07 février, 2015

"6 février 2014, un grand jour pour notre Kaellie"

(aujourd'hui c'est maman qui dit...)




Il y a un an, j’étais en train de skipper avec mon amie Sophia, et là en même temps sur nos ordi respectifs est apparu une nouvelle conversation privée FB, Tududum ! Tududum ! Cette petite fenêtre a pop-up sur 2 autres ordinateurs, 2 autres copinettes blogueuses, devenues de vraies amies : Magicitrouille et Sophie l’attente.

Presque en même temps Sophia et moi avons lu la phrase écrite par notre Kaellie, c’était à peu près ça :

« Les filles j’ai les résultats, je suis enceinte !!!! »

Cette phrase si banale peut-elle vous paraître, ne l’était pas pour notre Kaellie. Alors que nous avions déjà toutes les 4, un ou 2 enfants chacune, Kaellie attendait encore… On essayait de la soutenir du mieux qu’on pouvait mais l’infertilité et DNLP sont des choses coriaces, dur de se battre contre.

Pendant 3 ans, Kaellie et son geek (comme elle l’appelle) se sont battu et ont du faire le deuil du bébé couette. Ils sont passés par de nombreuses épreuves, les traitements, les piqures, 3 PMA et 2 FIV. Pourtant, je n’ai jamais sentie d’hostilité, ni d’aigreur dans ses articles, et elle avait toujours des commentaires bienveillant sur les miens (moi la maman qui en a déjà 2).

J’ai allumé des dizaines de bougies pour Kaellie et murmuré des centaines de fois le même souhait.

Aussi quand j’ai levé les yeux sur mon écran ce jour-là, mes yeux se sont remplis de larmes et avec Sophia on s’est retrouvé à pleuré comme 2 connes devant notre écran… À plus de 5000km de distance, l’une de l’autre… C’est bien quand-même internet... Je me souviens que Sophia préparait un gâteau dans sa cuisine et elle faisait les cent-pas de la cuisinière au frigo, elle n’arrêtait pas de répéter avec son accent chantant du Sud « il faut que je l’appeleuh, il faut que je l’appelleuh, t’as pas son numéro ? ».


Ce jour-là, Kaellie nous annonçait la plus merveilleuse des nouvelles, 
mais surtout sans le savoir 
elle débutait une conversation à 5 qui n’allait jamais s’arrêter... 

Depuis 1 an, comme si on se retrouvait autours d’un café, mais sans se donner rendez-vous, on papotte. on discute, on se demande des conseils, on se rassure, on se soutient, on se marre, on vide son sac, on se dit tout et rien, un peu toutes les semaines, parfois tous les jours. Souvent après le travail, mon messenger affiche 54 messages non lu, et je me fais un plaisir de remonter la conversation que les 2, 3 ou 4 autres ont eu.

Pour moi, l’expat’ qui vit à des milliers de km de toutes mes amies, 
cette petite fenêtre de conversation me fait un bien fou

Il m’est impossible de remonter les 30,000 messages jusqu’au début de cette conversation qui n’a jamais été fermé et qui dure maintenant depuis 1 an.

Mais depuis le début, je me rappelle que nous avons pu vivre en direct chaque étape de la grossesse de notre Kaellie (qui n’a pas été de tout repos), la grossesse surprise de magicitrouille (C zero, qui dit mieux !!)... 
En octobre, une petite fille adorable, tellement espérée et attendue est enfin arrivée, un petit frère a fait la plus heureuse des grandes sœurs (et de ses parents) ; et au fil des mois, 2 petits garçons et 2 petites filles ont bien grandi… Mais surtout 5 mamans vivant à des milliers de kilomètres les unes des autres, ont pu se retrouver règulièrement, s’entraider, se soutenir, se marrer, pleurer, bitcher, partager, juste être là…


Merci les filles, grâce à vous je me sens moins seule, et merci à toutes mes autres copines d'être là de l'autre côté de leur écran (je pense surtout à toi ma Juju qui s'est mis à FB juste pour moi ♥).

Et surtout, merci, douce Kaellie de nous avoir fait partager cette nouvelle qui allait changer ta vie : ta petite fille s'était enfin décidé à quitter le monde des bébés pour rejoindre ses copines et ses copains dans le monde merveilleux des mamans...


en cadeau, un petit parallèle  ...




14 décembre, 2014

L’éducation respectueuse, pourquoi ça marche avec tout le monde ? RIE#8





Ça fait bientôt 1 an que j’essaye de devenir une maman plus respectueuse grâce à RIE et Janet Lansbury, et plus je lis, plus je réfléchis, plus je partage des conseils et plus ça devient naturel. Des choses qui avant m’auraient laissées plus que dubitatives, sont maintenant les plus normales du monde. 
Au début, je voyais ça comme une solution miracle pour les enfants en difficulté, mais je me trompais, c’est tout simplement une manière d’élever son enfant, tous les enfants. 
Je le constate avec Hanaé qui est très docile et avec qui j’applique les mêmes principes de respect que TJ. Ce n’est pas juste une collection de phrases magiques qui aident en cas de difficulté ou de crise, et qu’on oublie dès que ça va mieux.


Comme beaucoup de maman, avant de découvrir RIE, je croyais respecter mes enfants, mais en fait je ne le faisais pas entièrement, ou pas comme il faut. Surtout, je n’avais pas l’assurance et la confiance insufflées par les articles de Janet Lansbury, par les années de recherches et de pratiques de la spécialiste de l'enfance Magda Gerber et de la pédiatre Emmi Pikler. Parce que oui, RIE, 40 ans après, est encore très méconnu (surtout en France) et souvent pris par les gens qui ne connaissent pas comme « un truc de hippie » qui vient de nulle-part, où on laisse son enfant faire comme il veut, mais en fait c’est tout le contraire.

Etre un parent respectueux c’est entre autre se respecter soi-même, et ça passe avant tout par donner des limites claires et nettes à son enfant. 
D’ailleurs, les limites, les règles et les conséquences sont les clés du respect, et ce pour tout le monde et dans toutes les situations.

« C’est inconfortable pour moi si tu es timide, hésitant ou évasif. Comment puis-je me sentir en sécurité si les adultes dont j’ai désespérément besoin, flanchent dès que j’exprime mes sentiments ? S’il-te-plait, sois sûr de toi : met des points finals à la fin de tes phrases, accepte calmement ma désapprobation. Tes instructions sont plus importantes que jamais, elles ne blessent pas du tout mon "égo fragile", elles me LIBÈRENT, elles m’aident énormement et sont essentielles à mon bonheur »
(Janet Lansbury "What your toddler think of discipline": ce que pense ton enfant de la discipline)


Je suis en train de livre les 2 livres de Janet Lansbury. Si vous comprenez l’anglais, je vous invite grandement à les lire. Ils sont disponibles sur internet en version papier, kindle et même audio (la voix calme et assurée de Janet est juste géniale !)
Parce que si vous croyez que vous avez compris RIE en lisant juste mes 7 articles #RIE de cette année, je suis "of course" très flattée, mais ma vulgarisation des phrases magiques et autres façons de gérer ses enfants, sont juste le haut de l’iceberg. D’ailleurs Janet Lansbury le dit très bien :
« Le secret pour élever des enfants qui suivent nos règles et respectent les limites qu’on leur impose, n’a que très peu à voir avec des stratégies spécifiques ou des phrases magiques tel que "je ne te laisserai pas..."  
Le plus important – et qui au final détermine si notre conduite marche ou échoue – c’est la façon dont nous percevons nos enfants et notre attitude envers les limites et la discipline. Une fois que l’on a compris comment et ce que ça veut dire vraiment "une relation respectueuse", on peut faire plein d’erreurs mais la bonne nouvelle c’est qu’en fait on ne sera jamais vraiment en tort.»



En fait l’éducation respectueuse c’est très simple. En 2 points …


1. Traite ton enfant comme une personne à part entière :


Le plus souvent les parents se posent le même genre de question : "comment je peux lui faire faire... ranger sa chambre/brosser ses dents/manger sa soupe/arrêter de taper, mordre... ??" 
Le problème dans ces questions c’est "faire faire". Les parents approchent ces situations de difficultés avec leurs enfants en termes de "nous les parents contre eux les enfants" au lieu de penser à un travail d’équipe (comme avec un adulte). Ils veulent des trucs, des ruses pour savoir comment manipuler efficacement leurs enfants, comment arriver à les distraire assez pour qu’ils arrêtent de pleurer, pour qu’il mangent, qu’ils dorment, ces fameuse astuces qui semblent marcher chez les autres … 
Croyez-moi j’étais la première à avoir ce genre de conseil…

Alors qu’en fait, construire une relation basée sur le respect mutuel, c’est LA relation de confiance dont tout parent a besoin pour rendre son travail de parents beaucoup plus simple et beaucoup plus enrichissant. C’est ce qui fait la différence entre juste « aimer son enfant » (car on aime tous nos enfants) et pouvoir aimer ÊTRE avec son enfant. 

Dès leur naissance, les bébés sont des personnes sensibles et conscientes. Dès leur naissance, ils sont prêts à communiquer de façon honnête avec nous, prêts à participer activement à leur routine. Du moment où on les respecte en tant que tel, ils seront bien plus enclins à nous écouter et à coopérer.
Ma sœur a été aide-soignante dans une maison de retraite pendant très longtemps et avant de changer les couches des personnes âgées incontinentes, elle leur demandait s’il voulait être changé : c’est le moindre des respect non ? Pourquoi ça ne nous parait pas aussi naturel de demander la même chose à un enfant ou un bébé ?

Au contraire, essayer de "faire faire" ce qu’on veut à nos enfants, ne marche jamais plus qu’une ou 2 fois, ça ne nous aide pas à « aimer ÊTRE avec l’autre », et ça ne leur apprend rien. 
Par contre, se poser en guide calme qui montre l’exemple, explique et aide son enfant à se comporter de façon convenable, là est la clef de la discipline. Et toutes les phrases magiques et techniques de RIE que j’ai partagé cette année sont là pour nous y aider concrètement.



2. Repense la définition des moments privilégiés avec ton enfant :


Janet Lansbury utilise cette métaphore des chapeaux. Les parents doivent porter 2 chapeaux différents : un chapeau de fête et un chapeau de professionnel. Quand on porte notre chapeau de fête, on s’amuse avec nos enfants, on se sent connecté, aimé : c’est un moment sympa.

Porter notre chapeau professionnel, c’est pas aussi sympa, mais ça ne veut pas dire que ça doit forcément être un calvaire. Janet nous demande de repenser nos moments privilégiés pour inclure ceux où l’on porte notre chapeau professionnel. Parce que OUI, quand je suis face à une crise de refus de manger que j’essaye de gérer calmement et fermement, quand j’empêche Hanaé de mordre son frère, quand j’isole TJ parce qu’il a perdu le contrôle pour qu’il puisse décompresser en sécurité et en ma présence, ce sont des moments privilégiés.

Quoi ? Gérer une crise et fixer des limites = moments privilégiés ?! 
Je sais, c’est complètement contre-intuitif 
mais du point de vue de nos enfants, 
C’EST toujours un moment privilégié 
(et c’est pour ça que mettre au coin c’est vraiment dommage…).


Ces moments où l’on doit porter notre chapeau professionnel sont peut-être même les moments privilégiés les plus précieux parce que ce sont ceux où nos enfants on besoin de notre empathie, de notre aide et de notre supervision, bien plus que lors d’une séance de jeu. S’ils ne peuvent pas compter sur nous, leurs parents, dans ces moments là, qui va les aider ?
Profiter de ces moments "professionnels" comme des moments privilégiés est particulièrement essentiel pour les parents qui travaillent ou les multipares qui n’ont pas forcement beaucoup de temps à passer avec leurs enfants. Bien-sûr, dans ces cas-là, on aimerait que le peu de temps que l’on partage avec eux soit plutôt fun et joyeux, mais le plus souvent ce n’est pas de cette façon que nos enfants ont besoin de nous. 

Ils devraient pouvoir se plaindre, taper des pieds, pleurer 
et exprimer leurs sentiments les plus sombres avec l’assurance 
de toujours avoir notre reconnaissance. 
Ils ont besoin d’être sûr d’avoir un leader qui les aidera 
à respecter les règles et les limites face à leur « non ! » 
et qui surtout ne sera pas intimidé par leur mécontentement et leur désaccord.


La plus grande aspiration de Janet Lansbury en tant qu’éducateur RIE, c’est d’essayer de changer cette perception de la discipline, des règles et des limites – d’aider les parents à les transformer en termes positifs. Les règles et les limites, quand elles sont proposées dans un cadre « non-punitif » et dans un contexte d’empathie et de respect, sont des cadeaux dont on devrait être fiers et l’une des plus belles façons d’élever et d'aimer son enfant.

Je suis convaincu comme Janet, que les parents qui arriveront à reconnaitre cette dimension positive, auront de moins en moins de difficulté avec leurs enfants. En plus d’aimer leurs enfants, ils aimeront aussi être en compagnie de leurs enfants, même dans les moments plus "durs". De voir à quel point notre relation avec TJ a changé, de voir à quel point notre attitude a changé, c’est exactement ça ! Parce que maintenant j’ai l’assurance de pouvoir gérer tous ces moments privilégiés, grâce à toutes ces phrases et techniques que j’ai partagées avec vous cette année. Bien-sûr, je suis humaine et donc très imparfaite, je fais plein d’erreur, et j’apprends tous les jours, mais comme ma perception a changé, je ne suis jamais vraiment sur la mauvaise voie.

La semaine dernière, j’ai voulu rassurer Maud Petit Diable qui était désespérée avec son Cromignon, comme nous l'étions avec TJ, et puis là en 1 semaine, grâce à mes articles et quelques conversations, elle a compris ce qui n'allait pas, elle a changé sa perception, elle n’a plus peur, elle est zen... Elle a des nouveaux outils, elle gère mieux et Cromignon le ressent. Leur relation s'améliore, leur routine va mieux, hier il lui a même dit "je t'aime maman, même quand je suis en colère" (tient ça me rappelle quelqu'un... ♥).  Et ça c’est magnifique non ?!


Hanaé trouve que c'est magnifique aussi ☺




12 novembre, 2014

Sauf que … (la vie d’expat’ à Dubaï)




Depuis qu’on est arrivés, beaucoup d’amis nous demandent comment est la vie ici. On sent dans leur question qu’ils imaginent quelque chose de radicalement différent de la France. Plus à l’extrême que ça ne l’est vraiment. Alors voilà, c’est la routine d'une famille, normal ! 

Un peu comme chez vous en France. Sauf que …



Le matin on se lève pour aller à l’école…
Sauf que le réveil est à 5h30. Et oui dans les pays chauds, la journée commence toujours très tôt.

On prend le petit-déjeuner, on se prépare…
Sauf que je prépare la lunch-box de TJ pour midi (pas de cantine à l’école) et qu’il met toujours le même uniforme : un short, une chemise à manches courtes et un chapeau (contre le soleil)

Papa Guégou part au travail en voiture et TJ part pour l’école…
Sauf qu’il prend un bus jaune, tu sais les school-bus comme dans les films américains

Papa Guégou conduit pendant 30 min sur des routes chargées, c’est l’heure de pointe…
Sauf qu’il voit le désert, le soleil jaune qui se lève sur les dunes et même des chameaux.





Hanaé et moi on reste à la maison, souvent je balaye les feuilles dans notre patio…
Sauf qu’à 8h du matin il fait déjà plus de 30ºc, qu’on entend des jolis oiseaux colorés et que la terre des plantes c’est du sable.

On lance une lessive, on fait la vaisselle, le ménage…
Sauf qu’il faut toujours passer le balais et la serpillière après chaque repas, sinon gare aux petites bêtes, genre fourmis et cafards.

On étend le linge…
Sauf qu’il ne faut pas laisser trop longtemps dehors sinon la chaleur du désert le transforme en carton

Parfois on marche jusqu’aux magasins...
Sauf qu’il fait déjà 35ºc à 9h du matin et que les terrains vagues qui servent de raccourci entre les maisons, sont des dunes de sable

Je fais mes courses à Carrefour…
Sauf que ma caissière est philippine et il y a toujours un employé indien donc le boulot est de faire mes sacs (ça fait bizarre au début mais on s’habitue très vite et c’est bien pratique quand on a les enfants)

Je vérifie ma liste et les prix…
Sauf qu’ils sont en dirhams (il faut diviser par 5 pour l’euro) 

J’achète des petits suisses et du lait…
Sauf que ça coute la peau des fesses

Je trouve presque tout les produits français que je connais…
Sauf qu’il y aussi des rayons entiers de produits philippins, indiens, libanais, et des épices par milliers





J’achète du jambon…
Sauf qu’il faut aller dans un autre supermarché, anglais qui a une section "pork shop, for non-muslim" ou le jambon coute 4 euros le paquet de 4 tranches

Je conduis notre voiture de location…
Sauf qu’il faut avoir le cœur bien accroché ici sur les routes (conduire à Dubaï mérite un article entier, bientôt)

Je vais faire le plein à la station essence…
Sauf que je ne sors pas de ma voiture, un employé fait tout pour moi et je paye 15 euros le plein.

Parfois je prends le taxi…
Sauf que ce n’est pas la peine de préparer ma jolie phrase conjuguée en anglais, les conducteurs parlent un anglais très basique à base de « rue 30, à droite, à gauche, tout droit »

Après l’école, TJ aime faire du vélo dehors avec ses copains…
Sauf qu’on n’a pas besoin d’aller au parc, on ouvre la porte de la villa et voilà, on habite dans un compound : sorte de petit lotissement fermé par un portail.





Je le surveille, assise sur le perron…
Sauf que j’entends l’appel à la prière des mosquées voisines et je sais quelle heure il est

Je discute avec les autres adultes…
Sauf que ce sont surtout les "maids", plus que les mamans (les maids méritent aussi un article bientôt)

On va chez le docteur… 
Sauf qu’il parle anglais et que la visite coûte 10 euros non-remboursé 

Je prends rdv chez l’ophtalmo…
Sauf que la secrétaire me propose un rdv cet après-midi (au lieu de… dans 5 mois) et que la visite me coutera 100 euros, remboursé à 75% par notre assurance.

Il me propose d’opérer Hanaé la semaine d’après…
Sauf que ça coute très très cher et je dois d’abord appeler l’assurance pour obtenir un « pre-aproval » et être sûr que c’est couvert.

Et puis le week-end on va à la plage…
Sauf que ça ressemble à ça










05 novembre, 2014

Tous ces petits détails que je ne veux pas oublier…



Avec le déménagement à Dubaï, les démarches administratives, l’installation, je n’ai pas eu le temps de faire l’évolution des gnougnou depuis le moi d’avril. 

Mais, tous les jours j’essaye de retenir ces petites choses adorables et mémorables dans ma tête, tous ces petit détails que je voudrai pouvoir leur raconter plus tard, tous ces petits mots que je ne veux pas oublier …



Hanaé…

Qui m’offre son plus beau sourire forcé genre "wallace et groomit" quand elle sait qu’elle a fait une bêtise

Qui est dans sa phase « 1 mot, 1 consonne » : le papo, le dado, man-mer, le l’eau, touter, boiii, yayo, caca papue, etc… (chapeau, sac à dos, manger, de l’eau, gouter, boire, maillot, caca ça pue)

Qui répète tout ce qu’elle entend et notament un peu d’anglais : « hello » « byebye » et « kank you » (thank you)

Qui appelle tous les hommes des papas et les femmes des mamans : ça donne des moments savoureux à l’entrée chez l’ophtalmo « hello papa ! »

Qui s’occupe de ses poupées comme de bébés, me vide toutes les lingettes pour les laver, leur fait des bisous et les met au lit en disant « dodo, chuuuu »

Qui se ballade toujours avec une seule chaussure ou chausson. Papa Guégou l’a surnommé "oneshoe" (prononcé à la chinoise oanneshoo)

Qui danse et chante devant les comptines à la télé, surtout "Bibule" (Barbibule des Barbapapa)

Qui adoooooore le bain et la pisci

Qui au retour de l’hopital me raconte son opération du haut de ses 20 mois : « foiiiii, dodooooo… mallll aïïïe… dodoo » - traduction : « j’avais froid, j’ai fait dodo, j’avais mal aïe, j’ai fait dodo »

Qui adore les « cohichon » (cornichon) mais fait une espèce de grimace/frisson hillarant à chaque fois qu’elle commence à en manger un.

Qui dit « chauuuuud » à chaque fois qu’on sort de la maison ou qu’elle commence à manger sa purée (et alors elle s’applique à bien souffler sur la cuillière)

Qui veut toujours chanter la même chanson ou lire le même livre « ‘core » (encore !!! )

Qui a toujours peur que j’oublie de lui mettre la 2ème chaussure : « l’aut’ laut’ » (l’autre !)

Qui adore le playgroup du jeudi matin où elle peut faire de la gym, sauter, ramper, se pendre, rouler, glisser comme une grande.


Qui a le plus beau regard du monde maintenant que le strabisme a été corrigé ♥




TJ…

Qui profite à fond de cette nouvelle vie dans le lotissement où il peut sortir à sa guise pour jouer avec les voisins.

Qui fait du vélo comme un grand et même souvent trop vite car il veut toujours gagner la course, au prix de ses dents, sa bouche fendue, ses jambes pleines de bobos…

Qui fait sa petite bouche pincée quand il est fière d’avoir fait qque chose mais un peu gêné aussi

Qui nous fait des explications à rallonge sans queue ni tête avec des « parce que en fait »

Qui nous sort des truc genre « non mais maman les 4x4 ici ils se prennent vraiment pour des voitures de courses ! »

Qui boutonne sa chemise d’uniforme avec beaucoup de concentration le matin

Qui avant le diner demande si c’est bientôt « le midi du soir »

Qui mangerait tout et n’importe quoi avec du ketchup s’il le pouvait

Qui adore se déguiser

Qui a des lubies pendant des semaines : en ce moment c’est Cars le film 1 et 2, il se regarde les courses en boucle

Qui me lance de « je t’aime je t’adore » et la minute d’après des « vilaine maman, t’es qu’une petite ingrat ! » 

Qui me raconte sa journée d’école dans un franglais mémorable en oubliant des trucs importants mais avec des détails qui tuent genre « j’ai joué avec les filles tu sais, moi j’étais le dog et puis Bella c’était la mummy et Neda c’était la daughter »

Qui va toujours à la piscine du lotissement (à 10m) en vélo avec sa serviette sur les épaules et qui revient avec les « goggles » sur les yeux : c'est son triathlon ...


là il était pas en maillot ♥



.... bientôt je vous promet des nouvelles de Dubaï 

18 septembre, 2014

Welcome to Dubaï : le journal de bord de maman mymou




25 Août 2014, quelque part au dessus du Moyen-Orient, entre 16h et 18h


Je suis assise dans mon siège, TJ dort la tête reposée sur l’accoudoir et Hanaé dans le petit "bassinet" installé par le stewart. Dehors, il commence à faire nuit, je viens de finir de regarder Hunger Games 2 et j’enlève mes écouteurs, je regarde papa Grégou.

Ça y est ça vient de me frapper, ce que certains disaient… Ce que je lisais dans leur regard mais que je ne comprenais pas… en fait il y avait tellement à faire avant d’en arriver à ce moment que je n’avais même pas le temps d’y penser, mais là ça y est ça vient de me frapper : on est fou, on est fou, on est dingue, locos crazy…

On est en route pour Dubaï avec 4 valises et 2 enfants, on ne sait même pas à quoi ressemble notre maison, nos voisins, notre nouvelle vie, mais là on y est dans l’avion, plus de marche arrière. L’angoisse du check-in est passé, on a pu enregistrer tous les bagages, pas de soucis de surbooking ou de valises trop lourdes comme lors du dernier déménagement. On n’a pris que l’essentiel et le reste est chez les beaux-parents. Il y a bien eu un petit stress ce matin lorsqu’une valise manquait de s’ouvrir quand on la mettait dans le coffre de la voiture, mais rien que du gros scotch marron ne puisse résoudre (on croise les doigts pour que ça tienne).

Je n’ai oublié aucun papier, aucun passeport, on a bien mangé, le gentil stewart (père de famille) a donné plein de rabe de pain à TJ et m’a fait chauffer le biberon de Hanaé autant de fois que nécessaire. Les petits dorment enfin après avoir lutté durant la 1ère partie du vol. 

Plus rien à penser que, « on est sûrement fou » …



26 août 2014, 1h du matin environ

La maison est immense, on a halluciné en rentrant pour la 1ère fois tout à l’heure. La clim marche plein pot, il nous faudra s’habituer à cet environnement différent, aux grandes pièces et au petit vrombrissement de l’aération même la nuit, obligé par cette chaleur. Dehors il fait entre 35 et 43ºc. À la sortie de l’aéroport, comme on s’y attendait, nous avons été pris dans une sorte de moiteur, comme si on plongeait dans une piscine de coton humide tout habillé.
Je suis allongé sur 2 matelas à même le sol, entre Hanaé et TJ. En fait, ils ont aussi des sommiers et une chambre chacun mais il était inconcevable qu’ils dorment tout seuls ce soir. Alors j’ai réfléchi 2 minutes et nous avons tiré leurs 2 matelas jusqu’à notre chambre, au pied de notre lit.

La maison est moderne et meublée mais avec le strict minimum, même pas de poubelles... Je commence déjà mentalement la liste des courses de Carrefour et IKEA… Nous n’avons pas réussi à faire démarrer l’eau chaude, donc les douches seront pour demain (mais on est déjà demain…). Nous n’habitons pas loin de l’aéroport et le trajet était vite fait. Le chef de papa Grégou est venu nous chercher, nous avons récupéré toutes nos valises, seul le maxi-cosi de Hanaé s’est perdu mais on s’en occupera plus tard. 

Ça y est on est arrivé.



26 août 2014, 11h du matin

Papa Grégou est parti pour sa 1ère journée de démarches administrative et je suis seule à la maison avec TJ et Hanaé. Pas de micro-onde, et la bombonne de gaz est vide, juste une bouilloire et un grille-pain. Ce matin j’ai fait chauffer les biberons au bain-marie dans une grosse marmite remplie d’eau chauffée à la bouilloire électrique, sur un fond sonore de Hanaé qui hurlait « le lait, le laiiiiiiiit, le laiiiiiit ». J’ai noté micro-onde en tête de liste des achats.

Après avoir demandé au gars de l’accueil du complexe, j’ai obtenu le numéro de la compagnie de gaz et comme je n’arrive pas à joindre le travail de Greg, qui normalement devrait s’en occuper, j’ai pris la liberté de faire venir le gars pour remplacer la bombonne mais je n’ai même pas pu le payer… oups « no cash, sorry, my husband’s work pay for the gaz, not me »… ça a eu l’air de lui convenir mais je ne suis pas sûre qu’il ait tout compris. Plus tard, une voisine m’expliquera que beaucoup de pakistanais comprennent bien l’anglais mais lentement et sans conjugaison difficile : fastoche, comme ma mère quoi...
 

la maison de jour



27 août 2014, 19h30

On vient de dévaliser le magasin suédois, on a aussi enfin un micro-onde ! Et on a réussi à trouver le chemin de la maison, de nuit, sans se perdre, ce qui est un exploit au bout de 2 jours à Dubaï… Papa Grégou était au volant, mais je peux aussi conduire la voiture de location toute seule : ça c’est une bonne surprise et je ne vais pas m’en priver. 

Hier nous avons rencontré les voisins, très généreux, et depuis nous avons 1 siège-auto pour TJ, une chaise haute et un petit lit pour Hanaé, et même une bouteille de vin ! 
Il y a une famille française, des indiens, des iraniens, et une majorité de familles anglaises dont les parents travaillent au collège de papa Grégou ou à l’école primaire de TJ (qui sont en fait la même école mais sur 2 sites différents). Ce matin notre voisine anglaise, maman de 3 garçons nous a amené au magasin d’uniforme pour TJ et nous sommes repartis avec 5 chemises, 5 shorts, un sweat, un sac et un chapeau. Ça c’est fait.




10 septembre 2014, 6h50

6h30, on attend le bus, il fait "chauuuud"
TJ vient de monter dans le "school bus" jaune (oui comme dans les films américains), tout sourire avec son sac, sa lunch box, son uniforme et son chapeau. C'était le numéro 5 au lieu du numéro 4, et on attendu 20 min, changement de dernière minute ...
Après 3 jours de sessions de prérentrée de 2h (entre 12h et 14h…) il commence enfin sa première journée. Je suis soulagée de ne plus avoir à faire les allers-retours en taxi et les 2h d’attente avec Hanaé dans le vestibule de l’école. Point positif, je connais par contre tous les chemins qui mènent à l’école.

Hier soir, je suis allée tout seule au centre commercial pour lui acheter son vélo tant attendu et promis pour son anniversaire.
  Demain il aura 5 ans.










11 Septembre 2014, dans les environ de 15h


TJ est arrivé en "school bus" vers 14h car il finit plus tôt le jeudi, avant le week-end. J’avais soigneusement disposé son nouveau vélo devant le perron de la maison et il est parti en courant vers la maison dès qu’il l’a vu. 
J’avais cependant oublié la clé pour régler la selle et nous sommes retournés au magasin pour l’acheter.

Nous sommes au supermarché et je conduis la petite voiturette louée pour 1h. 
J’ai cédé exceptionnellement car c’est son anniversaire, TJ est aux anges et se croient dans une course automobile 

« plus vite maman, allez fait un U-turn, vrooom » 
(je vous parlerai des U-turns plus tard…). 

Je cherche dans les rayons, un plat assez grand pour faire son gâteau "voiture de course" et les reste des ustensiles dont j’ai besoin. 


Soudain la musique de la radio du centre commercial s’arrête et une voix masculine mélodieuse commence à chanter : c’est l’appel à la prière. C’est très beau et je trouve ça très "peaceful". C’est 5 fois par jour et ça ne dure que quelques minutes à chaque fois. 
Comme je l’avais expliqué à TJ quand nous avions lu le petit guide sur Dubaï fourni par l’école, je lui rappelle que pour respecter, il ne faut pas faire trop de bruit et il me chuchote « ah oui maman c’est le monsieur qui dit la prière ». Autour de nous les gens continuent à faire leurs courses, certains prient dans leur tête. Puis quelques minutes plus tard, la radio recommence.

le fameux vélo


Nous nous baladons entre les magasins et soudain TJ me dit « maman, regarde, celle-là de dame elle a même pas de nez, juste les yeux. » Surprise je me retourne discrètement et je comprends, il décrivait une dame qui portait le voile intégral : « elle avait juste envie de se cacher tout le visage en fait. » (pour l’instant ça lui va comme explication).


Et un panier pour mettre les courses...

À chaque entrée du centre commercial, un panneau recommande une tenue correcte "épaules et genoux couverts". Dans les magasins, on voit de tout, un vrai melting-pot. Beaucoup d’indiens et de pakistanais, habillés moderne ou en sari. Des musulmans en habit traditionnels, voile court, long ou intégral, des musulmanes habillées modernes avec juste un foulard sur la tête, des africaines en boubou, des foulards de toutes les couleurs, mais une dominance de noir pour les femmes et de blanc pour le hommes, et des expatriés anglais, français, philippins, japonais, américains, qui respectent plus ou moins le « épaules et genoux couverts ». 

Welcome to Dubaï.



12 septembre 2014, 20h15

Je lis sur mon lit en tendant l’oreille.
J'entends ses petits pas rapides caractéristiques et le "frou-frou" de sa couche. Elle s’est assise par terre dans le couloir, avec ses 2 poupées allongées devant elle, elle leur fait des bisous bien sonores en disant « dodo dodo » de sa petite voix adorable. Je me lève et j’essaye de garder mon sérieux même si je suis surtout attendrie : « Hanaé, dodo dans le lit ». Elle se lève rapidement, prise en flagrant-délit, rifougne et part en petit pas rapide avec sa couche qui se dandine à l’arrière.
Elle monte sur le lit et pour la 4ème fois de la soirée, je lui remet sa couette et j’allume sa musique en lui expliquant encore et encore qu’elle doit resté dans son lit et faire dodo maintenant : que c’est normal d’avoir peur, mais que je suis là juste à côté si elle veut un câlin.

Au début, quand Hanaé a commencé à dormir dans sa chambre toute seule après 3 nuits avec TJ, j’ai eu beaucoup de mal à garder patience, je n’avais pas l’habitude de devoir passer temps de temps à la coucher. Mais nouveau pays, nouvelle maison, nouvelle chambre toute seule, immense, froide, pas encore de déco, nouveau lit sans barreaux, c’était obligé que ça l’angoisse.
On a passé plusieurs nuits à la bercer, à la rassurer, à s’allonger avec elle dans lit, ensuite assise par terre avec ma tête au pied de son lit, puis maintenant je vais dans ma chambre et je guette. 


impatiente de retrouver son grand-frère
après l'école


Cet été, avec le stress du voyage, du déménagement, de la famille, ça a été difficile de ne pas perdre son calme, mes principes R.I.E ont un peu volés en éclat, j’ai un peu trop crié, puni à tort et à travers, mais heureusement on se ressaisi. On essaye de s’installer dans une nouvelle routine, de parler, de garder son calme, de montrer le bon exemple.

TJ aussi est enfin plus serein après un été difficile, dans la famille, fort en émotion. Il apprivoise son nouvel environnement, se fait plein de nouveaux copains parmi les voisins. Cet après-midi ils sont tous venu pour chanter ♫ Happy Birthday ♪ et manger un bout de gâteau. J’étais tellement contente qu’il puisse avoir un semblant de Birthday Party, même fraichement arrivé et ne connaissant personne.

le gâteau !


TJ adore sa nouvelle école, et sa maitresse est adorable, ce qui aide vraiment beaucoup. Après une année scolaire très difficile l’an passé aux Canaries, à cause d’un prof qui, je l’ai appris peu à peu, a traumatisé une génération entière d’élèves de maternelle (je peux enfin le dire car nous sommes parti, et il a enfin démissionné), TJ appréhendais beaucoup l’inconnu de la nouvelle école et on est soulagé tous les 3 de le voir s’épanouir enfin.

Finalement on n'est peut-être pas si fou …