Je ne sais pas si c'est parce qu’on vit en Espagne, à un rythme plus cool, si ce sont nos nombreux déménagements et long voyages, si c’est notre vie d’expat’, loin de la famille et de la société bien-pensante qui nous dit comment faire ci ou ça, mais en fait, on a appris à se faire notre propre routine, nos règles à nous quatres sans se soucier de l’avis des autres.
Donc voilà, sans vraiment le planifier, on a arrêté de compter.
Quand la pédiatre m’a demandé combien de grammes de purées la petite mangeait et combien de ml de lait elle prenait à chaque fois, je n’ai pas eu de réponse…
Enfin si ma réponse était à peu près ça "bein généralement elle fini son bol… (mine curieuse de la pédiatre) … euh ce qui correspond au ¾ d’un petit pot 6 mois, parfois plus, parfois moins, et pour le lait mélangé à de la blédine c’est la même chose, un bol. Sinon elle boit du néné et de l’eau."
Pourquoi devrais-je mesurer tout ce qu’elle mange et boit ?
Quand TJ était petit, on mesurait tout, et savoir combien il avait bu ou mangé, à quelle heure, etc. je pensais que ça me rassurait … mais en fait si je suis honnête, ça me stressait beaucoup. On était toujours inquiets quand il ne finissait pas ses petits pots ou son biberon, l’inquiétude menait à l’agacement, l’agacement à l’énervement (« mais pourquoi il mange pas, pourtant c’est l’heure !… »). Certains jours, TJ n’avait pas faim ou sommeil à la même heure.
Pourquoi en faire un combat ?
« oh la la, il est … heures, maintenant c’est fini, on rentre, on ne joue plus, on va se laver, on mange, on va faire dodo, on fait ci, on fait ça, patati, patata… ! »
En tant qu’expat’, on se rend compte que chaque pays a ses codes, ses routines différentes. Les fruits et légumes autorisés pour les bébés ne sont pas les mêmes, les courbes de poids ne sont pas les mêmes, les journées ne sont pas les mêmes… Par exemple, en Angleterre les enfants font rarement la sieste l’après-midi mais il dine à 17h et sont au lit à 18h30. En France, les enfants font la sieste plutôt en début d’après-midi, dinent plus tard et se couchent vers 20h. En Espagne, la sieste est plus tard, du coup les enfants dinent vers 21h et se couchent plus tard aussi.
Aucun système n’est meilleur que l’autre ; à pays différent, climat et mode de vie différents. Alors justement, pourquoi devrait-on choisir et rentrer dans un moule plutôt que dans un autre ?
Pourquoi devrait-on toujours compter ?
Au final c’est triste car on n’a plus l’impression de vivre en fait, si chaque jour, on se limite à partir d’une certaine heure, on arrête tout et c’est juste la course, jusqu’au coucher.
Souvent, si on est honnête, c’est là que commencent le stress, les cris, les ordres, les caprices, les "je ne veux pas ! ", les "mange tes haricots ! ".
Alors là, je vous vois venir avec vos commentaires :
rassurez-vous mes enfants suivent une routine,
sans forcer, ni se limiter,
on fait les choses à peu près à la même heure.
Mais c’est ce « à peu près » qui fait toute la différence, ça parait bien peu, dit comme ça, mais c’est ce qui fait TOUTE la différence.
C’est ce qui fait que :
- si un jour après l’école, il fait tellemement beau et on a envie d’aller à la plage tard, on y va
- si un jour TJ s’endort après l’école et ne se réveille pour le diner, c’est qu’il en avait besoin, pas grave, il ira au lit plus tard
- si on n’a pas le temps de prendre la douche avant de manger, on la prendra après
- si Hanaé est très fatiguée après le diner, on oublie le bain
- si TJ mange mieux les légumes à la cantine, et bien le soir c’est pâtes, riz, patates
- si Hanaé ne veut pas finir son bol, pas grave, elle mangera mieux plus tard
- si elle fait une sieste le matin plus tard, pas grave, elle mangera à 14h
- si elle ne veut pas faire la sieste tout de suite, pas grave, elle s’endormira dans la voiture de toute façon
etc. etc. etc.
Mes enfants ont des limites et suivent des règles.
Mais parfois à vouloir trop être strict sur un certain planning que l'on s'impose, on en oublie de vivre, d’apprécier des moments en famille, je trouve qu’on se prive et on se punit soi-même :
- pourquoi ne pas sortir sous prétexte qu’il est tard, alors qu’enfermé dans l’appart, TJ sera surexcité. Pourquoi se priver d’un bon moment en famille à profiter de la plage ?
- pourquoi passer 30 min à endormir un bébé alors qu’on pourrait jouer tranquillement avec elle pour qu’au final, elle s’assoupisse toute seule 30 min plus tard ?
- pourquoi ne pas accepter cette invitation à diner sous pretexte que c’est le soir ?
Le ménage attendra ...
Jouer avec ses enfants
Sortir, découvrir de nouveaux endroits, se faire des amis
Commencer à donner des leçons particulières de français le soir
Manger plus tard
Dans l’album de TJ, j’ai plein de petites vidéos faites le soir, quand je le laissais un peu jouer, dans son petit pyjama et ses petits chaussons : des petites vidéos de lui en train de déambuler dans l’appart, de découvrir, de dire « dada, mama », des moments de fou-rires, de vrais souvenirs.
Parce qu’en fait c’est ça que l’on construit aussi tous les jours, quand on se laisse vivre un peu, quand on se détache de la routine : des expériences, des tranches de vies, des anecdotes dont on se souviendra avec nostalgie. Pas de cris, pas de course contre la montre, ni de stress.
Comme quand notre petit garçon de 4 ans joue tranquillement dans sa chambre le soir au moment du coucher et puis vient nous dire « maintenant je suis fatigué, je vais dormir »,
*Bonheur*
On arrête de compter. On commence à vivre.

moi aussi j'irais faire un tour à la plage le soir pour "déstresser" si je pouvais ....
RépondreSupprimerbizzz
lol ! on peut remplacer plage par parc :)
SupprimerC'est un article excellent Mymy, j'étais un peu stressée au début moi aussi... je voulais ressembler aux autres mères, avoir un rythme... mais finalement, j'ai lâché prise et depuis, nous nous en portons beaucoup mieux!
RépondreSupprimerSuper lecture! Merci!
tout à fait ! Le laché-prise est salutaire xx
Supprimerde rien !
et merci à toi :-)