surveille, assise sur le perron…
Sauf que j’entends l’appel à la prière des mosquées voisines et je sais quelle heure il est

Je discute avec les autres adultes…
Sauf que ce sont surtout les "maids", plus que les mamans (les maids méritent aussi un article bientôt)

On va chez le docteur… 
Sauf qu’il parle anglais et que la visite coûte 10 euros non-remboursé 

Je prends rdv chez l’ophtalmo…
Sauf que la secrétaire me propose un rdv cet après-midi (au lieu de… dans 5 mois) et que la visite me coutera 100 euros, remboursé à 75% par notre assurance.

Il me propose d’opérer Hanaé la semaine d’après…
Sauf que ça coute très très cher et je dois d’abord appeler l’assurance pour obtenir un « pre-aproval » et être sûr que c’est couvert.

Et puis le week-end on va à la plage…
Sauf que ça ressemble à ça










05 novembre, 2014

Tous ces petits détails que je ne veux pas oublier…



Avec le déménagement à Dubaï, les démarches administratives, l’installation, je n’ai pas eu le temps de faire l’évolution des gnougnou depuis le moi d’avril. 

Mais, tous les jours j’essaye de retenir ces petites choses adorables et mémorables dans ma tête, tous ces petit détails que je voudrai pouvoir leur raconter plus tard, tous ces petits mots que je ne veux pas oublier …



Hanaé…

Qui m’offre son plus beau sourire forcé genre "wallace et groomit" quand elle sait qu’elle a fait une bêtise

Qui est dans sa phase « 1 mot, 1 consonne » : le papo, le dado, man-mer, le l’eau, touter, boiii, yayo, caca papue, etc… (chapeau, sac à dos, manger, de l’eau, gouter, boire, maillot, caca ça pue)

Qui répète tout ce qu’elle entend et notament un peu d’anglais : « hello » « byebye » et « kank you » (thank you)

Qui appelle tous les hommes des papas et les femmes des mamans : ça donne des moments savoureux à l’entrée chez l’ophtalmo « hello papa ! »

Qui s’occupe de ses poupées comme de bébés, me vide toutes les lingettes pour les laver, leur fait des bisous et les met au lit en disant « dodo, chuuuu »

Qui se ballade toujours avec une seule chaussure ou chausson. Papa Guégou l’a surnommé "oneshoe" (prononcé à la chinoise oanneshoo)

Qui danse et chante devant les comptines à la télé, surtout "Bibule" (Barbibule des Barbapapa)

Qui adoooooore le bain et la pisci

Qui au retour de l’hopital me raconte son opération du haut de ses 20 mois : « foiiiii, dodooooo… mallll aïïïe… dodoo » - traduction : « j’avais froid, j’ai fait dodo, j’avais mal aïe, j’ai fait dodo »

Qui adore les « cohichon » (cornichon) mais fait une espèce de grimace/frisson hillarant à chaque fois qu’elle commence à en manger un.

Qui dit « chauuuuud » à chaque fois qu’on sort de la maison ou qu’elle commence à manger sa purée (et alors elle s’applique à bien souffler sur la cuillière)

Qui veut toujours chanter la même chanson ou lire le même livre « ‘core » (encore !!! )

Qui a toujours peur que j’oublie de lui mettre la 2ème chaussure : « l’aut’ laut’ » (l’autre !)

Qui adore le playgroup du jeudi matin où elle peut faire de la gym, sauter, ramper, se pendre, rouler, glisser comme une grande.


Qui a le plus beau regard du monde maintenant que le strabisme a été corrigé ♥




TJ…

Qui profite à fond de cette nouvelle vie dans le lotissement où il peut sortir à sa guise pour jouer avec les voisins.

Qui fait du vélo comme un grand et même souvent trop vite car il veut toujours gagner la course, au prix de ses dents, sa bouche fendue, ses jambes pleines de bobos…

Qui fait sa petite bouche pincée quand il est fière d’avoir fait qque chose mais un peu gêné aussi

Qui nous fait des explications à rallonge sans queue ni tête avec des « parce que en fait »

Qui nous sort des truc genre « non mais maman les 4x4 ici ils se prennent vraiment pour des voitures de courses ! »

Qui boutonne sa chemise d’uniforme avec beaucoup de concentration le matin

Qui avant le diner demande si c’est bientôt « le midi du soir »

Qui mangerait tout et n’importe quoi avec du ketchup s’il le pouvait

Qui adore se déguiser

Qui a des lubies pendant des semaines : en ce moment c’est Cars le film 1 et 2, il se regarde les courses en boucle

Qui me lance de « je t’aime je t’adore » et la minute d’après des « vilaine maman, t’es qu’une petite ingrat ! » 

Qui me raconte sa journée d’école dans un franglais mémorable en oubliant des trucs importants mais avec des détails qui tuent genre « j’ai joué avec les filles tu sais, moi j’étais le dog et puis Bella c’était la mummy et Neda c’était la daughter »

Qui va toujours à la piscine du lotissement (à 10m) en vélo avec sa serviette sur les épaules et qui revient avec les « goggles » sur les yeux : c'est son triathlon ...


là il était pas en maillot ♥



.... bientôt je vous promet des nouvelles de Dubaï